‹ Au service des idées et des lettresChapitre 27 sur 43 · XXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVIII INTRODUCTION

en même temps, au service des lettres. PartouL en effet, se sent dans son œuvre le souci de la forme. Un jour, à un ami qui déclarait son goût pour la musique et mettait le plus cher de ses plaisirs intellectuels dans l'audition de la symphonie avec chœurs, il confessait que rien pour lui n'égalait la joie de chercher et de trouver à une pensée son expression adéquate.

La Bruyère, qu'il aime et fréquente, lui a, certes, enseigné autre chose, qu'il n'a pas oublié : l'emploi coquet de l'outil, les tours de main subtils. Visiblement, il s'y plait, et lorsque son sujet lui accorde loisir et licence de se jouer à côté, il n'y manque. Ses jolis jeux rappellent alors ces badinages du crayon où les dessinateurs se délassent en marge. Mais la justesse est sa première ambition d'écrivain. II estime, d'ailleurs, et à bon droit, que cette pure exactitude, sans une diminution, ni une déviation, ni une plissure de l'idée, ne s'obtient que par un effort rélléchi et des soins délicats. Comme Joubert, il tient que, pour se montrer au naturel, il faut de l'art à la pensée. Netteté, ornement de la justesse, disait Vauvenargues. Mais la justesse parfaite se rencontre-t-elle sans cette parure? Et ne voilà-t-il pas la meilleure des élégances ? D'autant qu'il

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