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LE MAIRE DE ROME INSULTE LE PAPE

Discours prononcé en l'église Saint-Roch, Québec,

LE 24 octobre 1910

A l'occasion de l'anniversaire de la prise de Rome par les troupes piémontaises en 1870, le maire de Rome, le juif et franc-maçon Nathan, a insulté le Pape et blasphémé contre le Christ. Cette indigne et lâche conduite a soulevé l'indignation de l'univers catholique.

A Montréal et à Québec, particulièrement, de grandes réunions de protestation ont eu lieu. A Montréal, c'est S. G. Monseigneur Bruchési, assisté du Maire, qui a organisé la réunion à laquelle 25,000 personnes assistaient. Le secrétaire de la Province, l'honorable M. Décarie, et M. Bourassa, député, adressèrent la parole.

A Québec, lundi le 24 octobre 1910, au moins 7,000 hommes et jeunes gens remplissaient la vaste église Saint-Roch, à l'appel de la société Saint-Jean-Baptiste, présidée par M. C.-F. Delâge, député et vice-président de la Chambre d'Assemblée.

L'auditoire fut enthousiaste, conspua le juif Nathan et acclama Sa Sainteté Pie X. Des discours furent prononcés par M. Delâge, le président, S. G. Monseigneur Bégin, archevêque de Québec, Son Honneur le maire Drouin, S. G. Monseigneur Brunault, évêque de Nicolet, l'honorable J.-E. Caron, ministre de l'Agriculture, M. C.-J. Magnan, professeur à l'École normale Laval, M. J.-A. Langlois, député de St-Sauveur, Monseigneur Mathieu, professeur à l'Université Laval, l'honorable Thomas Chapais, conseiller législatif et M. Eugène Dussault, représentant de l'A. C J. C.

Discours de M. C.-J, Magnan

M. le Président, (1)

Monseigneur T Archevêque, (2)

Messieurs,

Pendant près de deux mille ans, Rome fut Tépouse des Papes; depuis 1870, par la plus honteuse spoliation du roi de Piémont et le lâche abandon de la France et des autres puissances catholiques, elle est devenue, par la force, la fiancée d'un roi d'aventure. (3) Le 20 septembre 1870, en dépit des vaillants zouaves pontificaux, les troupes piémontaises, au service de la Franc-Maçonnerie, pénétraient dans la Ville Éternelle par la Porte Pia.

Désormais, Rome, la métropole de cette société religieuse qui a partout ses docteurs, partout ses témoins, partout ses enfants; Rome, gardienne des plus beaux souvenirs du Christianisme, témoin des héroismes de T Église, citadelle quand même des espérances immortelles, Rome la ville des Papes depuis le Ville siècle, grâce à Pépin le Bref, roi des Francs, Rome est sous le joug d'un roi usurpateur.

Mais au lendemain de la prise de Rome, une nécessité s'imposait aux vainqueurs, afin de tempérer aux yeux du monde catholique la spoliation sacrilège des États de l'Église et calmer les scrupules des puissances chrétiennes qui avaient honte d'avoir si lâchement trahi la Papauté. Le nouveau parle-

(1) M. C.-F. Delâge, président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec,

(2) S. G. Monseigneur L. N. Bégin, archevêque de Québec.

(3) Exactement, c'est en 1864 que Napoléon III, se rendant au désir de l'usurpateur Victor-Emmanuel, rappela de Rome les troupes françaises, privant ainsi le Pape du seul appui qui lui restait, et ce au moment même où les États de l'Église étaient le plus menacés.

ment de Tltalie unifiée imagina la loi des Garanties, Cette loi proclamait l'inviolabilité du Saint-Père, et ses droits aux honneurs souverains; elle lui assurait une dotation déterminée et la jouissance du Vatican, du Latran et de la villa pontificale de Castelgandolfo. Elle garantissait, en outre, la liberté complète des futurs conclaves et des conciles œcuméniques.

