CHAPITRE II
LES PREMIERS FONDATEURS : DISGPLES DE M. ALLEMAND ET CONFRÈRES DE SAINT- VINCENT-DE-PAUL
Sous la Monarchie de Juillet comme sous la seconde République, les catholiques sentirent de plus en plus la nécessité des œuvres d'apostolat, mais leurs efforts collectifs se portèrent du côté des questions d'enseignement — enseignement primaire et enseignement secondaire. C'est la grande et féconde période des luttes pour la liberté de l'école.
Tandis que ces généreux efforts attiraient sur eux l'attention publique, quelques hommes travaillaient, sans bruit, sans plan d'ensemble, en dehors des cadres ecclésiastiques officiels, à constituer les œuvres de jeunesse ou patronages qui devaient rivaliser plus tard avec les écoles congréganistes pour conquérir et conserver à l'Église les jeunes générations.
Dans ces fondations d'œuvres, faites le plus souvent à l'insu les unes des autres, nous pouvons distinguer deux origines différentes, deux influences simultanées : quelques-unes de ces œuvres sontilues à l'initiative de disciples de l'abbé Allemand; les autres, les plus nombreuses, sont entreprises par les membres des naissantes Conférences
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de Saint-Vincent-de-Paul, qui, après la visite des pauvres, prirent particulièrement à cœur la création, l'organisation et l'entretien des patronages d'apprentis.
Parmi les principales œuvres de jeunesse dues à l'influence posthume de l'abbé Allemand, nous citerons r « Œuvre des jeunes ouvriers » de Metz, fondée en janvier 1849 par l'abbé Risse ; 1' « Œuvre de l'Adolescence » de Brest, ouverte le 25 décembre 1853 par l'abbé Guéguéneau, missionnaire apostolique, aumônier de la marine, et M. Joyant de Gonesponghe, aide-commissaire de la marine* ; r« Œuvre de Notre-Dame-de-Beauregard » de Laval; r « Œuvre de Troyes », définitivement constituée en 1857, par MM. les abbés Tridon et Mercier; 1' « Œuvre deNotre- Dame-des-Ghamps », à Angers, qui devint plus tard, comme nous le verrons, un centre d'activé propagande, mais qui, le 20 juillet 1851, fut inaugurée par l'abbé Le Boucher avec le chiffre infiniment modeste de trois apprentis»; le « Gercle des Francs-Bourgeois », qui fut créé à Paris par M. Agnel, un ancien membre de l'Œuvre de M. Allemand, et qui, dirigé par les Frères des Écoles chrétiennes, est aujourd'hui en pleine prospérité : enfin 1' « Œuvre de la Jeunesse ouvrière ' » de Marseille, dont le directeur,
I. Dans le Jeune Ouçrier (année i856, pp. i4 et i5), nous trouvons une lettre de M. l'abbé Guéguéneau au sujet de Tœuvre qu'U a fondée sur le modèle de celle de M. Allemand et qui est encouragée par M»' Sergent, Évêque de Quimper : t Sans doute, écrit M. Guéguéneau, V « Œuvre de l'Adolescence » de Brest, qui n'a encore que quelques années d'existence, est bien loin de réunir tous les avantages de l'Œuvre de Marseille ; mais elle tend à marcher sur ses traces, à s'animer de son esprit, à adopter ses pratiques, i