LE PLACEMENT EN APPRENTISSAGE
La question du placement en apprentissage est une des plus importantes parmi celles que doit se poser un directeur de patronage.
Il n'est pas besoin de longtemps réfléchir pour en apprécier la portée religieuse, morale et même matérielle : le jeune homme, dans son atelier ou dans son bureau, travaille-t-il le dimanche ? entre-t-U dans un milieu particulièrement immoral ? On voit toutes les conséquences que ce fait peut entraîner.
Cette question du placement en apprentissage a été très
discutée au congrès des œnvres de Jeunesse tenu à Paris en 1896 : elle avait fait l'objet d'un questionnaire spécial.
Voici le résumé du rapport qui fut présenté sur ce sujet par un des membres de la Commission des Patronages * ; il pourra fournir aux hommes d'oeuvres quelques utiles indications.
Nous avons été frappé, en lisant les réponses envoyées au congrès, de voir cette question du placement en apprentissage peu en honneur : 25 patronages seulement sur 100 s'en préoccupent. — Encore, sur ces 25, un ne donne-t-il que des conseils et d'autres bénéficient-ils de situations exceptionnelles ; l'un est annexé à l'usine dans laquelle tous ses membres travaillent, un autre se trouve à proximité d'une imprimerie religieuse qui occupe le plus grand nombre de ses enfants.
Restent donc 22 0/0 seulement s'occupant activement, et dans les conditions normales, du placement en apprentissage. De l'avis de tous les maîtres en patronage, c'est trop peu.
Presque partout, c'est le directeur qui s'occupe du placement ; mais nous voyons quelquefois ce soin dévolu à un conseil spécial, à une société de compagnonnage ou à la conférence de Saint-Vincent-de-Paul locale.
Pour être juste, il faut ajouter que ce petit nombre d'œuvres semble s'occuper très activement de la question et avec beaucoup de succès. Dans Tune, une bonne moitié des enfants est placée par le patronage; d'autres font de fréquentes visites dans les ateliers, ici on signale 25 placements faits dans l'année, là 60 et 62 dans le même temps.