Voilà rengagement d'honneur que le parlement et le roi d'Itahe prirent en 1870 à la face du monde entier, vis-à-vis du Saint-Siège. Il est vrai que Pie IX et ses successeurs ne reconnurent jamais cette loi: la reconnaître, c'était accepter les faits accompHs. Pie IX ne le pouvait pas, et Pie X ne le peut pas non plus.

Cependant, cette loi des Garanties n'oblige pas moins le gouvernement italien à respecter ses engagements vis-à-vis l'univers catholique. Il ne peut, sans forfaire à l'honneur, laisser insulter le Pape dans Rome. Eh bien! à deux reprises, au cours de cette année 1910, notre Saint-Père a été lâchement insulté sous les fenêtres mêmes du Vatican. Il y a quelques mois à peine, l'impiété érigeait sur une place de Rome une statue à l'apostat Giardono Bruno, qui fut, durant sa triste vie, l'ennemi juré du Pape; à cette occasion, une populace rageuse a manifesté sa haine contre Dieu et l'Éghse sur la place Saint-Pierre. Les autorités municipales de Rome fermèrent les yeux et les oreilles, et le gouvernement d'Itahe, manquant à la parole donnée en 1870, laissa grossièrement insulter le Vieillard du Vatican.

Enfin, le 20 septembre dernier, à l'occasion du triste anniversaire de la Prise de Rome, le maire de cette ville, un juif franc-maçon, Nathan, se servant d'un langage digne de l'enfer, s'est moqué cyniquement non seulement du Pape et de l'Éghse, mais du Christ lui-même. Tous les journaux catholiques

ont rapporté ce discours indigne d^un pays civilisé pour le dénoncer et le flétrir.

Le Pape, dans un langage digne et ferme, dénonça la violence du maire de Rome. Ce fut le signal de protestations générales, et, de tous les points de l'Italie, les catholiques envoyèrent des sympathies à Sa Sainteté Pie X et conspuèrent les goujateries du maire Nathan. De la France aussi, de l'Autriche, de l'Espagne, de l'Angleterre même, des États- Unis, du Canada enfin arrivent aussi tous les jours à Pie X des témoignages d'un affectueux attachement.

Nous aussi. Messieurs, c'est pour protester contre la vulgaire impiété du juif et franc-maçon Nathan, c'est pour protester contre la lâche attitude du gouvernement italien qui laisse insulter et menacer le Pape que nous sommes ici ce soir.

Garder le silence, nous croiser les bras en une telle occurence, ce serait de la trahison. Les vrais catholiques se reconnaissent à l'amour qu'ils portent au Pape, vicaire de Jésus- Christ, celui à qui le divin Maître a dit: Je suis avec toi» Le Pape, c'est le Père qui nous porte tous dans son cœur, c'est le Pilote qui nous guide vers le Port éternel. C'est donc le devoir de tous ceux qui ont tant soit peu le sens catholique de se réjouir des joies de ce Père, et aussi s'attrister de ses épreuves.

Ah! ce soir, chers compatriotes, n'est-ce pas que nous sympathisons avec le Saint-Père; n'est-ce pas que nous nous indignons aussi à la pensée que cet auguste vieillard, qui porte en son âme toutes les promesses d'immortalité, qui répand à travers le monde la lumière qui éclaire et la bonté qui réconforte, qui est le représentant de Dieu sur terre, en un mot, est l'objet d'insultes et de menaces dans cette Ville Éternelle dont chaque pierre, chaque ruine, chaque monument redisent les bienfaits et la grandeur du Christianisme

Ah! nous protestons de toutes nos forces et voulons que l'Italie sache que les Canadiens français, sujets britanniques, réprouvent le lâche silence de son gouvernement, qui manque à son devoir vis-à-vis la Papauté.

Nous voulons aussi que le Saint-Père sache qu'il n'est pas seul à souffrir, qu'il n'est pas isolé, que les fils de Laval et de Champlain sont avec lui, et que, s'il le fallait, comme le firent si noblement les croisés canadiens du siècle dernier, les fiers zouaves pontificaux, eh bien ! que nous aussi nous volerions au secours du Chef de l'Éghse.

Vive Pie X Pontife et Roi!

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