‹ Au service des idées et des lettresChapitre 36 sur 43 · INTRODUCTION XXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXVII

Nous avons dit comme il analysa le moral de Napoléon III, la griserie de son rêve, la fumée du narghilé où l'utopiste puisait son ivresse taciturne. On se rappelle aussi l'image tracée par lui du souverain, et comment il a rendu le nuage de pensée, l'œil sans regard, le flou du personnage. Avant l'effondrement de 1870, durant les années qui le préparaient et où l'on pouvait le pressentir, il avait observé d'assez près les événements et les hommes. Les résultats d'une diplomatie chimérique et dupée avec éclat renforçaient une opposition active déjà et résolue, enhardie par les concessions d'un pouvoir qui se sentait faiblir. Un jeune homme qu'attiraient les choses politiques devait suivre d'un regard attentif cette- lutte d'un régime au déclin et d'un parti en croissance de force et d'audace. L'étudiant comtois prit des notes. Plus tard, politique mûri et maître écrivain, il devait évoquer les plus saillantes des physionomies qui le frappèrent alors. Et il fit encore de la psychologie, définissant la solennité creuse de Garnier-Pagès, qui « marchait comme accablé du poids de sa pensée » et, lorsqu'il s'en déchargeait, « donnait l'impression que le vide peut être lourd » ; — l'esprit de critique acerbe et morose d'Eugène Pelle-

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