EN PLEIN TRIP
ruquier n'a rien gagné du tout, elle ne peut retirer la parole qu'elle lui a donnée de l'épouser.
Sous le règne de l'empereur de Russie Alexandre Ier, on fit à Pétersbourg une loterie, dont le principal lot était un domaine appelé « Vorolinetz » et estimé trois millions de roubles.
Plusieurs lots d'argent venaient après le domaine. Une terrible fièvre s'abattit sur la Russie. On se gêna, on emprunta pour acheter des billets qui étaient au nombre de cent soixante-dix mille de cinquante roubles chacun, — avec six mille lots gagnants.
La fièvre se manifesta sous les aspects les plus variés. On consulta pour le choix des numéros les tireuses de cartes, le marc de café, etc. Les gens pauvres s'associèrent plusieurs pour prendre un billet. L'anse du panier, que les cuisiniers et cuisinières font danser aussi bien au moins en Russie qu'en France, se livra à un galop, à une sarabande inusitée et écheveléc. Beaucoup d'ouvriers cessaient de travailler, buvant dans les cabarets et portant des toasts à la fortune.
On fit dire des messes, on brûla des cierges ; chez plusieurs ce ne fut pas la fièvre, mais une folie réelle et incurable qui se manifesta.
Enfin le jour du tirage arriva, je trouve dans le livre de Du pré de Saint-Maur, auquel j'emprunte ce récit, un détail assez curieux que je recommande aux entrepreneurs des loteries futures : Prenant en considération le chagrin de ceux qui pourraient avoir un numéro à côté des gros lots, parce qu'on se figure à tort qu'on le manque de très près parce qu'on
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a un numéro numériquement voisin du numéro gagnant, on allouait au numéro qui précédait d'une unité le gros lot de trois millions de roubles, et au numéro qui le suivait immédiatement, à chacun un lot de 100,000 francs.
Le grot lot fut gagné par le numéro 96,997 et par une association de dix personnes qui s'étaient cotisées pour acheter un certain nombre de billets ! il fallut vendre le domaine de «. Vorolinetz » surtout parce que les gagnants n'étaient pas légalement aptes à posséder une terre avec des paysans. On n'en trouva pas le quart de la valeur annoncée.
Une des victimes de cette fièvre fut un officier supérieur en retraite appelé Golovine ; il avait engagé sa pension pour plusieurs années, il devint fou de désespoir en voyant ses espérances trompées.
L'empereur Alexandre n'avait autorisé cette loterie qu'avec une certaine répugnance. Le malheur de cet officier qu'il connaissait et aimait, l'affligea. Il en fit prendre soin ; mais, dans sa mauvaise humeur, il ordonna, qu'en même temps que l'officier, on portât les roues de fortune qui avaient servi au tirage de la loterie, dans la maison des fous. C'est leur place, ajouta l'empereur, et soyez bien certains que. de mon vivant, elles n'en sortiront pas.
« Ce jugement est historique, dit Dupré de Saint- Maur, qui écrivait en 1828. et, étant à Pétersbourg, j'ai voulu m'assurer par mes propres yeux de cette décision empreinte de sagesse et d'originalité. Je me rendis à la « Maison-Jaune » el je demandai au médecin des nouvelles des deux roues, il nie montra
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les deux « folios » nichées dans un corridor obscur; l'une vide, l'autre portant encore dans ses flancs les cent soixante-dix mille numéros correspondant aux billets de la loterie. »
On connaît ce boniment de l'imprésario d'une ménagerie ambulante : — Messieurs, dit-il, en montrant aux spectateurs la hyène rayée « cet animal est des plus féroces, non seulement il dévore les gens vivants, mais encore il déterre les morts pour en faire son bénéfice » .
C'est ce que vient de faire un certain M. Pons, homme de lettres. Il vient de déterrer Sainte-Beuve « pour en faire son bénéfice » et pour assurer le succès de cette exhibition posthume, il prend la tête de Sainte-Beuve comme Hamlet prend la tête de Yorik, et nous montre cette tête de mort couronnée de mvrthes.
Ainsi, sans respect pour l'honnêteté publique,
sans respect pour un grand vieillard qui, frappé, connue jadis Apollon jaloux frappa Niobé dans ses enfants, survit seul au milieu des tombes de tous ceux qu'il a aimé, — M. Pons entr'ouvre une de ces tombes pour la profaner.
11 est bon, il est honnête, il est juste de rectifier une demi-vérité qui est un mensonge entier — de démontrer que la pauvre ombre odieusement évoquée a été non la complice de cet Alcibiadc invraisemblable — et que les myrthes dont M. Pons couronne sa tête sont des myrthes escroqués.
Si la mémoire de Sainte-Beuve ne gagne rien à celte rectification, à cette manifestation de la vérité, que son ombre s'en prenne à M. Pons — ce n'est pas moi qui l'ai réveillée pour la faire remonter sur le théâtre.
