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grand garçon qui ressemblait au fameux général de Charette non seulement par l’extérieur, mais encore par l’ardeur et la sincérité de ses convictions religieuses. Avocat et journaliste, il exerçait sa profession, le jour, et rédigeait son journal pendant la nuit. Ceux mêmes qui ne partageaient pas ses vues, l’estimaient, car il pratiquait ce qu’il croyait et enseignait. La connaissance de l’Histoire de l’Eglise et ses études philosophiques en faisaient un défenseur éloquent des principes catholiques. Les colonnes de l'Etendard étaient remplies, tous les jours, de sa prose abondante, touffue, éloquente et savante. Il fit preuve souvent d’impartialité et d’esprit de justice et d’indépendance. Le surmenage et des ennuis domestiques minèrent sa constitution qui pourtant semblait lui promettre une longue vie.
Charles Laberge qui fut avocat, député et juge, mourut journaliste, à Montréal. Il avait longtemps rédigé, à Saint-Jean, le Franco-Canadien , dont l’honorable Félix Marchand était le propriétaire et l’un des rédacteurs. C’étaient deux hommes de talent, deux hommes vertueux, au patriotisme sincère, dont une religion éclairée et bienveillante inspirait les paroles et dirigeait les actes dans la vie privée comme dans la vie publique. Laberge fut, pendant les dernières années de sa vie, rédacteur du National , journal fondé et soutenu par l’hon. M. Laframboise, homme sérieux, qui dépensa une grande partie de sa for-
tune à assurer le succès du parti libéral dont il était l’un des chefs les plus estimés. Laberge avant la maladie qui endommagea sa voix, était l’un des orateurs les plus populaires du parti libéral. L'auteur de la célèbre Pléiade Rouge avait dit en parlant de lui: '‘Saluons avec respect cette étoile de première grandeur”. Il était difficile de trouver un homme d’un esprit et d’un caractère plus distingués, plus dignes de considération, d’admiration même.
Parmi les journalistes qui furent mes contemporains, je ne dois pas oublier Beaugrand, Fréchette et Arthur Buies.