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CHAPITRE II

LA LUTTE SUR LE RHIN

Avant toute tradition écrite, et aussi haut que la paléontologie nous permette de remonter, il y a dix mille ans ou cent mille, les Gaules sont habitées : les habitants ont déjà atteint un degré élevé de culture, la famille existe.

L'histoire de notre pays ne commence pas à Pharamond et tient à des causes physiques qu'il faut aller chercher, à travers les couches historiques, dans les profondeurs de la préhistoire.

De même, pour la lutte^ sur le Rhin.

Examiner celle-ci en négligeant les origines, c'est lui ôter toute valeur éducative, car le passé infiniment éloigné nous touche, il est toujours agissant.

L'homme de la préhistoire ne se contente pas de pourchasser les fauves en s'aidant des armes qu'il imagine : il aime l'art, il dessine avec une exactitude naïve, à l'ocre ou au charbon, les animaux qui l'entourent, sur les parois de la caverne qu'il habite. Dans ces habitations souterraines où des pas sont parfois encore empreints, des signes, mystérieux pour nous, apparaissent aux côtés des stalactites : ces hommes écrivaient déjà.

Même, comme le démontrent leurs gravures, ils ont saisi le mécanisme exact de l'allure des quadrupèdes que Carie Vernet et les peintres du xix^ siècle ignoraient.

Le culte se réduit à l'adoration des éléments. Au solstice d'été, c'est la fête de la lumière. Au solstice d'hiver, c'est la fête du feu bienfaisant. Depuis cent

mille ans nous célébrons ces dates que les Druides avant le Christianisme ont honorées, tels sont les feux de la Saint- Jeg^n, la Noël, dont le souvenir naïf nous émeut, sans doute parce qu'une longue habitude y confond dans un même symbole, l'enfance de nos premiers pères et la nôtre.

L'homme des cavernes pratique la trépanation ! Une série de crânes remontant à l'âge de pierre présente des sections caractéristiques : des bourgeons qui se sont formés sur le bord osseux montrent que quelques-uns des opérés survécurent.

A l'époque quaternaire, caractérisée par une période tropicale suivie de froids glaciaires, la Gaule, au dire des géologues, est un des rares pays de la terre où l'homme vit et se perpétue. Il fabrique de grossiers outils de silex. Plus tard, il apprend à travailler le bronze et le fer.

Que représentent les 5.000 ans de l'histoire auprès des milliers de siècles qui ont précédé la période historique !

Grands ancêtres, nous ne savons rien de vous ! La science découvrira peut-être un jour la clef de vos hiéroglyphes, les caractères dominants de vos mœurs, ou ressuscitera par degrés l'image de votre vie et de votre caractère à la façon dont elle reconstitue un squelette avec quelques fossiles épars ! Mais la portion la plus importante de votre passé, votre enfance nous feront sans doute longtemps défaut. Prenons-en provisoirement notre

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parti et, sans vous connaître, aimons en vous les premiers fils de notre Gaule, géants qui avez préparé notre avènement et surmonté plus d'obstacles que nous n'en rencontrerons jamais !

Les Celtes, Gaels, Gaulois et le Rhin.

Au delà du x^ siècle avant J.-C. notre sol est habité par les Ibères et les Ligures. Les uns et les autres semblent ne pas appartenir à la famille Indo-Européenne et être nés sur le sol.

Au dixième siècle, les Celtes envahissent le pays : les Ligures sont refoulés vers les Alpes, les Ibères vers les Pyrénées où, sous le nom de Basques, ils ont gardé jusqu'à nos jours leur originalité et leur langue primitives, puis ils s'unissent sur tous les points du sol avec les Celtes, d'où vient le nom nouveau de Celtibères.

Les Gaels apparaissent vers le sixième siècle, les Kymris vers le troisième. C'étaient encore des Indo-Européens. Le nom des premiers prévalut pour désigner les habitants de la Gaule.

En l'an 587 avant Jésus-Christ, une première expédition des Gaulois eut lieu de la Celtique vers l'Europe centrale et la vallée du Danube ; leur chef, Sigovèze, fonda l'Albanie, comme le prouve irréfutablement la présence dans le dialecte actuel de termes galliques.

Alexandre, roi de Macédoine, prit contact avec les Gaulois de l'Albanie et les estima assez pour conclure avec eux un traité de paix (340 av. J.-C).

(( Aucune des races de notre Occident n'a rempli une carrière plus agitée et plus brillante. Les courses de celle-ci embrassent l'Europe, l'Asie, l'Afrique ; son nom est inscrit avec terreur dans les annales de presque tous les peuples.