Quant à dire la vérité, c'est ce que je vais faire en racontant mes relations directes et indirectes avec Sainte-Beuve — et je vais le faire avec d'autant plus de liberté, que ce que je dirai, je l'ai imprimé en 1840 et 4845, c'est-à-dire lorsque Sainte-Beuve était non seulement vivant mais jeune encore, il avait alors trente-six à quarante ans — et qu'il ne s'est pas avisé ni de démentir, ni de réfuter, ni de rectifier mes assertions.
Au mois de Juin 1810, je n'avais jamais vu Sainte- Beuve, quoique contrairement à la notice de M. Yapereau qui lui fait faire ses études au collège Char* lemagne, il les ait faites en réalité au collège Hour, bon, où j'étais élève ou même temps (pie lui, avant d'y être professeur. — Mais Sainte-Beuve avait cinq
ou six ans de plus que moi, et était en rhétorique quand j'étais en quatrième — de plus le collège Bourbon ne recevait que des externes, on ne s'y rencontrait qu'en classe et on ne connaissait que ceux de sa classe.
Je ne Pavais donc jamais vu, lorsque, le 15 juin 1840, — j'emprunte ces souvenirs précis aux Guêpes, — un domestique chinois que j'avais alors, Appollo Varaï Napombo, m'apporta la carte de Sainte-Beuve, qui me demandait un entretien. — J'allai au devant de lui, avec la formule à la fois polie et étonnée : Domine non sum dignus, etc. — Monsieur, me dit-il, je viens vous voir de la part de M. le Ministre de l'instruction publique; — Il faut dire que la veille de ce jour, une grosse et dodue muse, par laquelle M. Cousin, sacrifiant maladroitement aux Grâces, se laissait compromettre et afficher, avait, pour venger à la fois et le ministre et elle-même , de quelques plaisanteries peut-être un peu fortes, jugé à propos de venir chez moi me donner un coup de couteau. Ce couteau que j'avais saisi à temps ne m'avait fait qu'une égratignure,et je l'avais appendu sur une des parois de mon cabinet entre une foule de curiosités dont nous avions fort le goût tous en ce temps-là, avec cette inscription :
Donné par Madame L. C.
dans le dos...
Celait de cet incident que Sainte-Beuve venait me parler de la part du sensible ministère. « M. Cousin, nie dit-il, sait que lo préfet de police veut prendro
connaissance de cette malheureuse affaire, il m'a chargé de savoir de vous ce que « vous en ferez ».
— M. le préfet de police, répondis-je, a déjà envoyé ce matin — et j'ai refusé de répondre à aucune question — je n'aiderai pas, je ne permettrai peut-être pas à cette « affaire » comme vous l'appelez, de devenir sérieuse, elle restera ridicule, et je n'en compte faire absolument rien. — Monsieur, me dit Sainte-Beuve, je puis vous assurer de toute la reconnaissance de M. le ministre de l'instruction publique.
— Ali, monsieur ! repondis-je — pour vous, pour M. Cousin et pour moi — n'admettons pas qu'il y ait là matière à de la reconnaissance.» — Sainte-Beuve me quitta, — ramassa pour lui cette reconnaissance que je n'acceptais pas — alla dire au ministre, très probablement, qu'il m'avait trouvé très mal disposé, très irrité, mais enfin avait, à grande peine, réussi à m'apaiser, — par suite de quoi, le 8 août suivant, une ordonnance ministérielle le nommait conservateur de la bibliothèque Mazarine en remplacement de M. Naudet. Je constatai le fait dans les Guêpes puis je me mis à ne pas penser à Sainte-Beuve plus qu'il ne pensait à moi. J'avais remarqué seulement qu'il était vulgairement, pauvrement, ridiculement laid, traits communs, physionomie fausse et ignoble, front nu, pas chauve mais dénudé, râpé, quelques cheveux jaunes, rares, mous, éplorés, taille et corps à peine ébauchés : ce détail n'est pas inutile pour ce qui va suivre.
Quatre ans plus tard, un compositeur d'imprimerie auquel j'avais rendu je ne sais quel petit bon office, vint me trouver un malin et me dit: «On compose en
ce moment à telle imprimerie un volume de vers erotiques de M. Sainte-Beuve ; un camarade, ami de la bouteille, qui y travaille, m'en a parlé d'une façon qui a d'abord excité ma curiosité puis mon indignation ; — il y est question d'une dame non seulement clairement désignée, mais encore, nommée plusieurs fois de son petit nom, si bien que tout l'atelier l'a reconnue. Cette dame est la femme d'un homme illustre dont l'auteur des vers est l'ami. Ça ne doit se tirer qu'à cent exemplaires partagés entre des amis et des connaissances, et ça ne sera pas mis en vente ; moyennant la promesse d'un déjeûner, j'aurai demain une épreuve du volume, je vous rapporterai, et je pense que vous ferez pour empêcher cette publication, ce que l'honnêteté et votre amitié connue pour le mari et pour la femme, vous inspireront.
