‹ Au sortir de l'école: les patronages: aree une lettre-préface de S. Ém le Cardinal LecotChapitre 44 sur 143 · FORMES DE PATRONAGE · texte numérisé non relu

FORMES DE PATRONAGE

Après la guerre et la Gommune, l'œuvre des patronages de jeunes filles continue à se développer, ainsi qu'en font foi les divers rapports de M. de Melun. En 1873, elle fut, conjointement avec l'œuvre des apprentis, reconnue d'utilité publique. Aussi, M«' d'Hulst, qui, durant plusieurs années, fut chargé de la direction spirituelle, a-t-il pu dire que, jusqu'en 1878, la marche de l'œuvre fut « régulière et relativement facile ».

Avec cette année 1878, qui marque, à Paris, les premières laïcisations en masse, devait commencer, au moins pour les patronages de la capitale, une phase nouvelle.

Jusqu'alors, les associations de persévérance s'étaient adressées aux élèves et anciennes élèves des Sœurs. Mais le conseil municipal de Paris, anticipant sur la future loi scolaire, chassa les maîtres et les maîtresses congréganistes des diverses écoles communales. Les catholiques eurent donc alors à créer des œuvres réparatrices : c'est de cette époque que datent, croyons-nous, les premiers patronages « dirigés par des personnes séculières et réunissant

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surtout les jeunes filles qui ont fait leurs classes dans les écoles laïques ».

Nous emprunterons à l'un des rapports de M»' d'HuIst le récit de ces fondations* : nous ne pourrions trouver un historien plus compétent.

Après avoir rappelé les laïcisations arbitraires de 1878, Mgr d*Hulst continue en ces termes : « Le coup était violent. L'œuvre du patronage en ressentit le contre-coup. La nécessité de créer partout à la fois des écoles libres allait faire peser sur le budget de la charité un impôt absolument nouveau et vraiment formidable... La recette de l'œuvre du patronage en fut quelque peu diminuée, mais surtout les lieux de réunion manquèrent subitement, Les patronages des Sœurs ne pouvaient plus se réunir dans les préaux des écoles laïcisées ; ils ne pouvaient pas se réunir encore dans les nouvelles écoles libres, en voie de construction ou d'aménagement. Les patronages de dames éprouvaient plus sensiblement encore le môme embarras ; en outre, ils étaient atteints dans leur recrutement ; les élèves des écoles laïques échappaient à l'action, quelquefois aux recherches des dames palronnesses... Mal préparées à la première communion, ou même laissées en dehors de toute instruction religieuse, depuis que les maîtresses n'avaient plus le droit de suppléer à la négligence des parents, ces pauvres enfants passaient de l'école à l'apprentissage sans qu'on pût savoir où les prendre, sans qu'on connût leurs noms, sans qu'on eût un moyen d'entrer en relations avec elles.

I. Rapport la à rassemblée générale des dames palronnesses de Vœuçre du patronage des jeunes ouvrières, le i*** mai i885, par M^ d'Hnlst, directear de Tœuvre. Paris, F. Levé, imprimeur, i885.

L'avenir s'annonçait ainsi plein de menaces, et les années 1879 et 1880 furent remplies de ces tristes présages. »

Du mal lui-môme devait sortir le remède.

Privés de leurs asiles ordinaires, les patronages se réunirent où ils purent, ici dans la maison de secours tenue par les Sœurs, là dans un sous-sol ou dans une soupente loués pour la circonstance, ailleurs dans le jardin du presbytère ou dans l'appartement d'une patronnesse. « Je connais une de ces dames, disait Mgr d'Hulst, qui a consenti pendant un an à prêter sa salle à manger. Il y a loin de ces locaux improvisés aux belles installations d'autrefois. On est entassé, on manque d'epace, d'air et de jour ; dès que vient la mauvaise saison, on ne peut plus remuer. Cependant l'assiduité des jeunes filles ne diminue pas. Elles sentent le dévouement qu'on leur prodigue, elles rougiraient de le rendre inutile. Peu à peu les écoles libres s'installent, les patronages des Sœurs y reprennent droit de cité. Les patronages laïques cherchent fortune ailleurs et la trouvent. Quelquefois les anciennes élèves des écoles laïques se réunissent chez les Sœurs. Jadis on ne l'eût pas cru possible, mais les temps sont changés et les bonnes volontés aplanissent tous les obstacles. »

Et M^f d'Hulst ajoute : « Alors on voit un spectacle inattendu. Témoins des difficultés qu'il a fallu surmonter pour leur conserver le bienfait du patronage, ûos jeunes filles entreprennent d'attaquer l'ennemi corps à corps. C'est à «peine s'il est nécessaire de leur en suggérer les moyens : plus d'une fois c'est d'elles que partira l'initiative... Quels sont les maux qui résultent de la situation nouvelle? Avant tout, c'est la suppression de l'instruction religieuse dans les

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