VIII INTRODUCTION
« La France, sous eux, a vécu par le regard ». Une fois évanoui l'éclat des spectacles de gloire, resta notre servitude, point assez sentie. La Restauration ne s'avisa pas de l'importance de ce qui avait péri. M. Etienne Lamy le lui reproche. Il le reproche aussi à l'Assemblée nationale de 4871. Certes, elle ne pouvait songer à ressusciter, par la vertu d'un scrutin, des institutions mortes, et depuis si longtemps. Du moins, aurait-il fallu qu'elle levât l'obstacle légal à la reconstitution des groupements naturels, qu'elle leur reconnût le droit à la vie et à la propriété, qu'elle permît à l'individu d'échapper, s'il lui plaisait, « à l'emprisonnement cellulaire de sa solitude ».
M. Lamy supposait, un jour, un étranger curieux de notre vie nationale, s'informant de nos lois et de notre gouvernement. Cet étranger s'enquiert d'abord si nous sommes un peuple libre. — Oui, sans doute, répondra-t-on. Nous élisons, en etîet, au suffrage universel, un Parlement qui siège en quasi-permanence et qui a pour exécuteur de ses volontés un cabinet responsable, à sa merci. Nous en fautil plus pour nous sentir nos maîtres? — Donc, insiste l'étranger, vous administrez à votre