‹ Au sortir de l'école: les patronages: aree une lettre-préface de S. Ém le Cardinal LecotChapitre 45 sur 143 · APRÈS LA LAÏCISATION · texte numérisé non relu

APRÈS LA LAÏCISATION

écoles laïques. Nos jeunes ouvrières Tont compris, et les voici qui s'offrent pour le ministère de catéchistes. Mais comment saisir ces enfants dont les noms ne sont plus transmis comme autrefois par les maltresses aux prêtres de la paroisse ? Qu'à cela ne tienne ! L'apostolat, c'est la chasse aux âmes, et voilà les jeunes filles du patronage parties avec entrain pour cette chasse. Elles rencontrent les enfants dans la rue, sur l'escalier de leurs maisons, elles vont les attendre à la sortie des écoles ; elles les amènent au catéchisme au jour marqué, les instruisent et les préparent. Mais le dimanche ces petites abandonnées ne seront pas conduites à la messe ? On y a pensé, et, tandis que plusieurs ouvrières vont les racoler un peu partout, en voici une qui s'installe dans l'église à la place qu'occupait autrefois la maîtresse de leur école, qui les groupe autour d'elle et les surveille. Il y a tel patronage où ce zèle devient contagieux. L'émulation est si grande qu'il faut tirer au sort les noms de celles qui sacrifieront leur dimanche, leur seul jour de loisir et de repos, à ces fonctions de dévouement... La nature humaine est ainsi faite : on aime bien plus en raison de ce qu'on donne qu'en raison de ce qu'on reçoit. Du jour ou nos patronnées se furent faites les ouvrières du bien, elles surent mieux que jamais recueillir pour elles-mêmes les avantages qu'elles procuraient aux autres. L'assiduité augmenta ; plusieurs patronages s'accrurent en nombre, beaucoup gagnèrent en régularité... » Et, chose digne de mention, plusieurs de ces patronnées conçurent l'idée hardie de fonder elles-mêmes une œuvre de persévérance : nous en avons un bel exemple dans le très florissant patronage Saint-Joseph de Plaisance,

qui est dû en grande partie à Tiiiitiative d'une jeune fille ayant appartenu au patronage Saint-François-Xavier *.

Ce sont ces œuvres, s'adressant spécialement aux élèves et anciennes élèves des écoles laïques, qu'il nous reste à étudier dans leur fonctionnement.

I. M. l'abbé Schœffer racontait récemment dans une assemblée de dames patronnesses, présidée par M. le chanoine Martin de Gibergnes, ces origines de l'œuvre dont il est le très dévoué et très intelligent aumônier : c Le patronage Saint-Joseph de Plaisance, spécialement destiné aux jeunes filles des écoles communales, a eu, comme la plupart des œuvres que Dieu semble bénir, des origines modestes et des commencements difficiles. C'était à l'époque, il vous en souvient, Monsieur le chanoine, où vous dirigiez, tout Jeune vicaire, le patronage de jeunes filles de Saint-François-Xavier. Une enfant de Plaisance dont le nom se confond avec celui de notre œuvre, poussée par le désir de se dévouer à quelque noble entreprise, vint se mettre à votre école. Tous les dimanches, elle amenait à votre patronage quelques jeunes filles des écoles communales, recrutées dans sa paroisse. Or, à ce moment même, un autre jeune vicaire, M. l'abbé Soulange, le populaire apôtre du quartier de la porte de Vanves, y jetait les fondements d'un patronage de garçons. L'idée vint naturellement de faire pour les filles ce que l'on avait fait pour les garçons. M. Bouche, alors curé de Plaisance, l'encouragea, des pourparlers furent engagés avec M. l'abbé de Gibergues, et voUà comment le 25 avril 1887, le jour de Pâques, M"« Lefébure quittait le patronage Saint-François-Xavier pour fonder à Plaisance ime œuvre analogue. » Plusieurs patronages ont eu semblable origine.

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