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POUR LA BELGIQUE

attendrissement) une armée se leva, vaillante, généreuse, intrépide, qui répondit à l'envahissement par ce mot, le plus beau que je sache quand il se heurte à la force cruelle et injuste : Non serviam, je ne servirai pas !

Promesses et menaces ont été vaines : rien n'a pu réduire cette admirable fierté. Sous la conduite d'un roi soldat, la Nation résolut de lutter jusqu'au bout, avec l'appui des deux grands pays auxquels nous sommes attachés par tous les liens de notre histoire : l'Angleterre à qui nous avons gardé une foi sans réplique, la France qui vit toujours dans notre souvenir.

Faut-il dire l'éclat de ces batailles ? L'héroïsme du sergent Rousseau; le geste du major Namèche, dont le corps garde encore les ruines du fort de Chaudfontaine; la médaille militaire sur la poitrine du roi Albert; Liège, résistant à 120,000 Allemands, décorée de la Légion d'honneur; le général Léman à qui un vainqueur étonné n'a pu enlever son épée; la vaillance obscure, mais si touchante, des petits, des sans grades, de tous ceux dont le faisceau gagne les victoires ?

Faut-il dire aussi les deuils qui -ont assombri cette terre valeureuse ?

Il y a des êtres devant qui le cœur s'émeut d'amour ou de pitié : un vieillard qui souffre, un enfant qui sourit, une femme qui pleure. Ce sont

les faibles, ceux qui ne peuvent pas faire mal et qui ne savent qu'aimer. Il y a des choses devant lesquelles l'homme se découvre, respectueux : les cathédrales, auguste prière des siècles, les bibliothèques silencieuses qui devraient être immortelles. Il y a des choses qui sont la vie d'un peuple et sur lesquelles l'histoire s'accumule chaque jour jusqu'à former une civilisation. Il y a des êtres et des choses auxquels on ne touche pas sans les profaner. Sur tout cela une main criminelle s'est pourtant crispée. Nous avons tout à coup eu l'horrible vision de la barbarie. Certes, vous avez souffert plus qu'aucun autre peuple ! Nous ne pouvons pas vous rendre vos mères, vos épouses et vos enfants; mais nous ferons tout pour que ces cruautés soient vengées et que votre peine immense soit un peu apaisée par nous.

Enfin, Messieurs, voici notre dernier vœu. 11 fut formulé par une femme belge, madame Vandervelde. Nous l'avons recueilli pour en faire notre plus cher espoir

Plus tard, lorsque le sort des armes en aura décidé; lorsque les alliés auront signé ce qu'on appellera le traité de Berlin, pour mieux le clouer dans l'histoire; lorsque tout sera terminé et que la justice aura vaincu; lorsque les troupes reviendront vers Paris, qui, demain comme hier, apportera à tout acte d'héroïsme la consécration de sa gloire,

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