FONDATION DBS PATRONAGES LAÏQUES
la chaire, dans une chapelle où ils ne verront rien, n'entendront pas davantage. Là, ils ne tarderont pas à prendre en dégoût les offices de l'église, et, en attendant que leur première communion les délivre de Tobligatioud'y assister, ils s'y tiendront horriblement mal ; ce qui autorisera davantage encore les bonnes chrétiennes de l'endroit à joindre les mains et à dire avec indignation en faisant les yeux blancs : « Ohl les petits laïques !... de vrais bandits, ma « chère. »
Le curé de La Ghapelle-Saint-Mesmin citait quelques autres traits : « Longtemps, dans beaucoup d'endroits, il était réglé qu'on ne pouvait pas devenir enfant de Marie si on avait suivi les classes laïques. Adieu, pour ces jeunes filleslà, le ruban bleu et le voile blanc! On ne les empêchait pas d'assister aux ofQces, oh non I mais leur permettre de suivre les processions, d'avoir leur bannière, de marcher avec leurs compagnes sur le pied de l'égalité, c'est cela qui eût été l'abomination de la désolation... »
Et pourtant, déclare M. l'abbé Delahaye, « telle ne devrait pas être l'attitude des prêtres à l'égard des pauvres enfants qui fréquentent l'école laïque ». Le curé n'est-il pas le père de tout son troupeau ? Le divin Maître n'a-t-il pas dit à ses apôtres de courir après les brebis égarées... ? Et puis si ces enfants vont à l'école neutre, ce n'est certainement pas leur faute. Ce sont leurs parents qui les y ont conduits et fait inscrire. Qui sait même si ceux-là n'ont pas été victimes de cette atroce pression administrative qui est bien la pire et la plus lâche de toutes les tyrannies ? Le père est fonctionnaire, il gagne trente-sept sous par jour s'il est facteur rural, et trente-deux s'il est
d'une façon précise. Nous savons seulement, et encore d'une manière un peu vague, qu'à Paris et dans la banlieue, les associations chrétiennes — œuvres des Sœurs et œuvres des laïques confondues — atteignent plus de vingt milleieunes filles du peuple.
C'est là assurément un très beau résultat ; mais il est singulièrement regrettable que l'excessive modestie des dames du comité directeur ne permette pas d'être plus formel et plus précis : le bien est souvent contagieux; encore, pour être atteint par la contagion, faut-il ne pas ignorer ce qui est louable et édifiant...