MA PREMIÈRE J01 RNÉ1 DE CASERNE
! qu'il serait sage d'offrir un verre aux jous ■ >fficiers.
A onze heures, un volontaire me dit :
— Nous allons boire un verre de bière >uis nous déjeunerons.
Je m'excusai <!»1 oe pouvoir 1rs suivre. IN >artirent ensemble et déjà ils étaient liés. Je :n.u ma chambre, .le me sentais comme une lie douloureuse au milieu d'un brutal n d'indifférence. Si j'avais été soldat »>n ice, j'aurais eu dans ma chambrée des compagnons un peu jaloux, défiants, de Agréables c'esl possible! et aussi des sous-offiraides et contrariants; mais je crois que trouvé en moi-même une bonne humeur, une qualité <le vie supérieure entraînante pour fon il-1- lespréventi
celles des aul res miennes propj es. J'au-
rais été si évidemment un soldai de bonne volonté ri un compagnon désireux de plaire
l6o AU SERVICE DE L'ALLEMAGNE
qu'entre nous tous, il se serait créé un lien fraternel. Ou bien encore, je me serais convaincu que j'étais à mon propre service, que je collaborais à la puissance de la France, et, dans des petitesses sainement interprétées, j'aurais voulu voir des grandeurs.
Ces réflexions me tinrent lieu de déjeuner.
A deux heures après midi, les volontaires des différentes batteries étant réunis dans la grande cour, le lieutenant apparut pour la première fois.
C'était un petit lieutenant à peine majeur, rose et joufflu, les cheveux ras, très raide et très sanglé. Il se promenait en caressant une moustache claire dont la pointe, trop dardée sous le nez, lui donnait un drôle d'air. Ses gants, ses manchettes et son col très haut émerveillaient par leur blancheur sur l'uniforme sombre. Certainement il jouissait de nous montrer sa suprême élégance militaire.