‹ Au service de l'AllemagneChapitre 27 sur 40 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

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\uj ourdi mi. quand je me reporte à ces sombres journées, j'admets que je fus follement susceptible et Imaginatif. Peut— être voyais-je plus que de raison une volonté de mater l'Alsacien, \ussi bien il n'était pas très simple de démêler L'état d'esprit de mes chefs.

Le troisième jour de mon entrée au régiment, dans l'énorme cour de la caserne, les vingt volontaires, sous les ordres du maréchal des loi;is, apprenaient le salut. I n à un. nous défilions devant l'officier. Par trois foi>. il m'arrêta :

— Qu'est-ce que c'est que votre singulière façon de projeter votre bras quand vous le baissez... Mais laissez donc cette façon de cirque.

L'Allemand salue^ le revers de sa main en avant, tandis que le Français présente sa main ouverte. Il y a une seconde différence, plus délicate, qui tient au tempérament des deux races : l'Allemand baisse le bras tout droit, son coude est une charnière ; voyez, au contraire, avec quelle vivacité nerveuse le troupier français rejette sa main de son képi. Mon geste à la française, au milieu de la roideur de ces jeunes Allemands, faisait un disparate.

Au reste, notre souplesse alsacienne, si frappante à côté de leur ankylose, se manifeste de mille manières, dans notre démarche plus élastique, plus cadencée, dans notre casquette qui glisse un peu sur l'oreille, à la

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