AU LENDEMAIN DU CONGRÈS EUCHARISTIQUE
Discours prononcé à la séance solennelle de clôture du congrès des ligues du sacre-cœur, dans la salle paroissiale de l^immaculée conception, montréal, le 12 septembre 1910
Nous n'avons pu refaire le texte de cette improvisation; c'est pourquoi nous reproduisons ici la brochure ^^Le Congrès général des Ligues du Sacré-Cœur^ Montréal 1910, pp. 163 et suivantes :
^^ L'orateur débute en disant que c'est son titre de premier vice-président de la Fédération des Ligues du Sacré-Cœur, qui lui vaut le grand honneur d'adresser la parole à cette séance solennelle. Il est heureux, au lendemain du grand jour qui a vu le triomphe de Jésus-Hostie dans la métropole canadienne, d'adresser la parole aux dix mille représentants des Ligues, vaillants soldats déjà rangés en bataille et s'appelant à combattre pour le Christ et son Église.
"Ce lendemain est digne du beau, de l'incomparable Congrès dont les délicieux échos remplissent encore toutes les âmes." Ici l'orateur retrace avec émotion les fêtes du Congrès Eucharistique et, donnant libre cours à la reconnaissance qui déborde de son cœur, au nom des ligueurs, qui l'applaudissent chaleureusement, il remercie avec effusion Sa Grandeur Mgr l'Archevêque de Montréal, "qui, après le bon Dieu et notre Saint-Père le Pape, a su procurer au Canada et en particuUer à la province de Québec, l'immense bonheur d'un Congrès Eucharistique international". Ici une scène inoubliable se produit. Sa Grandeur Mgr Bruchési, touché, ému, cédant à
l'émotion provoquée, par Torateur, se lève, ouvre ses bras à M. Magnan et lui donne Taccolade. L'auditoire applaudit frénétiquement ce geste paternel de TÉvêque et fait une ovation à Torateur.
^'Dominant son émotion, M. Magnan reprend son discours. A titre d'officier de la Fédération, il prend la liberté de donner quelques conseils à ses confrères. Nous ne pouvons que les résumer de mémoire:
"Amour et vigilance, que ce soient là nos deux mots d'ordre.
''Aimons-nous d'abord, aimons notre âme véritablement en la faisant bénéficier des trésors incomparables que la religion lui offre, en particulier celui de l'Eucharistie. Communions souvent afin d'être forts et de produire autour de nous tout le bien possible.
'Taisons passer dans la pratique de nos actions quotidiennes les principes religieux dont nous nous réclamons.
''Ayons à cœur d'être au premier rang partout où il y a du bien à faire, une misère à soulager, une œuvre à créer.
"Dans la paroisse, soyons des modèles en tout et partout, et cela de telle sorte que personne ne puisse jamais mettre en doute la sincérité des motifs qui nous font agir.
"Efforçons-nous d'arriver au premier rang dans la profession ou le métier que nous exerçons; soyons sobres, soyons économes, et mettons généreusement notre légitime influence au service de Dieu et de l'Église.
"Enfin soyons des hommes d^ honneur dans toute la force du terme ; on ne saurait être vraiment chrétien sans cela.
"Soyons vigilants! La Ligue, c'est une avant-garde chargée de veiller à la sécurité catholique de la paroisse, et de combattre au besoin.
"Cette vigilance, exerçons-la dans nos familles, sur nos enfants. Ne laissons pénétrer au foyer que de bons amis, de saines lectures. Exerçons-la sur l'école, afin que ce prolongement de la famille demeure toujours, chez nous, Tanti-chambre de Féglise.
^^ Cette vigilance, exerçons-la aussi dans la paroisse, dans la cité où nous devons faire une guerre incessante à l'ivrognerie, à l'immoralité, ces deux chancres qui déshonorent l'humanité.
^ ^Exerçons surtout notre vigilance vis-à-vis de la mauvaise presse et de la franc^maçonnerie, les deux plus fermes suppôts de Satan sur la terre."
"M. Magnan termine en faisant un vibrant appel aux quatre-vingt mille ligueurs du Canada et des États-Unis, ^'qui ne tarderont pas à entrer dans les cadres de la superbe et vaste armée que viennent de créer à Montréal les fils illustres de saint Ignace, afin de préparer les combats et les victoires de l'avenir."