XXX INTRODUCTION
notre prépondérance économique perdue en ces'' pays où notre influence, à tous égards, diminue. Il a discerné les causes de ce déclin et indiqué les moyens d'un relèvement possible. En même temps qu'il étudiait en diplomate ou en économiste ces questions, il se revanchait de leur sévérité en donnant un regard de paysagiste aux beautés du décor naturel (1). Il a dit son impression d'arrivée à cette petite gare, en pleine campagne, qui porte écrit : Jérusalem. Il a noté, sous un rayon de lune, le premier aspect du pays, la désolation tourmentée de cette terre sans arbres, sans herbes, sans eaux, et comme en deuil d'un inconsolable souvenir, où se dresse la ville sainte, la découpure des murailles crénelées qui l'enserrent, l'annoncent et la cachent. Vision de nuit. Il savoura, le lendemain, l'ivresse de la lumière orientale. Puis, un empereur, « artiste de son corps » et soigneux de mise en scène, étant survenu, il décrivit cette apparition théâtrale avec une splendeur coloriste égayée, par endroits, d'une pointe de malice.
(1) Il en a exprimé son sentiment dans des pages q,ui n'ont pas été réunies en volume, mais qui ont paru sous le même titre que son livre, la France du Levant, dans la Revue des Deux-Mondes des 15 décembre 1898 et 15 janvier 1&99.