‹ Au sortir de l'école: les patronages: aree une lettre-préface de S. Ém le Cardinal LecotChapitre 55 sur 143 · ORIGINES ET RÉSULTATS · texte numérisé non relu

ORIGINES ET RÉSULTATS

tombés malades. Parfois on ajoute une cotisation supplémentaire annuelle de 25 centimes, qui sert à acquitter les frais d'enterrement des membres décédés. he$ mutualités scolaires comptent actuellement, comme adhérents, le tiers des enfants fréquentant les écoles laïques dans toute la France^, Les associations d'anciens élèves des écoles primaires ou « amicales », grâce à des fêtes périodiques et grâce à une légère cotisation, forment, elles aussi, un lien entre les jeunes gens et leur école. En 1896, il existait en France 622 sociétés de ce genre ; il y en a maintenant 1550. Aussi M. Edouard Petit déclare-t-il dans son dernier rapport* que « les Petites A — ce mot a fait fortune avec la chose — sont le succès de Tannée 1896-1897, et que l'on peut prédire qu'elles seront le succès de demain ». « Un fait, ajoute l'enquêteur officiel, est à noter et à retenir, car il est la marque d'une précise évolution qu'on fera bien de suivre. Les Petites A, tant des filles que des garçons, ont une tendance à fonder des cours; sur les cotisations variant de 2 à 3 francs par mois ou bien par hiver, qui servent à l'achat de livres, de périodiques, de jeux, à l'organisation des excursions, etc., on prélève une part qui, en nombre de localités, sert à indemniser la maîtresse, le maître, chargés de professer une spécialité. »

I. Ces mutualités scolaires sont, on le voit, très puissantes : elles unissent très étroitement Tenfant et le jeune homme à son école. Pour donner une idée de l'importance de ces institutions^ il nous suffira de citer quelques exemples. Ainsi à Rouen, ces mutualités réunissent plus de sSoo membres ; à Paris, dans le XIX" arrondissement, plus de aSoo livrets ont été délivrés, 70.000 francs ont été donnés sous forme de secours mutuels, et il a été économisé une centaine de miUe francs. (L* Education de la démocratie, p. 196 et seq.)

a. Cf. Jojrnal Officiel du ag juillet 1897, pp. 4344 et 4345.

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Quant aux patronages, les ligueur^ leur attachent une grande importance, et ils s'efforcent de les multiplier. Au mois de septembre 1896, il y avait en France 403 cercles scolaires laïques, non confessionnels et plus ou moins municipaux. Sur ce nombre, 35, tant de garçons que de filles, ont été fondés à Paris * ; le département du Nord en possède à lui seul une centaine, et 49 se trouvent dans

I. Les plus anciens patronages scolaires de Paris sont ceux du XVII* et du III* arrondissement. Les 35 patronages actuellement existant ont été fondés par diverses sociétés : Association des instituteurs pour réducation et le patronage de la jeunesse, cercle parisien de la Ligue de PEnseignement, Patronage démocratique de la jeunesse française, etc. Le Voltaire du ig juin 1897 & donné le compte rendu détaillé d'une importante séance de PUnion démocratique pour l'éducation sociale, au cours de laquelle M. Aulard a prononcé un discours sur la c Définition historique de la Démocratie », et M. F. Buisson parlé des < Œuvres d'éducation sociale à rétranger ». Enfin M. Bourgeois a fait une courte allocution sur l'esprit de solidarité.

Cette Union démocratique pour l'éducation sociale a été fondée l'année dernière. Le Voltaire du i5 juin 1897 publie un grand article sur cette association. Nous en extrayons les quelques lignes qui suivent :

c L'Union porte son effort vers l'école primaire. Elle espère atteindre là la grande masse des futurs citoyens au moment décisif où leur esprit se forme. EUe s'associe à l'œuvre des patronages démocratiques, que la Ligue de V Enseignement lui a officiellement délégués par une récente décision. EUe voudrait former, partout où il sera possible, des unions scolaires, associations d'anciens élèves où les jeunes gens s'habitueront à se grouper, à discuter, à organiser eux-mêmes leur administration, à régler les affaires communes, où ils s'instruiront par des lectures et des conférences, et où ils prendront djes sentiments de solidarité envers leurs compagnons plus jeunes.

« Plus tard, ces associations deviendraient des centres d'activité pratique où pourraient se fonder peu à peu, suivant les ressources, les œuvres destinées à améliorer la condition matérielle des enfants (cantines, petites famiUes, sou des écoles, patronages de placement) ; ce seraient aussi des centres d'instruction qui serviraient à créer des bibliothèques de prêt, des cercles de lecture^ des confé-

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rarrondissementde Roubaix*. En 1896-1897, le chiffre des patronages s'est encore notablement augmenté : on en compte actuellement 648 en plein fonctionnement, et, dans son dernier rapport, M. Edouard Petit annonce que plus de 200 sont en formation *. C'est de ces patronages que nous allons maintenant nous occuper.

rences. Enfln ce seraient des centres de récréation où pourraient s'organiser des concerts, des jeux, des excursions.

c L'école primaire ainsi comprise, complétée par ces œuvres diverses, deviendrait alors ce qu'elle doit être dans une démocratie, le centre de la vie collective pour la masse de la nation. »

Il est juste de remarquer que cette Union démocratique pour l'éducation sociale n'a point trouvé grâce devant la socialiste et anticléricale Petite République : le journal révolutionnaire lui reproche d'être opposée à la lutte des classes. (Cf. Petite République du a3 juin 1897.)

I. Sur ces 49 patronages, il y en a 35 pour les tilles et 14 pour les garçons. A Bordeaux, U y a i3 patronages scolaires non confessionnels. (Cf. Rapport de M. Edouard Petit. Journal Officiel, 11 août 1896, p. 4608.)

a. Cf. Journal Officiel du ag juillet, p. 4343*

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