‹ Au sortir de l'école: les patronages: aree une lettre-préface de S. Ém le Cardinal LecotChapitre 117 sur 143 · I. Cf. le Patronage, aTril i8g · texte numérisé non relu

I. Cf. le Patronage, aTril i8g

^ l'apprentissage 30!

Il est vrai que ces chiffres sont de Paris ; mais ce patronage de gros bourg qui, dans son année, a effectué 10 placements, n'a-t-il pas, lui aussi, bien travaillé ?

Fréquemment on fait usage de contrats écrits.

Le patron, ou plutôt encore les parents de l'apprenti, n'ont pas toujours le respect de la parole donnée, qui sufiRt cependant pour engager après les deux mois d'essai aux termes de la loi. Ce qui est écrit ne peut être matière à contestation. — Le contrat a encore l'avantage de préciser des points que la loi ne règle pas : durée du travail, heures, salaire, temps employé aux courses, etc.

Les expositions sont un moyen excellent d'encourager lès apprentis et les jeunes ouvriers, et aussi d'intéresser à leur travail leurs parents et leurs patrons. Longtemps, celle de Paris, seule, organisée pour les patronages de la société de Saint-Vincent-de-Paul, a existé; aujourd'hui nous voyons avec plaisir le mouvement s'étendre en province. Il n'est possible que dans les grands centres possédant plusieurs patronages, et trois grandes villes, l'une à l'Est, l'autre à l'Ouest, l'autre au Midi, ont déjà organisé des expositions. Leur exemple sera bientôt suivi ailleurs.

Voici, pour compléter le sujet, quelques données sur le rôle que joue le plus souvent à Paris le patronage, dans la question du placement en apprentissage.

1° Qui placer ?

Le patronage se charge de placer les meilleurs de ses enfants : réguliers, obéissants, etc., et non pas tous. Si les enfants placés étaient les premiers venus, aussi bien vaudrait pour le patron prendre le premier qui se présenterait.

30? ORGAMISATION DES PATRONAGES

On ne doit donner que de bons apprentis ; c'est une question de conscience et le meilleur moyen de constituer une sérieuse clientèle de patrons.

2o Où placer ?

Le choix des métiers est une question importante : un ban métier est celui qui permet de gagner honorablement sa vie et de vivre chrétiennement. Il faut donc des métiers sérieux dans lesquels on ne travaille pas le dimanche.

En général, les métiers qui ont le plus long apprentissage sont les meilleurs ; ils sont les plus difficiles, le premier venu ne peut les exercer; il y a moins d'ouvriers, par suite moins de chômage à redouter, double sécurité.

Mais quelquefois la famille ne peut accepter un long apprenlissage, le gain de Tenfant est nécessaire ; on sera obligé de le placer dans des petits métiers qui ne donneront jamais qu'un gain inférieur.

Un autre obstacle à éviter est celui de la spécialisation trop grande du métier ; si le travail manque, si la mode change^ l'ouvrier ne saura que faire.

30 Choix de l'apprenti

Il faut beaucoup tenir compte de la personne de l'apprenti, de ses dispositions physiques et morales : vue, force, taille ; tel aura du goût pour le travail sédentaire, tel autre sera toujours en mouvement; tel sera sujet à l'entraînement rie tous les exemples, tel autre aura une grande force de caractère.

40 Contrat

Le contrat est, de l'avis de certains, nécessaire partout

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où il est possible, pour les apprentissages un peu longs, grâce aux raisons données plus haut et à cause de Tintervention du président ou directeur du patronage.

Mais, sur ce point de détail, signalons la divergence des opinions. L'un des directeurs de Paris les plus compétents au point de vue professionnel préfère le contrat moral, c'est-à-dire verbal.

Dans plusieurs patronages, à Paris, le directeur intervient au contrat, sans y être partie, mais pour faire respecter, le cas échéant, les clauses du contrat et en surveiller l'exécution. Son rôle, à ce point de vue, est bien précisé dans les termes du contrat môme.

Le devoiç du directeur est donc de tenir la balance égale entre le patron et l'apprenti, de ne pas laisser se produire des prétentions du patron pour le travail du dimanche, les conditions de salaire, etc. ; mais aussi de n'avoir pas de faiblesse coupable pour l'apprenti, de veiller impartialement à l'accomplissement des conditions écrites. . Est-il utile d'ajouter que ce rôle de surveillance et de conciliation nécessite beaucoup de démarches et de soucis : visites à l'atelier*, entrevues avec les parents, etc., etc.?

En vue d'assurer cette surveillance sur l'apprenti, on a créé le livret d'apprentissage, sur lequel, chaque semaine, le patron inscrit son appréciation de la régularité, tenue, politesse, travail, etc., de l'apprenti. Le directeur du patronage et les parents de l'enfant ont ainsi un contrôle

I. Poar faire utilement ces visites, on pourra consulter le Vademeeam da viaitear des apprentis (édité par la société de Saint- Vincent-de-Paul). Nous en donnons plus loin quelques extraits.

sérieux de sa conduite et de son travail à l'atelier. Dans presque tous les patronages où Ton s'occupe de placement, il existe des livrets.

Au cours de la discussion sur le placement en apprentissage, plusieurs membres du congrès des œuvres de jeunesse exprimèrent le désir de voir se fonder un bureau de placement pour les patronages parisiens.

