CAUSES DU DÉVELOPPEMENT DES PATRONAGES
vouloir être complètement autonome, elle eut un local particulier et un Bulletin spécial*. Puis, non contente de servir de lien entre les confrères des divers patronages de Paris dont elle assurait le recrutement, elle songea à essaimer en province — et c'est peut-être hors de la capitale que son action a été le plus efficace : en trois ou quatre ans, elle a établi des commissions provinciales à Tours, Bordeaux, Orléans, Angers, Poitiers, Lille, Mancy, Nantes et Le Mans*, et ces commissions sont devenues, à leur tour, des centres de propagande et de recrutement, aidant à la création de nouveaux patronages et, soutenant les œuvres anciennement fondées.
Les « jeunes » ne se contentèrent pas d'avoir leur Commission, qui d'ailleurs travaille en excellents termes avec le « Conseil des Patronages de la Société de Saint- Vincentde-Paul », ils voulurent avoir, eux aussi, leurs congrès. Et les 1er, 2 et 3 août 1895, se réunissait à Bordeaux la première de ces assemblées, sous le haut patronage du Cardinal Lecot, qui sait, avec le regard sagace d'un homme de gouvernement et l'âme généreuse d'un apôtre, discerner et encourager toutes les légitimes initiatives.
Durant ces trois journées de discussion, on passa en revue les principales œuvres de jeunesse, et naturellement les patronages occupèrent longuement les congressistes :
I. Ce Bulletin mensuel, qui s'appelle aujourd'hui Le Patronage (Gaume et G'*, éditeurs, Paris), et qui est dans sa septième année, fournit les plus utiles renseignements aux directeurs et confrères d'oeuvres de jeunesse.
a. La Commission des Patronages^ sa situation présente^ son açenir, rapport présenté par la Gommission des Patronages à la cinquième commission des œuvres de jeunesse de VAssemblée des catholiques de Paris de 1891.
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bien des idées furent lancées, bien des critiques formulées, bien des réformes proposées'. Ces mêmes idées, ces mêmes critiques, ces mêmes réformes furent de nouveau exposées et critiquées au second congrès des œuvres de jeunesse qui s'est tenu à Paris les 26, 27 et 28 m^s 1896 V Un comité a été nommé pour préparer les congrès suivants, où seront continués ces mêmes débats; le premier de ces congrès a été réuni à Marseille au mois de mars 1897. Enfin, le 2 juin tle cette même année, à l'Institut Catholique de Paris, la Commission des Patronages organisait, avec un plein succès, ce qu'elle a nommé la « Journée des Patronages », au cours de laquelle ont été examinées les questions si actuelles de la formation sociale et professionnelle dans les œuvres de jeunesse*. Les « jeunes » paraissent donc décidés à faire triompher « leurs idées » — qui ne sont, en dernière analyse, que l'adaptation aux modernes conditions de l'apostolat d'idées déjà anciennes, ou plus exactement d'idées de tous les temps.
Ce sont ces idées qu'il nous reste à indiquer. Elles nous paraissent généralement justes, et nous souhaitons les voir bientôt appliquées — avec la modération et le tact indispenbles à toute réforme féconde.
I. Le compte rendu analytique de ce congrèB a été publié sous ce titre : Congrè9 des oeuvres de Jeunesse tenu à Bordeaux, les i", a et 3 août 1895 ; Bordeaux, impriinerie administrative Ragot,
a. Le compte rendu officiel de ce congrès n'a pas été publié par la commission d'initiative. On trouvera le texte des vœux adoptés et le résumé des discours et discussions dans le Monde et dans VUniçers (a^ au 3o mars i8g6).
3. Cf. Journée des Patronages : compte rendu des réunions d'études et de travail tenues le a juin 1897 à l'Institut Catholique ; au siège de la Commission des Patronages, 74i rue de Vaugirard.