‹ Au soir de la vieChapitre 25 sur 58 · VICTOR HUGO ET LA FEMME · texte numérisé non relu

VICTOR HUGO ET LA FEMME

A une époque où la femme veut être l’égale de l'homme et menace de le supplanter dans la direction du monde, on ne lira pas sans intérêt ce que pensent d’elle les hommes qui comme Victor Hugo l’ont le plus louée et admirée. Le grand poète disait en 1845 à l’Académie française:

“Que le poète et le penseur achèvent de rendre de plus en plus sainte et vénérable aux yeux de la foule cette pure et noble compagne de l’homme si forte quelquefois, souvent si accablée, toujours si résignée, presque égale à l’homme par la pensée, supérieure à l’homme par tous les instincts mystérieux de la tendresse et du sentiment, n’ayant pas à un aussi haut degré, si Ton veut, la faculté virile de créer par l’esprit, mais sachant mieux aimer; moins grande intelligence, peutêtre, mais à coup sûr plus grand cœur”.

Victor Hugo n’a fait que répéter à sa manière ce que les hommes bien pensants disent des qualités respectives des deux sexes et de ce qui les différencie physiquement, intellectuellement et moralement, ainsi que des conséquences qui en résultent dans l’exercice de leurs activités.

La constitution de chaque être indique le but de sa formation et le rôle qu’il doit jouer dans

l’œuvre de la création, lui dit ce qu’il peut et doit faire. Tout dans le règne végétal et animal rend hommage à cette grande loi de la nature, à la sagesse du créateur. Le rossignol dont le chant nous charme a-t-il la vigueur et les ailes puissantes qui permettent à l’aigle de s’élever si haut dans le ciel? Les rosiers et les plantes dont le parfum est si agréable ont-ils la vigueur (des arbres fruitiers, des pommiers ou des orangers? Il en est de même de l’homme et de la femme, vouloir les assimiler, leur faire jouer le même rôle dans la société est absolument contraire à leur nature, aux fins de leur création et de leur organisation physique et intellectuelle, et funeste aux intérêts les plus sacrés de la société, funeste à la femme elle-même, à son prestige, à son autorité morale. Mais nous vivons à une époque où on se fait un jeu de bouleverser toutes les lois, tous les principes qui sont le fondement de la société et de l’ordre providentiel. On peut déjà constater les résultats déplorables de ces innovations imprudentes, des chimères sociales et politiques de notre temps, mais il est des expériences qui coûtent cher au monde.

Que l’innovation de la femme dans la politique soit plus ou moins acceptable dans certains pays, c’est possible, mais ici, dans notre province, nos destinées nationales et sociales s’y opposent et exigent que rien ne la distraie des devoirs sacrés que la famille lui impose. Or, rien n’a l’effet

comme la politique de détourner les esprits du travail ardu, des occupations qui demandent beaucoup de patience, de courage et une application constante de tous les instants.

Elle offre à l’esprit des distractions, des émotions qui ne se trouvent pas dans le labeur monotone de tous les jours.

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