‹ Au sortir de l'école: les patronages: aree une lettre-préface de S. Ém le Cardinal LecotChapitre 66 sur 143 · Cf. p. i5a et aeq · texte numérisé non relu

Cf. p. i5a et aeq

2. Nous reproduisons plus loin le texte complet de cette loi très importante.

LE MOUVEMENT d' « APRÈS l'ÉCOLE » 181

développement. Or, au 31 mars 1898, en ne comptant que des sociétés approuvées (bien que beaucoup de sociétés fonctionnent en attendant l'approbation), on arrive au chiffre de 400 sociétés définitivement organisées dans soixantedix départements, contre 110 en 1896-1897. Et comme chaque société est constituée en général par la fédération de plusieurs écoles, on peut dire qu'au 31 mars dernier environ 4000 écoles laïques étaient acquises à la mutualité scolaire.

Beaucoup de ces sociétés sont organisées par canton, quelques-unes par arrondissement. La mutualité du canton de Roanne mérite une mention spéciale : « Elle unit élèves du lycée de filles (64), élèves du lycée de garçons (130), écolières et écoliers d'écoles primaires (700). N'y at-il pas là une indication pour l'avenir? demande M. Edouard Petit. Les collégiens ne peuvent-ils devenir les bienfaiteurs anonymes de leurs petits camarades pauvres, puisqu'ils peuvent renoncer sans nul dommage pour eux à la « journée de maladie », dont le montant laissé dans la caisse accroîtra le total de la retraite ? L'idée est heureuse qu'ont appliquée les jeunes Roannais. C'est une petite victoire de la solidarité pratique qui est à encourager, à propager. » A notre tour, nous signalons cet exemple aux directeurs et aux élèves des écoles et collèges libres : ils pourraient trouver là un moyen de faciliter la création de mutualités scolaires dans les patronages catholiques.

A Paris, toutes les mutualités scolaires sont organisées par arrondissement ; elles sont, pour la plupart, très prospères, grâce surtout à l'incessante propagande de M. J.-G.

Gavé, qui est le fondateur de ces sociétés auxquelles, par

i8â LA CAMPAÔNË POST-SCÔLAIRE DE 1897-1898

suite, on donne souvent le nom de « petites Gavé ». Nous empruntons à l'historiographe officiel du mouvement postscolaire* le récit de rassemblée générale tenue, cette année, par les jeunes mutualistes de La Villette. Ces quelques lignes donneront une idée de l'importance de ce groupement.

« Elle n'était pas médiocrement originale, la séance que j'ai vue, écrit M. Edouard Petit. Figurez-vous que MM. le secrétaire général, le trésorier de la mutualité scolaire du XIXe arrondissement et son président faisaient l'exposé des travaux de l'année devant deux mille cinq cents fillettes et garçons des écoles primaires. Ils étaient là, sur des bancs, dans le vaste gymnase de la rue d'Allemagne débarrassé de ses agrès; ils étaient là, écolières à droite, écoliers à gauche, écoutant le compte rendu financier de leur société, soulignant les progrès d'un applaudissement, manifestant la sincérité de leur joie par des hourrahs quand défilaient devant eux les chifl*res, preuve du triomphe.,.

« Au vrai, ils avaient lieu d'être contents, ces petits prévoyants, ces apprentis solidarisles. Ils ont fait des merveilles avec les deux sous qu'ils versent par semaine et dont moitié sert à l'épargne, moitié à l'aide mutuelle. En 1897, ils ont encaissé environ vingt-huit mille francs. Ils en ont dépensé à peu près sept mille, dont quatre pour payer, à raison de cinquante centimes, des « journées de maladie » à des camarades alités. Ils ont réglé les frais funéraires de qumze sociétaires partis avant l'heure pour les lointains cimetières. Et avec le montant des économies réalisées

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