Elle brûle Rome, enlève la Macédoine aux vieilles phalanges d'Alexandre, passe les Thermopyles et pille Delphes ; elle plante ses tentes sur les ruines de l'ancienne ïroie, dans les places publiques de Milet, aux bords du Sangarius et à ceux du Nil ; elle assiège Carthage, menace Memphis, compte parmi ses tributaires les plus puissants monarques de l'Orient. A deux reprises, elle fonde dans la Haute-Italie un grand empire et élève, au sein de la Phrygie, cet autre empire des Galates qui domina longtemps toute l'Asie-Mineure. »

Plaque de schiste amphibolique avec renne gravé deux tiers de grandeur réelle

Tête de cheval à contours découpés, en os, Grandeur réelle

L'expansion Celtique à travers le monde a laissé des traces que l'on retrouve encore aujourd'hui dans la philologie. Tous les noms suivants sont d'origine gauloise r Cornouaille (Corn Wales). Galate, Gallois, Galles, Guelfe, Portugal (Porto Gallo), Valais, Valois, Valachie, Wales, Welche.

La Bavière et la Bohême sont d'origine celtique ; des Boiens gaulois {Boii) sont issus les Baiuariens [Baiuariï) (Bavarois), à leur branche se rattachent également les Boioliemii (Bohémiens).

Fait curieux : la Bavière, gauloise d'origine, prit sa revanche, et donna son nom à notre pays. En effet, cet Etat qui renferme la Franconie, s'appelait France orientale au cinquième siècle, la France occidentale étant constituée par les contrées de la rive gauche du Rhin.

Il faut franchir un grand nombre de siècles pour retrouver des documents précis sur nos ancêtres. Les auteurs anciens présentent les Gaulois : comme une race dense, étendue, possédant depuis la plus haute antiquité la conscience de son unité d"origine.

Dans ses commentaires. César présente un tableau peut-être plus coloré qu'exact des trois races qui habitaient la Gaule en l'an 50 avant J.-C, car César les voit curieux et superficiels.

« Dans les villes, dit-il, le peuple entoure les marchands, les oblige à déclarer de quel pays ils viennent et les choses qu'ils y ont aperçues. C'est d'après l'impression produite par ces bruits et ces rapports qu'ils décident souvent des affaires les plus importantes et nécessairement un prompt repentir suit des résolutions prises sur des nouvelles incertaines et inventées le plus souvent pour lui plaire. »

Les Gaulois sont courageux. Ayant un sentiment excessif de leur valeur personnelle et dédaigneux des nations voisines, ils s'irritent facilement et c'est avec le fer qu'ils discutent. Pitoyables aux faibles, ils sont féroces vis^à-vis de ceux qu'ils ont vaincus. Le duel est un incident quotidien : on combat pour l'honneur, sans armes défensives, le torse nu, prêt à recevoir « ia décoration des blessures », jouant avec la mort comme aucun peuple ne l'a fait.

Ils sont entrepenants, mais inconstants et le sentiment de la discipline leur fait défaut. Ils sont curieux et artistes, ils aiment la propreté et le luxe ; ils apprécient l'éloquence. Aussi bons orateurs qu'auditeurs, ils aiment également les longs discours et la pensée condensée dans un style lapidaire : une finesse naturelle les avertit des paroles trompeuses. L'extrême sensibilité des Gau-

lois se caractérise par ce fait paradoxal qu'ils ne peuvent ni s'entendre entre eux, ni se passer les uns des autres, et qu'ils sont toujours et partout divisés en deux factions rivales.

La femme est grande, belle ; épouse dévouée, elle est la mère et l'éducatrice de ses enfants. Sa condition est au-dessus de celle des femmes rom.aines. Son mari ne l'achète pas ; elle le choisit librement. La dot qu'elle apporte reste son bien et elle continue d'en percevoir le revenu. Elle est l'égale de Thomme puisque les mariages politiques sont en honneur chez les Gaulois ; elle a le droit de divorcer. On a vu parfois les femmes décider des plus graves affaires et Plutarque raconte qu'elles tranchèrent avec habileté un différend qui s'était élevé entre les Carthaginois et les Ligures au passage d'Annibal.

Dans d'autres cas, elles prêtent à leurs époux un autre genre d'assistance, et de leurs bras puissants elles lancent des pierres avec la force d'une catapulte.

Les m^œurs et la juridiction sont plus douces que chez les Romains. La force de l'organisation familiale est prouvée par ce fait que le testament est interdit, les parents du défunt recevant invariablem.ent comme héritage ce que la coutume leur assigne.

Deux classes sont fortes : aux Druides appartient la puissance morale et religieuse, l'autorité judiciaire.

Ceux-ci rendent la justice une fois par an dans le paj^s des Carnutes (Char-

LA LUTTE SUR LE RHÏN

dalia intervallo pedum duorum intei fe jun^a.

B. Aîia bjna ad eundem modmn & eodem intervallo jun- <Sa , as es adv^-fo

D Bins' fibiilj,

E. Dkeifla materia (îtpra quam fternerentur aates Se fiir.ilia.

F. Subiics obU-^us conîîa vlnj li impetu'Qî

H. Simplex unum tignum eorura fcfguipedaljum.

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