CHAPITRE VII
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Le lendemain, par une claire après-midi, nous descendîmes vers les deux châteaux d'Oltrott. Je disais à M. Elirmann cjnel plaisir je venais de prendre dans cel automne de Sainte-Odile. Il m'écoutai! comme Uil amant à (jui vous louez son amie et qui trouve qu'en bonne justice, il faudrait hausser 'l«' ton chacune des épithètes.
Les Lorrains passent, en Alsace, pour aimer peu les Alsaciens. Il y avait entre nous, uon pas de la méfiance, mais une sorte de résen Je crois qu'il me faisait subir un examen. S jeune figure guerrière me plaisait tant, que je
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voulus vaincre cet embarras de notre svmpalhie.
— En Alsace, lui dis-je, plus encore qm la plaine et les bois, j'aime l'énergie de caractères... Notre Lorraine, sous l'action de Allemands, ne se reniera pas. Mais quoi ! ell< subit. Vous autres, vous avez de magnifique réactions. Un exemple : au café des ce Variétés» à Strasbourg, un samedi, vers le temps di Pâques, j'ai vu une belle bataille, monsieu Ehrmann.
Je posai amicalement ma main sur soi épaule.
— Ah î vous y étiez ? me dit-il.
11 eut une forte hilarité de jeune héro? au souvenir d'une si bonne soirée, et cepen dant une gêne d'avoir compromis sa respec tabilité de docteur.
— Monsieur Ehrmann, repris-je d'un to détaché qui semblait peu tenir à la répons
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t lui permettait, si elle I a d'éluder
ia question, monsieur Llmnann, pourq iable restez en Usace, où irei
ouflrir ?
S hardi que je me j moi-même, je
ie dus |>as I«' surprendre, car il avait toute sa formule de i iposle.
— - un héritier : je Q ai ni i
ii le droit d'abandonner des richesses déjà
II d i la plaine 'ju ii cette minute n* >u-
[ominions depuis le pavillon (!<• L'ELsberg, et iV.i[»l>.i la poitrine. 11 indiquait ii dedans de lui et de^ ri utour de lui.
ni, le l la formule m émurent
1 admiration ( est une délii i - fturpj - ; des jeun liait juger sur Leurs
jin s « • 1 1 L apprises leur être profond, nous - ni
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soudain entrevoir une riche et noble personnalité. Je reconnus, après toutes mes abstractions de Sainte-Odile, un véritable homme non plus de la philosophie alsacienne, mai> un Alsacien en chair et en os, que je pourrais peut-être comprendre en m'y prenant bien. Aussi, quand M. Ehrmann commença d( causer, je me gardai de l'interrompre, voirt de sembler trop attentif: il pensait tout hau et je craignais que la plus légère critique ov même une approbation empêchât de s'épandre une magnifique sincérité.
— J'ai voyagé plusieurs fois en France disait-il. Tout m'y semble doux et civilisateur J'y. sens une constante supériorité. J'admin et je suis à l'école. Mais beaucoup de ce: belles leçons ne peuvent pas me profiter Ici, dans les promenades, que je fais pour h centième fois, je suis assailli par des discour: qui sortent de la terre, à l'adresse du jeun»
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\uil Ehrmann. Tout m'importe, en Alsace, es cultures, les usines, même les auberges : e suis content que vous aimiez les promelades de Sainte-Odile et je regrette qu'on
i>u> nourrisse mal au couvent,.. Mes phrases ne desservent si je me donne une couleur de
anilcux. Mou sentiment exact, c'est celui lu manœuvre né dans le domaine où travaillaient déjà ses parents et qui croit sentir sur ai un peu du mérite attribué aux arbres, aux ►rai ri es, au bétail qu'il soigne. Et de fait, visiteurs français qui voient la gloire de
Alsace, en conçoivent quelque estime pour ihacun <!<' nous. Mais si je vais à Paris, ou nême à Nancy, on raillera mon accent, et
on m'en voudra peut-être parce qu'il a fallu
ceux qui optaient pour la France.
ci, je suis à ma place. J'ai déjà bien parcouru
Alsace, et je sais parler aux gens de toutes es cl En Usace, mais en Alsace seule
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ment, je puis, au hasard de ma route, aho-i der les petites gens ; je suis sûr d'être de leurs; je prendrai même sur eux une certaii autorité. Mon père est beaucoup estimé dan le Haut-Rhin ; j'ai des parents un peu par tout ; on connaît notre nom. Moi-même \'t déjà commencé à rendre des services. Mo pays est un champ d'activité à ma taille.
Tout de même, sur le mot ce service », j crus pouvoir sourire :
— En elïet, dis-je, vous tapiez allêgremeri sur vos Prussiens.
— Gela, dit-il avec une certaine sèche resse, c'est de l'amusement.
En vain j'essayai de le remettre dans s voie de confidence. Je venais de faire un faute, car beaucoup d'Alsaciens sont tri susceptibles. Il marchait en silence, dcvai moi, dans le petit sentier.
Cette descente de l'Elsberg sur les ros<