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XXXII INTRODUCTION

élans, épurait sa langue. Jamais sa période n'entraînait de ces scories ou, pour lui emprunter un mot, de ces « boues d'orage » que la rhétorique de Gambetta charriait.

L'histoire, on l'a vu, lui est, comme le discours, un véhicule d'idées. De ce véhicule il fait une œuvre d'art. Nous avons dit son goût pour Tacite, un historien qui se souvenait d'avoir été orateur et quelquefois le laissait paraître. Il l'a caractérisé excellement, à propos de Fauriel, qu'on osa lui comparer, à propos de Ségur, qui voulut l'imiter. Sans trace aucune d'imitation, la familiarité du maître de concision ferme lui a laissé un tour, un accent et comme une intonation. Il possède l'art des raccourcis nerveux ; il sait enserrer l'idée en une formule stricte, donner à son expression, dans la force, éloquente souvent, la brièveté du timbre. Lui doit-il, outre le son de sa prose, sa conception de l'histoire comme œuvre littéraire ? Un goût inné aurait suffi à le préserver de ce qu'on pourrait appeler l'abus chartiste. Il ne méconnaît pas, d'ailleurs, la nécessité de compulser les parchemins et, comme disait Chateaubriand, de « manier les siècles », de

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