INTRODUCTION XXXIII
« respirer leur poussière ». Il estime le document, y voit un indispensable support. Il l'a prouvé par son soin d'éditer et de commenter des textes dont l'apparition ne passa point inaperçue. D'autres, nous le savons, attendent, pour leur mise au jour, qu'il les dépouille et les éclaircisse. Bref, il sait les exigences légitimes de la méthode critique et y satisfait. Mais certaine façon de mettre l'histoire hors de la littérature lui répugne vivement. Ce n'est pas lui qui acceptera jamais de la voir réduite à ces catalogues ou répertoires qu'on veut acclimater chez nous, à l'imitation des Iahrbûcher allemands. Il se choque même de la « mode » ou « manie » qui consiste à publier avec intempérance le contenu des archives publiques ou privées. Abondance stérile et accablante. Jules Simon avait représenté l'histoire « succombant sous les documents, comme cette fille de Byzance qui périt étouffée sous les anneaux d'or des chevaliers ». M. Lamy allège ses livres du fardeau qui surcharge tant de productions fastidieusement savantes. Nul ne reprochera à ses ouvrages de manquer de critique, mais nul n'y regrettera Fabus des textes « authentiques et inutiles ». Son enquête avisée ne néglige rien. Mais il sait que les écrits des morts