INTRODUCTION IX
guise vos départements et vos communes? — C'est la tâche de nos conseillers généraux et municipaux, qui délibèrent, les uns, deux bonnes semaines par an, les autres, quelques heures. — Merveilleuse promptitude de l'esprit français ! Comment croire cependant que des intérêts, même locaux, puissent, en si peu de temps, être, comme il faudrait, surveillés et régis ? — Aussi la besogne leur est-elle allégée par l'Etat, qui veut bien, par ses fonctionnaires, leur épargner toute peine. Il leur évite les responsabilités du même coup que le labeur; sans compter qu'il fait régner partout la bienfaisante uniformité. — A la bonne heure! réplique le voyageur, qui poursuit son enquête sur nos libertés. Il s'arrête bientôt et conclut : « Je vois qu'en France il y a beaucoup de libertés pour l'Etat... Vous êtes libres de nommer le pouvoir qui vous empêche d'être libres » . Ce visiteur satiriste a raison. Vainement, nous avons superposé à l'édifice administratif bâti par le pouvoir absolu un fronton de libertés politiques. Ce couronnement vaut ce que vaut une enseigne fallacieuse. « La liberté ne se prend pas, elle s'apprend ». Il faut à un gouvernement parlementaire des citoyens préparés par la gestion des affaires locales à celle