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INTRODUCTION XXV

morts ». Il n'a garde pourtant de méconnaître la grande force que peut être dans l'Etat une aristocratie, quand elle a intelligence et souplesse pour s'adapter aux besoins variables, quand, au lieu de « faire digue contre le temps », elle « se laisse pénétrer par lui », enfin, quand elle reste ouverte et sait « se rajeunir pour durer ». S'il sourit, un instant, à voir « les talons rouges s'embourber dans les marais de la Champagne », nul ne parla jamais de l'émigration avec plus d'équité. On aime la loi de justice qu'il s'impose : « Quand nous pesons la responsabilité des hommes, l'essentiel n'est pas de savoir s'ils nous paraissent coupables, mais s'ils ont cru l'être ».

Il a prouvé mieux encore son impartialité en jugeant le souverain combattu par lui dans sa jeunesse et dont le trône s'abîma dans une catastrophe nationale. Au temps où il prononçait ainsi, en toute sérénité, le bonapartisme n'était pas, si nous avons bonne mémoire, un parti mort. N'a-t-il pas eu, même depuis, sous des noms divers, des reviviscences imprévues? Pour qui eût manqué d'un détachement supérieur, apprécier ce régime récent, capable de retour, n'eût pas été œuvre d'histoire, mais de politique, et M. Lamy a bien défini la politique :

HX\l INTRODUCTION

« Les injustices intéressées des vivants pour les forces vivantes ». Ces injustices, il les a toutes évitées. C'est ainsi que, dans deux siècles, un juge intègre appréciera ce règne au début si brillant, à la fin si lamentable. Quant à la personne du monarque, on n'en pourra jamais plus justement ni mieux parler. Plusieurs peintres se sont essayés au portrait de Napoléon III. Zola, dans La Débâcle, a crayonné, à l'instant tragique, le masque douloureux et froid du vaincu de Sedan. M. Jules Lemaître, à l'Académie, en marge de son discours de réception, a finement esquissé l'énigmatique figure du rêveur à l'œil terne. Nul ne l'a mieux vu que M. Etienne Lamy. Nul n'a mieux dit « son flegme taciturne et doux, ...son regard clos comme une paupière, et qui n'était fait ni pour pénétrer les pensées des autres ni pour livrer les siennes, sa voix lente et froidement égale, ... ses longs silences qui semblaient amener la pensée de très loin... ». Et ne voilàt-il pas tout l'homme, l'utopiste obstiné et dangereux, caractérisé en une ligne : « Napoléon III était de ceux qui ferment les yeux pour mieux voir dans leurs idées... ». Sur l'essai d'Empire libéral, cueillons un mot jeté en passant : « Napoléon rappelait par décret

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