‹ Au sortir de l'école: les patronages: aree une lettre-préface de S. Ém le Cardinal LecotChapitre 103 sur 143 · I. Cf p. ^5, note i · texte numérisé non relu

I. Cf p. ^5, note i

a. Le texte in extenso de ce rapport est publié dans le Compte rendu de la Journée des Patronages, On lira également avec fruit le très remarquable rapport de M. Pabbé Ackermann sur l'enseigne* ment projessionnel dans les patronages.

dence exagérée, de ne point lui apprendre comment il doit um de cette liberté pour lui-même et pour les atitres.

« Longtemps, beaucoup de directeurs et de confrères ont pensé que la piété devait suffire à tout, et nous avons vu parfois des doctrines subversives cohabiter chez quelques jeunes gens sortis des œuvres avec les pratiques religieuses les plus régulières. D'autres ont préféré la conspiration du silence autour d'idées si souvent grosses de difficultés, estimant que l'atmosphère pure de Tœuvre contrebalançait dans l'esprit des jeunes gens le bruit des discussions d'atelier et l'effet des lectures hasardées. Déplorable illusion! L'esprit a besoin d'être éclairé, et l'ignorance laisse le champ libre à l'ennemi pour y semer l'erreur. »

Les DIFFERENTES FORMES DE CET ENSEIGNEMENT SOCIAL. —

Conférences et cercles d'études sociales

« ... La forme sous laquelle peut être donné l'enseignement civique et social dans un patronage doit varier avec l'âge des enfants. Et la nécessité d'entretenir plus ou moins tôt les enfants de ces questions dépend avant tout du milieu où ils se trouvent. Inutile à la campagne avant l'âge adulte, cet enseignement peut être indispensable dans un pays industriel, dès le catéchisme de persévérance, avant même l'entrée à l'atelier. Ici, comme partout, en matière de patronage, on ne saurait indiquer un usage général.

«... Jadis on pensait que des conférences faites de temps à autre, avec talent et compétence, par des confrères zélés, sur un point choisi des grands problèmes qui agitent le monde du travail, étaient un enseignement suffisant. Loin

l'enseignement social '^t)0

5 moi, Messieurs, la pensée de nier l'influence excellente t les services très appréciés que les conférenciers rendent ;haque jour à nos œuvres, en venant y traiter ces questions ! Encore faut-il qu'elles soient mises à la portée de l'auditoire, et que, tout en étant théoriques, elles entrent dans les détails de l'application. Ces conditions remplies, est-ce là, cependant, un enseignement qui puisse suffire ? Si l'esprit des jeunes gens est tant soit peu prévenu, par suite de conversations ou de lectures antérieures, le conférencier ne semble-t-il pas faire un plaidoyer pro domot Et puis, comment pouvez-vous être assuré d'avoir pleinement convaincu vos auditeurs, quand ils n'ont point la faculté de vous poser leurs objections? Beaucoup de directeurs d'œuvres ont jugé la question. Pour eux, les conférences sociales sont utiles, indispensables même ; faites par des hommes compétents et connaissant la vie ouvrière, elles rendent aux œuvres de signalés services, elles frayent la route, ouvrent les horizons, préparent les esprits, mais elles ne sauraient suffire à donner la formation sociale. Il fallait donc chercher autre chose.

« Voici comment, dans un grand nombre de villes, la question est résolue. On organise parmi les plus grands de l'œuvre, soigneusement choisis, un groupe d'études sociales.

Toujours, au début, deux objectifs sont proposés aux jeunes gens :

lo Exposer les difficultés de tout genre qu'ils ont à surmonter dans leur profession, difficultés provenant de leu situation en tant que catholiques vis-à-vis de leurs contn maîtres ou de leurs patrons, difficultés dans l'accompliss ment de leurs devoirs religieux, etc.

2o Exposer les objections qu'ils entendent soulever autour d'eux, soit au travail, soit dans leurs relations.

Le directeur ou le confrère chargé du groupe s'efforce de ne point répondre lui-même à ces objections, mais d'y faire répondre les jeunes gens.

Une fois le cycle de ces objections épuisé, naturellement l'étude va plus loin et l'on se met à discuter les fameuses questions du salaire, des heures de travail et autres, qui sont la cause ordinaire des différends entre patrons et ouvriers. Ces groupes deviennent ainsi de véritables cercles d'études sociales, dans lesquelles confrères et ouvriers opèrent, mieux que partout ailleurs, le rapprochement des classes, en discutant ensemble des questions qui touchent aux intérêts des uns et des autres. Ils apprennent ainsi à mieux connaître leurs besoins réciproques, ils apprécient plus justement leurs situations respectives; le jugement de chacun y gagne en maturité. »

Pour éviter tout danger, il faut que le directeur, le prêtre ou le confrère chargé de la direction ait une préparation théorique sérieuse et aussi une connaissance pratique des milieux ouvriers et de l'organisation industrielle ^.

I. Nous ne pouvons donner sur ce sujet des indications bibUo* graphiques complètes : ceci nous entraînerait trop loin et sortirait du cadre de notre étude. Mais il nous suffira de citer quelques revues et ouvrages qui, dans la personne de leurs directeurs ou auteurs, ont été loués par le Vatican : ces éloges sont, au milieu des présentes discussions d'écoles^ une garantie pour les catholiques désireux de suivre les directions pontificales. Parmi les revues sociales, outre les deux revues italiennes hautement autorisées comme la Itiçista internazionale cU Scienze socialiy qui paraît sous les auspices du Vatican, et la Ciçiltà cattolica, qui publie des études du R. P. Liberatore, de la Compagnie de Jésus, nous citerons V Association catholique (Rondelet, éditeur, Paris) ; la Corporation (I, rue Martignac, Paris) ; la Justice sociale (149, rue de Ren-

l'ensbigneuent social 267

«... Il n'y a pas longtemps que les patronages ont ainsi fondé des cercles d'études sociales pour leurs grands jeunes gens, soit au sein même de l'œuvre, soit au dehors. Il en existe aujourd'hui au moins une centaine : ils se sont multipliés principalement dans les centres industriels, dans la région du Nord. »

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