INTRODUCTION XXVII
<!a liberté comme on siffle un chien perdu ». Cette image signifie avec esprit l'erreur d'un prince qui crut restaurer d'un geste ce que, des années durant, il avait détruit. Le pouvoir ne saurait pas plus improviser, par décision souveraine, la liberté, que le peuple ne saurait, du jour au lendemain, la conquérir par l'émeute. « La liberté, il faut le redire, ne se prend pas, elle s'apprend ». Elle ne se donne pas non plus à qui n'y est point préparé. Une nation instruite à considérer en spectatrice, à recevoir toutes faites, et par ordre, ses opinions et ses volontés, ne peut tout à coup, par ordre encore, penser elle-même et vouloir. Nul texte n'a la vertu de susciter les caractères et les initiatives. Cette sentence est de celles que dégage avec le plus d'évidence le chapitre justicier et serein des Leçons. Elle enveloppe une vérité chère à un écrivain qui aime toutes les idées fécondes, «t, selon un mot fameux, « veut de l'avenir dans les siennes ».
« Au service des idées » toujours, qu'il combatte pour la liberté religieuse ou pour les libertés générales, qu'il fasse de la sociologie, de l'économie politique ou de l'histoire ; mais,