‹ Au sortir de l'école: les patronages: aree une lettre-préface de S. Ém le Cardinal LecotChapitre 46 sur 143 · LA FONDATION DES PATRONAGES LAÏQUES · texte numérisé non relu

LA FONDATION DES PATRONAGES LAÏQUES

Les patronages chrétiens pour les jeunes filles des écoles laïques sont, comme nous venons de le voir, d'origine récente ; ils n'ont point encore atteint — et de beaucoup — leur complet développement.

Tandis qu'avec une édifiante activité les religieuses des divers Ordres enseignants ont établi pour leurs anciennes élèves des institutions post-scolaires, il est encore, malheureusement, un certain nombre de paroisses où les catholiques ne se sont peut-être pas efficacement préoccupés des fillettes qui vont à « la laïque ».

En quelques localités, le zèle assurément très louable pour l'école congréganiste a parfois fait perdre un peu de vue les âmes des petites chrétiennes qui, sans en être personnellement responsables, sont à l'école neutre *.

Cette question, une des plus graves à l'heure actuelle, a fait l'objet d'un important débat au congrès ecclésiastique de Reims. Du remarquable rapport de M. l'abbé Delahaye,

I. Il ne faut pas oublier que les c écoles neutres » renferment plus de la moitié de la population scolaire : exactement 3.898.806 sur une population scolaire totale (écoles primaires élémentaires et supérieures) de 5.533.5II élèves. Cf. c le résumé des états de situation de l'enseignement primaire pour Tannée i8g5-i806 » publié dans la Reçue pédagogique (n* de juin 1897, P* Sii ®t sq.).

curé de La Ghapeile-Saint-Mesmin, nous ferons quelques extraits qui à nos affirmations apporteront l'appui d'une parole autorisée*. « Eh bien, oui ! ces pauvres petitjs vont à Técole laïque, écrivait M. Tabbé Delahaye; ils ont tourné le dos, peut-être, à Técole libre que nous avons construite avec tant de peine et dont les murs tout blancs et les classes toutes neuves méritaient un meilleur accueil. Tous les jours, avec chagrin, nous les avons vus passer, sans hésitation, devant la porte des bons Frères et des bonnes Sœurs. Alors que nous pourrons voir à toute heure du jour leurs camarades et leurs compagnes, eux, nous ne les verrons que deux ou trois fois par semaine, au catéchisme, où ils nous navreront par leur mauvaise tenue et leur ignorance des choses les plus élémentaires. Comment, après cela, ne pas leur en vouloir un peu ?

« Les autres enfants — les nôtres — sont si affectueux, si reconnaissants des sacrifices que l'on a faits pour eux t Ils nous lisent de si beaux compliments, nous font de si jolies fêtes ? N'est-il pas naturel de laisser percer une petite et même une grande préférence ? Tentation subtile à laquelle on n'a pas toujours résisté. Bien plus, pendant quelque temps, il eût semblé qu'un bon curé eût manqué à son , devoir s'il n'eût pas, en toute circonstance, montré à son peuple la condition misérable des petits laïques. S'agit-il de placer à l'église les enfants des écoles ? Les congréganistes seront installés dans le chœur tout près de l'autel, afin que toute la paroisse voie bien en eux les privilégiés du Seigneur. Quant aux laïques, on les reléguera derrière

I. Cf. Compte rendu du Congrès eccléaiastiqne de Reims, p. 104.

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