‹ Au service de l'AllemagneChapitre 21 sur 40 · L.N IIKKITILl · texte numérisé non relu

L.N IIKKITILl

hâtcaux d'Ottrotl. que les rayons d'un soleil uinàtre illuminai'enl dans la verdure, est un es plus gracieux décors de Sainte-Odile. Lirivés à la maison forestière, nous nous ssîmcs en plein air, au\ Longues tables de ois. I ne jeune femme massive rt plutôt aie non- apporta du miel et du cale au lait. \ ait accueilli M. Ehrmann avec un souaimable sur sa forte face rustique; nuis lie avail vite retrouvé son indifférence,

pissement de bétail. Aussi, je m'étonnai uand elle refusa noire argent.

— N'insistez pas, me conseilla mon cora- >n. ( !;i lui lait plaisir de non- traiter. lui seulement < juoI< juos cartes ] i! faut développer chez nos Vît disposition à bien accueillir les Franc Quand nous initia -du- le bois, je deman- M. Ehrmann - il connaissait beaucoup ette bonne femme.

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— Tout à l'heure, me dit-il, je vous e fait sourire, en indiquant que j'ai commenc à rendre des services. Notre manière d'énor cer les choses tout crûment semble aux Par siens à la fois naïve et orgueilleuse, c'est-k dire ridicule. Je n'avais pourtant pas l'idé de m'attribuer un mérite. Si je suis médecir c'est naturel que je rende des services. E bien ! il est arrivé qu'ici, d'une manière ass< extraordinaire, j'ai sauvé cette femme. Ce qv j'aime dans cette circonstance, ce n'est poii qu'étant très jeune, et pas encore docteur e titre, j'aie pu mener à bien une cure. Ce qi me satisfait, c'est d'avoir sauvé ces forestie malgré eux, contre eux, de vive force, e non point, certes, pour leur plaire, ma parce qu'il faut courir toujours la où le voit la vérité.

Devais-je trouver mon compagnon insu[ portable ou sympathique, pour cette étranj

un HEiimrit

anière qu'il avait de parler, comme si ironie n'existai! ni en lui, ni chez les autres? 3 le priai de nie raconter, en détail, tenture.

— 11 y a une année environ, — e'était eu avant que je fisse votre connaissance en ■orraine, — je descendais de Sainte-Odile. lOmnie je passais devant la maison où nous enons de goûter, je vis des iren< affolés.

ce Le mari (c'est un garde forestier prive.

n naïf paysan, un peu brute et bébête)

riait : ce Ma femme va mourir! » Sa vieille

it-re hurlait. Us n avaient avec eux qu'un

nfant de trois ans. L'homme ne se décidait

>as à descendre sur Ottrott. A quelle heure,

n effet, aurait-il ramené le docteur? Je lui

lis: c< Moi. je suis médecin; nous allons

âcher <le vous être utile. »

<< J'entre. I n filel de sang coulait du lit ;ù la femme gisait, l ne forte hémorragie.

Je dis à la mère de faire bouillir rapidem* de l'eau. J'enlève ma veste, mon coi; je retrousse mes manches. Je ne vais pas vouji décrire mes soins. J'indique au mari com-:| ment il doit m 'aider à placer sa femme I puis à la tenir. Il était blême, et la mère il moitié folle. La malade hurlait, ce Je vous prie, madame, lui disais-je, soyez patient» c'est pour votre bien : sans quoi vous alleîj mourir. x> Mais voilà que, sur un flot dej sang, la mère, lâchant la jambe, s'évanouit, et que le mari étreint sa femme : «Ne t'en vs pas, criait-il.» Et à moi : c< Brute, assassin! vous êtes le diable, vous tuez ma femme ! x Sans arrêter mes soins, je lui donnais des ordres, en m appliquant à garder mon calme et mon autorité. Il veut m'arracher du chevet. De la main gauche, je le repousse violemment. Il se précipite dehors et revient, au pas de course, avec une hache. Je me lève,

I N HERITIER IOQ

jmpoigtie une chaise et la lui lai.

. Je saisis sa hache, je ie prends !uipar les épaules cl je le jette dehors. J*>

urne la cl la porte et Je cours fermer

fenêtre. ï * ci i < , je vais à la cuisine m i

tinue ^i bouillir. Il fallut que je

ie lavasse um: seconde fois. Mon homme

onnail de formidables coups de pied dans la

orte. Vivement, en dix minutes, j'avais ter—

mon opération et lavé toute ma patiente.

Jors, je trempe mie te dans l'eau froide,

t. très violemment, je i",

jl jik'lv, qui revient de son évanouissement.

Allons! lui dis— je, donnez-moi un drap

. >us allons recoucher proprement votre

lir.

I empoigne la malade et la dépose sur le Jumeau. Nous retournons le matelas, d

ns la lingerie. — ocAvei-vous une ■ueur forte ? » — a Nous avons <I • la bonne

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myrtille. » — Après quelle a bu une gorgée, la malade reprend ses esprits dans son lit refait. — a Eh bien I madame, vous êtes sauvée.» — ce Monsieur le Docteur, disait la vieille, est-ce pour sûr?» — «Oui, bonne femme. » — Alors la vieille tombe à genoux et remercie le ciel. C'est une chose très jolie, à laquelle nous assistons souvent.

« Déjà le sang de la malade se refaisait. Elle entrouvrit ses yeux. C'était une bonne créature. A demi évanouie, elle avait suivi toute l'opération, et maintenant son regard et sa main, qui cherchait la mienne, me remerciaient.

« — A cette heure, dis-je à la mère, nous allons laisser entrer le mari= x> Nous le vîmes sur un tas de fumier, juste en face de la porte, pleurant à chaudes larmes. La vieille lui cria : — c< Arrive donc ! Louise est sauvée. x> — Il fut, du même bond, debout près

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