Par suite de quoi le numéro d'avril des Guêpes contenait les lignes qui suivent , lignes que je remercie M. Wolff de s'être rappelées et d'avoir rappelées dans le Figaro.
« Les Guêpes — Grinolkin a fait une singulière découverte ; il s'agit tout simplement d'une grande infamie que prépare dans l'ombre un poète béat et confit, un saint homme de poète1.
» Ledit poète est fort laid, il a rêvé une fois qu'il était
1. 11 était en elïet alors béat et confit — ce n'est que bien plus tard, lorsqu'ayant obtenu de l'empire tout ce qu'on en pouvait tirer — riebe, sénateur, etc. qu'il voulut se refaire une popularité en se mettant dans l'opposition et en se luisant athée, ce qui lui réussit auprès des imbéciles.
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l'amant (Tune belle et charmante femme, — pour
ceux qui connaissent les deux personnages, la chose serait vraie qu'elle n'en resterait pas moins invraisemblable et impossible. Cet affreux bonhomme ne s'est pas contenté des joies qu'il aurait usurpées, à la faveur de quelques accès de folie ou de desespoir causés par un autre ; il ne trouve pas que ce soit assez d'avoir eu ou de passer pour avoir eu une belle femme, il veut un peu la déshonorer ; sans cela ce ne serait pas un triomphe suffisant. 11 a réuni dans un volume de coït et une pages, toutes sortes de vers au moins médiocres qu'il a commis sur ces amours invraisemblables; — il a eu soin d'en faire un dossier avec pièces et preuves à l'appui, pour laisser sur la vie de cette femme, la trace luisante et visqueuse que laisse sur une rose le passage d'une limace. Non-seulement il a eu soin de relater dans ses vers toutes les circonstances de famille et d'habitudes qui ne permettent pas d'avoir le moindre doute sur la personne qu'il a voulu désigner, mais encore il l'a nommée à diverses reprises. Cette infamie s'est tirée à cent exemplaires. Ce livre de haine est appelé par l'auteur « Livre d'amour. » Il est inutile de me demander des explications sur ce queje dis ici, — j'en refuserais même à mes amis les plus intimes, — je n'en donnerai qu'à Fauteur du livre, s'il me les demande, pour que ce personnage sache bien qu'il y a un honnête homme qui le regarde et qui sait ce qu'il fait; je vais transcrire ici une des pièces du recueil, qui ne désigne personne, mais qui lui montrera à lui que j'ai son secret tout entier entre les mains. »
Et ici dans les Guêpes est transcrit le xxxe sonnet, du Livre d'amour.
Après quoi, j'ajoutais :
« Cela ne fait que raconter d'une manière laidement et vulgairement erotique, une promenade en fiacre avec une femme, mais trois pages plus loin elle est nommée. — On trouve dans ce recueil, et les jours de rendez-vous, et la maison où on se réunissait, avec le quartier et la rue ; on peut y aller tout droit, rien ne manque au dossier » etc.
Et je finissais en disant :
« J'espère deux choses — l'une que la révélation que je fais ici empêchera l'auteur de donner suite à sa vilaine et criminelle action — l'autre, et je la désire et je l'espère davantage, c'est que ces vers sont un rêve ou un mensonge — car s'il avait éprouvé l'amour dont il parle, s'il l'avait inspiré, son âme se serait assez épurée à ce feu sacré pour lui rendre impossible cette monstrueuse action — plus monstrueuse encore que je ne veux le dire dans la crainte, par certaines circonstances, de l'éclairer pour d'autres que pour lui. »
Le lendemain du jour de l'apparition les Guêpes, on vient chez moi de très bonne heure, c'est une femme essouflée, haletante, pale, aftblée — elle tombe sur un fauteuil et cache son visage dans ses mains — d'abondantes larmes cor.îent entre ses doigts.
— Ça n'est pas vrai, n'est-ce pas, lui dis-je?
Elle ne répond pas pendant quelques instants, —
puis elle me dit: — Ce livre ce livre s'imprime.
vous en êtes sûr?
Je réponds oui par un signe de tête.
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— Alors je suis perdue î
— Mais c'est impossible ! C'est un mensonge.
