LA TOI R DE BABEL ET LE <:\' LOPE
tient un on réserve, le soin d'éteindre l'incendie, tandis que la pauvre petite allumette s'éteindra d'ellemême dans le coin où elle se sera blottie ou aura été jetée.
Mais revenons aux autres prophètes et à leurs menaces. iVavons-nous pas les assemblées de Javel et un autre Alphonse , Alphonse Humbert, idole du peuple comme Ta été Alphonse de Lamartine en 1848, ce qui peut donner, d'un Alphonse à l'autre, la mesure de la légèreté de ce peuple libertin qui n'éprouve jamais d'amour, mais seulement se plaît aux passades.
Vers la fin de la royauté de juillet, se manifestait déjà la sympathie et l'admiration pour les repris de justice. La popularité s'attachait à ceux qui avaient reçu ce qu'on appelait alors modestement « le baptême de la police correctionnelle ». Le peuple, du moins cette fraction du pays qui usurpe le nom de peuple, est blasé et devenu plus exigeant : il exige aujourd'hui de ses chefs, de ses maîtres « le baptême du bagne ».
Aussi le parti se prononça-t-il pour l'abolition de la peine de mort, abolition qui lui conserverait des sujets précieux appelés à hériter de sa confiance lorsque, les forçats usés, démodés, il exigera des condamnés à mort.
Isaïe, Jérémie, Michée, Habacuc n'ont jamais exprimé aussi clairement leurs menaces au peuple juif que les soi disant démocrates, socialistes, etc. , au peuple français, depuis ce gamin sinistre, feu Esquiros, qui écrivait : « Ceux qui reculent devant les conséquences des idées dr 80 nous semblent des es-
prits faibles ; la Révolution n'est pas seulement un événement, c'est une moisson ; » et qui en conséquence fut nommé préfet de Marseille. « Au moissonneur, il faut une faulx ; à la Révolution française, il faut la terreur. » (Esquiros, les Montagnards) ; — jusqu'au citoyen Humbert, qui s'est « posé » admirateur, imitateur, héritier et successeur du père Duchêne, le citoyen Hébert, dont il porte quasiment le nom et dont il obtient la popularité.
N'entendez-vous pas, au retour des condamnés amnistiés, et dans les réunions électorales, ces cris de : Vive la Commune ! c'est-à-dire : Vive l'incendie ! Vive le pillage ! Vive l'assassinat !
Que pensent de cette situation ces soi-disant hommes politiques, ces soi-disant conservateurs, qui se sont affiliés au parti républicain, les uns par une aveugle, puérile et impuissante ambition, les autres par peur et couardise ? Commencent-ils à voir clair ? Comprennent-ils que leur complicité ruine la France et ne les sauvera pas ? J'ai lu cette nuit leur histoiredans Homère :
« Le cyclope, dit Ulysse, mangeait régulièrement par jour deux de mes compagnons, j'essayai de l'attendrir par des paroles et par un vin exquis, présent d'un prêtre d'Appollon, que je lui présentai. Le cyclope le but avec plaisir, en demanda encore, puis encore, et, d'une voix adoucie : Dis-moi ton nom pour que j'accomplisse envers toi les devoirs de l'hospitalité, mais donne-moi le reste de ton vin.
» Je lui ai donné le reste de mon vin et lui rappelai sa promesse de me traiter en hôte et ami. »
» — Je t'ai promis une récompense, me dit-il, et je