I. Cf. Patronage^ avrU 1897, p. S
d'épargne et une petite bibliothèque circulante. Il réunit les parents des enfants dans une grande salle, fit une conférence avec projections sur Jeanne d'Arc, et termina par un petit discours où, sans forcer personne à entrer dans ses vues, il proposa la fondation de cette caisse de décès. Une quinzaine seulement de parents acceptèrent d'en faire partie. La cotisation fut fixée à 1 franc. Un an se passa sans décès, et sans que la caisse pût, en quelque sorte, fonctionner. Au bout d'une année, jour pour jour, un décès se produisit parmi les souscripteurs. La famille du décédé devait donc toucher 15 francs. C'était peu, et M. le vicaire désespérait déjà de l'avenir de cette institution. Il eut alors l'idée d'aller trouver un propriétaire voisin, lui expliqua le fonctionnement de son œuvre et lui demanda une petite souscription chaque fois que la mort viendrait faire une victime parmi ses syndiqués. Le brave homme versa immédiatement sa première aumône de 20 francs.
c< Le dimanche suivant, M. le vicaire avait cinq demandes en plus, et, un mois après, le nombre des adhérents à la caisse était de trente, tous pères ou mères d'enfants du patronage. La famille dans laquelle se produira le prochain décès recevra donc 50 francs, ce qui est une petite somme à la campagne.
« Depuis lors, quinze familles nouvelles ont sollicité l'admission de leurs enfants au patronage. Toutes surveillent leur assiduité d'une façon rigoureuse. »
LES MUTUALirés SCOLAIRES 279
LES MUTUALITÉS SCOLAIRES
l'organisation des « PETITES GAVÉ »
Nous avons indiqué plus haut* les résultats obtenus par les mutualités scolaires. Nous empruntons à M. J.-G. Gavé*, qui a été le promoteur de ces mutualités d'enfants, des détails sur l'organisation de ces sociétés.
Ce qui permet à ces mutualités d'assurer à leurs membres une retraite, tout en leur distribuant des secours de maladie, c'est ce fait qu'elles prennent les sociétaires dès le plus bas âge : beaucoup d'enfants sont, en effet, inscrits alors qu'ils sont encore aux écoles maternelles, c'est-à-dire dès trois ans. On voit donc que les versements hebdomadaires de 10 centimes ou annuels de 5 fr. 20 commencent de bonne heure.
De cette somme, dit M. Gavé, nous faisons deux parts égales. Nous déposons la première sur un livret de retraite personnel qui reste la propriété de l'emfant et de sa famille, en cas de décès. L'autre moitié, a fr. 60, attribuée à la mutualité, n*est pas complètement absorbée par les frais d'administration et de maladie. Nos enfants ne fournissent, en général, que deux jours et demi ou trois jours de maladie par an, pour lesquels nous payons en moyenne i fr. ao ou I fr. â5 d'indemnité. Nous déposons l'excédent, environ I fr. 3o, à la Caisse des retraites, et l'État, très généreux pour les mutualistes, ajoute i franc par tête de sociétaire à la somme que nous versons, plus un quart de cette somme.