Ce désir vient de recevoir satisfaction, et nous publions à ce sujet la note qu*a bien voulu nous communiquer M.. le chanoine F. Maffre sur V Œuvre du pincement en apprentissage au profit des patronages catholiques de Paris,

Au mois de janvier 1897, plusieurs directeurs de patronages, surtout des patronages paroissiaux pour les enfants des écoles laïques, préoccupés de la grave question du placement en apprentissage de leurs enfants et jeunes gens, se sont mis en rapport sur l'initiative de l'un d'entre eux.

Le résultat de leurs réflexions a été qu'il y avait lieu de constituer ensemble une union, toujours ouverte à de nouveaux adhérents, si je pouvais m'expriraer ainsi, un syndicat d'œuvres de jeunesse^ en vue de s'aider mutuellement à placer leurs apprentis et jeunes ouvriers dans des maisons honnêtes et offrant toutes garanties professionnelles. Ils ont pensé qu'ils rendraient ainsi en môme temps un service appréciable aux patrons sérieux, et que, bien dirigée, une œuvre de ce genre pouvait avoir une véritable portée sociale.

Le fonctionnement est très simple.

Un des directeurs adhérents, M. Fraenzel, du patronage Saint-Gervais, 68, rue François-Miron, a accepté les fonc-

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lions de secrétaire, et une salle de son patronage est le centre de l'œuvre.

Les directeurs adhérents ou leurs représentants se réunissent une fois par mois au centre de l'œuvre, et Ton se communique les offres et demandes d'emploi auxquelles chaque patronage n'a pu satisfaire au moyen de sa clientèle ordinaire d'enfants et de patrons. Il arrive souvent que, par cette communication de renseignements, on peut arriver à faire des placements qui autrement eussent été impossibles.

Le reste de la séance est consacré à l'étude des questions générales qui intéressent le travail des enfants et des jeunes ouvriers : Conditions morales et matérielles des ateliers, salaires des apprentis, connaissances utiles à posséder selon les différents métiers, quels sont les bons et les mauvais métiers, etc.

Le travail particulier du secrétariat est de tâcher de développer la clientèle des patrons en cherchant à entrer en relation avec des maisons non encore en rapport avec les œuvres adhérentes. A ce point de vue, l'Union fraternelle, ôi intelligemment dirigée par M. Hyacinthe Le Franc, qui a bien voulu mettre sa publicité à la disposition de l'Œuvre du placement, lui a déjà rendu les plus grands services.

Il est convenu que les frais de direction de l'œuvre seront répartis au prorata, à la fin de chaque année, entre les œuvres adhérentes.

Les œuvres adhérentes sont jusqu'ici : Saint-Joseph-des- Ghamps (Plaisance), — le patronage de la rue Championnet, — le patronage paroissial de Saint-Sulpice, — le pa-

306 ORGANISATION DBS PATHONAGfiS

trooage de Saint-Louis-en-rile, — le patronage de Gentiily, — la maison de famille Sainte-Anne, etc.

D'autres œuvres sont entrées en pourparlers et entreront probablement bientôt dans l'Union.

Nous recevons de M. le chanoine P. Maffre communication de la lettre suivante, datée du 17 novembre 1897 et adressée à tons les directeurs de patronages catholiques de Paris.

Notre chère œuvre aura bientôt une année d'existence et Dieu semble l'avoir bénie. Elle a déjà fait un peu de bien, mais nous avons le devoir de chercher à lui en faire produire davantage. C'est en se plaçant à ce point de vue que le conseil, dans sa séance en date du 9 novembre courant, a cru devoir prendre d'importantes décisions. Je m'empresse de vous les communiquer.

\o Sans rien changer à notre constitution, sans rien perdre de notre autonomie, nous acceptons les offres de fraternelle alliance émanées de la Commission des Patronages. Nous faisons donc partie désormais du groupe d'œuvres unies entre elles par ladite Commission des Patronages.

2o C'est dans le local de la Commtssion des Patronages^ rue Coè'tlogon, 7, que se trouve désormais notre siège social. C'est là que sont transportées nos archives, qu'auront lieu nos séances, que notre secrétaire se tiendra à la disposition de MM. les directeurs d'œuvres et patrons deux fois par semaine : le lundi, de 4 h. à 5 h,; le vendredi, de 4 h. à â h.

30 Le comptable de la Commission des Patronages sera tous les jours (excepté les dimanches et fêtes), de 8 h. à 9 h. du matin et de 5 h. à 7 h. du soir, au service des membres de notre œuvre pour les renseigner sur l'état des offres

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et demandes d'emploi, et recevoir leurs propres communications.

40 Chaque semaine, une petite feuille sera adressée à tou^ les membres de notre œuvre. Ils seront ainsi toujours tenus 'au courant des offres et demandes qui peuvent les intéresser.

50 En exécution de plusieurs délibérations antérieures et pour subvenir aux frais généraux de l'œuvre, le conseil fixe, jusqu'à nouvel ordre, la cotisation annuelle de chacune des œuvres adhérentes à iO francs par an, à partir du 1er janvier 1898.

Veuillez agréer. Monsieur et cher confrère, l'expression de mon respectueux dévouement en Notre-Seigneur.

Le président :

Félix Maffre, pr.,

Ch. de Notre-Dame de Paris,

Cette lettre était accompagnée de la note et du règlement suivants :

L'Œuvre du placement est ouverte à tous les patronages catholiques. Pour en faire partie, il suffît d'envoyer son adhésion à M. le chanoine Maffre, président, et de s'engager à observer le règlement de l'œuvre.

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