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INTRODUCTION V

amertume. A la vérité, il doit à l'inconstance du suffrage universel de la gratitude bien plutôt que de la rancune. Maintes pages de lui, sur des sujets môme politiques, montrent des qualités qui n'eussent pas trouvé au Palais- Bourbon l'occasion de naître. D'autre part, il lui fut bon de passer par les assemblées. Outre que son talent d'orateur s'y affermit et s'y développa, il y observa de près le jeu des intérêts et des forces d'où dépend le sort d'un peuple, y fortifia, en l'exerçant, une sagacité native, faite de sens pratique et d'aspirations supérieures, et enfin la discussion des grandes affaires enrichit son expérience des hommes. Bref, à ces leçons de choses il gagna des connaissances qui ne s'acquièrent nulle part ailleurs, et, pour son œuvre, qu'il n'allait pas interrompre, il était, à sa sortie du Parlement, pourvu et armé.

Il la poursuivit dans des études proprement politiques, dont nous pourrions énumérer une série. On y sent le praticien. Nulle part la logique abstraite ne le domine, et on le devine partout exempt de cet apriorisme appelé par Taine « esprit classique ». Le contact immédiat des réalités lui a donné cette mesure

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