‹ Au service de l'AllemagneChapitre 38 sur 40 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

Vote I (page 8). — Que l'un me passe un peu d'histoire. C'est au commencement du \ sic que Rome, obligée de ^e protéger elle-même, rappela en Italie les demie gions qui proté-

geaient le Rhin. L'Alsace de\ i n t tout entière la proie des barbares qui la possédaient déjà en partie, et la Lorraine fut entamé'-. Sur ces régions, les éléments celtiques et latins furent assujettis aux éléments germaniques; la langue allemande succéda au latin comme langue domina n te.

M. Pfîster a relevé la limite de la langue française et de la langue allemande en Alsace-Lorraine : elle permet de déterminer jusqu'où s'établirent en masse le* Germains des Lrrande^ invasions. Du vie siècle, jusqu'à 1871, c'est-àdire en 1 1 siècles, rien n'avait bougé dans

.ions. Parfois même, notre influence politique et morale monta vers l'est, plus haut que Rome n'a\ait jamais atteint.

M lis, depuis trente-trois ans, nous fléchissons.

Là-deSSUS, je demande à traiter un point de

fait : Je vois avec inquiétude, dans la Lorraine

restée française, des chapelles où, depuis peu, l'on prêche en dialecte alsacien.

Les raisons de cette innovation sont fort touchantes et respectables.

.le me permettrai pourtant de les contredire. Il no faut point que, par une fausse sentimentalité, nous collaborions aux progrès de la langue allemande sur un territoire où jamais le fond gallo-romain ne fut entamé; il ne faut point que les professeurs d'outre-Rhin, qui disent que leur nationalité va jusqu'où vont leurs dialectes, puissent s'annexer notre Lorraine sur leurs cartes linguistiques.

Que les Bretons parlent breton en Bretagne, les Provençaux, provençal en Provence, les Alsaciens, alsacien en Alsace; fort bien, à condition que ces provinciaux soient bilingues. Mais sur notre nouvelle frontière de l'est, il faut considérer un intérêt national : je ne puis rester indifférent au fait qu'il y a un siècle, nous avons porté notre langue sur la rive droite du Rhin, et que j'entends, au début du xxe siècle, des prêches publics en allemand dans Lunéville et dans Nancy. Le patriote qu'est l'évêque de Nancy acceptera, j'espère, la justesse des observations que je lui soumets.

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