— Non, c'est vrai — mais à vous je veux tout vous dire, parce que — si je me jette à l'eau — je veux que quelqu'un sache et dise — que je n'étais pas une mauvaise femme, une libertine. Écoutez. — Vous savez peut-être comme nous vivions heureux, renfermés, nous avec nos beaux enfants — dans cette maison bénie où il ne venait que quelques amis. — Eh bien, depuis un an c'était bien changé : — mon mari était entré dans un monde nouveau pour lui, le théâtre, les actrices — sa jeunesse jusque là austère s'en est enivrée ; — notre ami m'apprit ce qui se passait avec les détails les plus poignants : — chaque jour il venait me raconter la journée de la veille, — chaque jour il enfonçait de nouveaux dards dans mon cœur, et les retournait ; — il me plaignait mais il me disait que tout était perdu — que jamais mon mari ne me reviendrait — qu'il était la proie d'un amour invincible, éternel — il me vantait la beauté, l'esprit, le charme de ces femmes — etil me disait : il faut vous venger.
« Me venger ! et comment? le tuer avec sa maîtresse? » Il m'expliquait une autre vengeance, je lui imposais silence avec indignation ; — mais alors il m'apportait de nouveaux détails, de nouvelles circonstances — et quand il m'avait amenée au plus haut point de la colère, il reparlait de vengeance, mais sans jamais se désigner, sans jamais manifester ni un désir, ni un espoir. Enfin un jour — qu'il me les avait fait voir ensemble, je devins folle, et je lui dis : Eh bien oui, je me vengerai ! mais je ne veux pas qu'on me croie une femme débauchée, une libertine, une femme mi-
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sérablement entraînée par d'impurs désirs et la honteuse furie des sens. Je veux qu'il soit bien clair, bien évident que je n'aurai demandé à l'adultère, à la prostitution de mon corps, d'autre plaisir que la volupté de la vengeance. — Tenez, mon ami, lui dis-je, vous n'êtes pas beau, vous le savez, on peut vous le dire sans vous offenser, vous êtes laid, très laid, — eh bien, c'est à vous que je veux me donner: ni vous, ni lui, car je le lui dirai tout de suite, ni personne ne pourra jamais croire que vous m'avez plu, que j'ai été amoureuse de vous ; — prenez-moi pour que j'aille lui dire : Je me suis vengée, et moi aussi je t'ai trompé. — Puis l'ivresse, non certes de l'amour, mais de la colère passée, il m'a fait comprendre le danger de ma résolution, de l'aveu que je voulais faire à mon mari ; il m'a effrayée du scandale pour mes fds, pour mes filles ; — et je me suis tue.
Donc ce livre existe tout le monde va lire ma
honte. Je suis sortie de la maison pour aller à la rivière, puis j'ai pensé à venir à vous : — ça n'était peut-être pas vrai ! — puis peut-être vous me donneriez un conseil
Je lui donnai le conseil d'aller trouver Sainte- Beuve, d'exiger de lui la destruction de tous les exemplaires.
— J'y vais, dit-elle en se levant brusquement.
Beaucoup ont connu cette femme avec sa beauté sereine, indifférente, froide, distraite, un peu sauvage. Seul peut-être — avec Sainte-Beuve, je l'ai vue en proie à une ardente et royale colère, — c'était
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une belle panthère noire. — Je l'avais priée instamment de revenir me dire le résultat de sa visite, et suppliée, au besoin, de disposer de moi. Elle revint au bout d'une heure.
— Tout est brûlé, me dit-elle, il m'a juré qif il n'en reste pas un exemplaire ; tout a été brûlé devant moi, et par moi. — Il y a eu plus, — j'étais résolue, et il Ta compris. « Si vous ne faites pas ce que j'exige, lui ai-je dit, je rentre chez moi ; j'appelle mon mari et mes deux frères, et je leur dis tout, je les supplie de me tuer, mais après vous avoir tué, pour que je ne meure que vengée ; — s'ils refusent, s'ils sont lâches, j'attendrai que mes deux fds soient des hommes — l'aîné a déjà vingt ans — et si je n'ai pas la force d'attendre... eh bien je prendrai un autre amant à condition qu'il vous tuera. »
Alors il a ouvert un tiroir, et m'a dit : tout est là, je le jure... Et j'ai tout brûlé moi-même, et je ne suis partie que lorsqu'il n'y a plus eu que des cendres....
Elle dut croire — je crus presque moi-même qu'il avait dit la vérité.
Et voilà que « l'homme de lettres » déjà nommé, apporte la preuve que Sainte-Beuve avait honteusement menti ; de plus, par d'odieux commentaires, il vient détruire tout doute possible sur l'identité de la malheureuse héroïne de ce misérable « Livre d'amour ».
Les frères de celle femme sont morts ; il ne reste plus qu'un illustre vieillard qui a publié de si obstinées, de si grosses, de si retentissantes phrases contre la peine de mort, qu'il n'oserait ou ne voudrait
pas l'appliquer, même au moyen du bâton — mais comme il est, malgré certaines divagations, une des gloires de la France, c'est un devoir pour tout homme qui porte dignement une plume, de le défendre et de le venger.