XVIII INTRODUCTION
toire à son nom même, ne lui apparaissait-elle pas comme un état « où de grandes difficultés sont la rançon de grands avantages? ».
Il le disait à propos du livre opportunément publié par le vicomte de Meaux sur l'Eglise catholique et la liberté aux Etats-Unis.
Bien auparavant, dans un discours qui fit quelque bruit (1), il avait réclamé pour nous les garanties qui assurent au citoyen américain l'autonomie de sa conscience, y compris sa foi. Il voudrait le for intérieur inviolable en France comme outre-mer. Il convie les catholiques à se placer sur le terrain des libertés générales, à réclamer, non des privilèges, mais le bénéfice de la loi commune.
Il veut, pour l'Eglise, « le droit stable », non « la faveur instable ».
Il n'aperçut jamais d'incompatibilité entre cette contingence qu'est la forme républicaine et le dogme éternel. Lorsqu'un acte pontifical lui donna raison, il se garda du triomphe bruyant. Mais il s'employa de toutes ses forces à éclairer des « conservateurs » en qui persistait une déplorable confusion d'idées. Il leur
(1) Il le prononça, le 18 juillet 1892, à Bordeaux, dans une réunion de la « Ligue populaire pour la revendication des libertés publiques ».