Cf. ibid., p. aa6 et seq
3. Cf. sur cette question de renseignement social un article de M. Henri Joly (Correspondant, a5 mai 1897).
C'est quelque chose de bien grand et de bien difficile que d'apprendre au jeune homme qu'il doit se considérer, non pas comme un être isolé ayant le droit de ne penser et de ne songer qu'à lui-môme, mais comme un être associé, qui ne peut rien s'il n'est pas dans l'association et qui ne mérite pas moralement d'être dans l'association s'il ne paie pas la redevance du bien qu'il tire d'elle... Et ce n'est pas seulement une vérité de l'ordre intellectuel, une notion juridique pour ainsi dire, que celle de l'échange incessant entre l'homme et la société dont il fait partie. Il faut inspirer à cet adolescent, encore ignorant de'la vie, l'amour de son prochain ; il faut lui révéler toutes les jouissances et toutes les joies qu'il tirera de cet échange ; il faut lui apprendre ceci : que, de môme qu'il y a une vie de famille, dans laquelle il ne viendrait à l'idée d'aucun des membres de se dire heureux si la famille n'est pas heureuse, il y a de môme une vie sociale dans laquelle on doit cesser de croire qu'on puisse être heureux au milieu du malheur des autres. »
Tout cela est parfait et nous n'y contredisons pas.
Malheureusement, entre le discours de M. Bourgeois et la réalité, il y a grande différence : l'ancien ministre radical parle, en assez bons termes, de l'éducation civique, mais, dans les patronages scolaires, ses disciples de la Ligue d'Enseignement se préoccupent moins de former en tout jeune homme le citoyen d'une libre démocratie que le négateur des dogmes chrétiens.
C'est là, à notre avis, le vice fondamental de l'institution : on veut substituer l'école à l'église et faire disparaître progressivement toute notion religieuse : « L'école,