‹ Au service de l'AllemagneChapitre 36 sur 40 · JE ME FAIS ACCEPTER DU RJEGIMEN · texte numérisé non relu

JE ME FAIS ACCEPTER DU RJEGIMEN

îanda avec succès deux, trois mouvement-, lais voilà (ju'il eut un lapsus, et comme ous trottions sur la piste, ayant le mur à roitc, il ordonna une ce volte à droite » ^exécutable. On entendit une rumeur des oldats. J'étais cavalier de tête. En principe, 3S Allemands s'attachent à la lettre, sans lus; 1 un d'eux, à mu place, se fut dit : « C'est affaire du lieutenant, je ne cherche rien

autre. x> Quel désastre, alors! Mais je tourai à gauche et toute la file me suivit. Le leutenant lit encore exécuter quelques mou- Bments, puis le général, qui ne s'était point Érêlé de causer, I:' félicita.

N<>us sortîmes du manège pour nous raner -m- le côté, tandis (prune autre batterie ntrait. Le lieutenant, qui «'lait ù pied, vint onner une tape amicale à mon cheval.

Les volontaires n'en revenaient pas démon aitiative.

ll\Ç) AI SERVICE DE L'ALLEMAGNE

— Eh bien! Ehrmann, disaient-ils, vous en avez un toupet!

Le lendemain matin, a son arrivée dans la cour de la caserne, le lieutenant m'a appelé :

— Tant que vous serez un bon soldat et que vous vous efforcerez de faire aussi bien votre service, ma foi. vous sortirez en civil comme vous voudrez. C'est secondaire. Seulement, méfiez-vous de mes camarades qui pourraient être moins indulgents.

Cela d'une voix à demi joviale, à demi raide, et tout de même très militaire*

CH IPITRE W

LA. DI.HMIl;] JOURNEE

Enfin, le 3i mars, dernier jour de mon rvice, arriva.

Dans la matinée, j'acquittai diverses tai i

l'administration, puis je me mis à La ^cherche de mes officiers. Je pris régulièjment congé du colonel, du commandant et u capitaine. Vrcrs onze heures, dans la cour 2 la caserne, je croisai mon Lieutenant. ni arrêté à trois pas :

— Monsieur 1»' Lieutenant, lui dis- j^ . le >lontaire Ehrmann vous annonce La fin >n servi

Il salua gentiment, me lit signe de quil

ma position réglementaire, et, pour la première fois, me tendit la main.

— C'est vrai, voilà votre service terminé Pas si terrible, n'est-ce pas? Vous vous ei êtes accommodé mieux que vous ne pensiez.. Maintenant, vous allez continuer vos études.. Quand comptez-vous faire vos six moi comme médecin volontaire?

— Dans trois ans, Monsieur le lieutenant après mon examen d Etat.

— Eh bien 1 nous nous retrouvcron quelque jour au cercle militaire, quand vou serez devenu officier.

Il avait dit cela d'un ton de camarade, san y attacher d'importance. Mon silence le surprit. Et, d'une voix plus sèche :

— Sans doute, après votre semestre, vou ferez six semaines de service pour acquéri le grade de sous-aide major?... Vous n répondez pas?

LA DERNIÈRE J<>1 RKEE 2 |Q

Je répliquai avec autant de tranquillité que je pus :

— Je compte renoncer aux services supplémentaires et, par ^uite, aux gracies qu'ils me permettraient d'acquérir : toute perte de temps a son importance dans la carrière d'un

lecin.

Il s ('lait un peu reculé. \ son attitude abandonnée avait succédé la raideur et la morgue des officiers allemands. Il nie regardait fixement. Je rectifiai mon attitude.

— A ous avez tort, volontaire Ehrmann.

Chez nous (il souligna le mot), il faut toujours tâcher d'obtenir un grade élevé dans l'armée; le grade apporte la considération et le presli

Sans doute, L'expression de ma figure le ontenta, car il rougit un peu et continua I i esque durement :

— Mais ditea donc une fois toute la vérité :

libo AU SERVICE DE L'ALLEMAGNE

Messieurs les Alsaciens ne tiennent pas a devenir officiers Allemands.

La question, si directe, me semblait difficile à éluder, mais, pour rien au monde, sur un tel sujet, je n'aurais renié mon sentiment. Et puis je pensais : demain, je serai parti : demain, cet homme n'aura plus de pouvoir sur ma personne.

— Monsieur le lieutenant, lui dis-je, puisque vous me sollicitez de vous répondre en toute sincérité, je dois vous obéir; je dois reconnaître qu'en elîet, notre tradition et notre attachement à la France nous rendent trop pénible le service dans l'armée allemande pour que nous ne cherchions pas à l'écourter le plus possible.

La franchise paisible de ma réponse parut plaire un instant à sa droiture militaire mais son orgueil l'emporta.

— Vous l'avouez donc : vous ne voulez

LA DERNIERE J01 Rfl '2-i I

its être officier allemand! Ainsi on \ ait l'iionneur de vous l'offrir, et vous avez 'aud.ice de le refuser. Par attachement pour a France 1 \ ous osez me dire cela en fa<

elle se fiche de vous, \a France 1 Et il aut être fou. triplement fou, comme \ous

Lins ce damné pays, pour ne ; Comprendre que c'est votre bonheur que nous ous ayons repris. Nous non- devez L'ordre nté physique et morale.

Ah ! dos rapports peu a peu menés juse de collaboration, comme iltous apparaissaient maintenant artificiels ! brusquement, nous revenions à notre solide rérité, nous non- retrouvions deux ennemis ! Fixé dans L'attitude réglemendu moin- j'avais n ux Libres, et

n\ dans ses yeux lui parlaient, je ... Exaspéré par mon regard, il accunul.i . .-n vociférant, tous les Lieux communs

allemands sur la désagrégation de la France qui bafoue son armée, sa religion et toute autorité, et que l'Allemagne achèvera d'enfouir pour qu'elle cesse d'infecter le monde... Mais soudain, ma figure pale et le tremblement — c'est la fureur qu'il faut dire' — de tout mon corps, l'avertirent qu'il devenail un agent provocateur. Alors, s'interrompan net, il partit.

Des personnes croiront que j'aurais dû 1< frapper. Ce n'est point mon avis. Il ni convenait pas que je cédasse à une excitatioi du hasard. Pas un instant, son discours n< m'a mortifié, mais bien plutôt je me sentai exalté, héroïsé par un grand afflux de force

Au terme de mon volontariat, comme ai début quand je m'interdis à moi-même d déserter, j'ai su mettre ma spontanéit au-dessous de ma raison ; j'ai mainten devant mon regard les motifs qui me déci

tio

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