‹ Au sortir de l'école: les patronages: aree une lettre-préface de S. Ém le Cardinal LecotChapitre 67 sur 143 · I. Cf. Radical, 99 juin i8g · texte numérisé non relu

I. Cf. Radical, 99 juin i8g

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dans les années précédentes, ils ont sur leurs livrets de retraite la somme invraisemblable, mais pourtant vraie, de detix cent huit mille francs, » •

Toutes les « petites Gavé » ne sont pas aussi prospères, ni aussi riches que celle de La Villette, mais néanmoins en 1898 les mutualités scolaires ont inscrit sur leurs registres le deux cent millième adhérent et elles atteindront bientôt leur premier million d'économies.

Association d'anciennes et d'anciens élèves. — A la prospérité des mutualités scolaires est lié, comme ou'Ta noté, le succès toujours grandissant de l'œuvre qui leur fait suite : les associations d'anciennes et d'anciens élèves, ou, comme on les appelle le plus souvent, les Petites A. Ces associations ont vu leur nombre rapidement s'élever : en 1869, il y en avait une seule, fonctionnant au Mans* ; en 1895-1896, on en comptait 622, et en 1897-1898, on atteint le chiffre de

Nos lecteurs seront peut-être curieux de savoir ce qui se fait dans ces associations : nous en trouvons l'exposé dans le rapport officiel.

« Les Petites A sont récréatives. C'est même grâce à

I. Dan» le Radical (i4 Juin 1898), M. Edouard Petit a raconté l'histoire de la première « Petite A », qui fut fondée en 1869, au Mans, à l'école mutuelle de la Grand'Rue, dirig^ée alors par M. Dulac, M. Edouard Petit termine son article par ces quelques lignes : « Le jour où^ ^âce à Tentente de l'initiative privée et des instituteurs, vingt mille c Petites A » de pitié, de bonté, de solidarité sociale auront enfoncé leurs racines dans autant d'écoles urbaines — car c'est dans les grandes agglomérations surtout qu'elles peuvent exister, — l'avenir de l'école laïque sera assuré. Ce sera fait avant dix ans. »

raltraitdes distractions prises en commun qu'elles naissent. S'agit-il de Petites A de jeunes filles : les jeux varient avec les contrées. Dans le Nord, on chante tout en cousant, tout en brodant ; dans le Midi, Ton chante en dansant, en menant des rondes dans les préaux... Concerts, séances, ont leurs ferventes. Les sorties sont rares. La promenade deux à deux ne sourit pas aux jeunes filles... A l'école on se sent plus chez soi. L'expansion est moins gênée. On préfère y jouer l'après-midi des dimanches. Harmonium, piano, qui font défaut à la maison, sont là, prêts à égrener leurs notes... Entrez-vous dans les Petites A de garçons : la scène change. Parfois un billard est installé... L'hiver, on joue, dans le préau couvert, au tonneau ; l'été, dans la cour, aux quilles, aux jeux de plein air. Mais, en toute saison, les exercices physiques, la gymnastique, le tir, triomphent... A rencontre de ce qui se produit dans les Petites A de jeunes filles, les adhérents de Petites A de garçons aiment fort sortir quand vient l'été. A Paris, n'y a-t-il pas des amis de l'école, de jeunes licenciés qui se sont donné comme tâche d'être des « directeurs de promenade », de conduire les jeunes gens au Louvre, au Luxembourg, à Carnavalet, de leur en expliquer les merveilles ? Mais, en général, les Petites A urbaines s'échappent vers les champs, le soleil, la liberté. Et les Petites A rurales vont à la ville voisine visiter un musée, des monuments, des usines... » Les soirées et les fêtes sont, paraît-il, très fréquentes : elles sont un moyen d'augmenter les ressources du groupe et, de plus, « elles associent la famille à la vie de la Petite A ». Les réjouissances ne sont que l'appât : « elles jouent le rôle qu'au début la lanterne magique a tenu dans

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les cours et conférences ; mais Tinstraction n'est pas délaissée, rin^truction mutuelle, chacun apprenant à autrui ce qu'il sait... L'instruction se répand aussi par les bibliothèques, dont la prospérité est souvent le principal souci des organisateurs. Il faut aller un dimanche matin dans une Petite A pour voir combien les sociétaires sont attachés à leurs livres, surtout à leurs périodiques scientifiques, littéraires, à leurs journaux illustrés. Tout est retenu, passé vite de main en main, même les revues graves. Revîie de Paris, Revtie des Detix-Mondes, sont recherchées... »

Enfin, comme troisième caractère des Petites A, le rapport officiel signale « l'esprit de solidarité ». « C'est le sentiment, le besoin de l'aide mutuelle qui est au fond du mouvement, qui le vivifie et le soutient. C'est lui qui l'amène à se traduire dans les faits par l'assistance interscolaire. »

Et M. Edouard Petit cite plusieurs faits : « C'est dans plus de cent Petites A de jeunes filles l'habitude prise par les aînées de bâtir des petites robes, de confectionner des effets pour les nouvelles qui sont indigentes... C'est dans la plupart des Petites A de garçons l'usage, combien touchant et cordial ! d'envoyer un peu d'argent aux élèves sous les drapeaux pour fêter soit la nouvelle année, soit le premier galon. Et je pourrais citer telle Petite A parisienne, telle Petite A provinciale, qui adopte un orphelin, subvient aux frais d'instruction. »

Telle «est, dans ses grandes lignes, l'organisation des Petites A : elle est loin d'avoir atteint la perfection-, mais, avec sa souplesse et sa facilité d'adaptation aux milieux les

plus divers, on comprend qu'elle ait obtenu un vrai et rapide succès.

D'ailleurs, les membres de ces associations s'appliquent sans cesse à rechercher les améliorations possibles. Déjà, dans ce but, ils se sont réunis en congrès à Saint-Étienne et à Montreuil-sur-Mer. Ces deux assemblées originales ont été, on peut le dire, les « nouveauté » de la campagne post-scolaire de 1897-1898.

Le congrès de Saint-Étienne s'est tenu les 27 et 28 mai dernier sous la présidence de M.' Gompayré, recteur de l'Université de Lyon ; il a réuni les délégués de quarantequatre Petites A de la région ^ Parmi les nombreuses résolutions qui ont été adoptées, nous en citerons seulement deux ou trois qui présentent un intérêt général. Celleci entre autres : « Que dans les associations d'anciens élèves, une large place, qu'il est inutile de spécifier dans les statuts, soit faite au personnel enseignant, pour assurer la continuité de l'action morale des maîtres sur leurs anciens élèves, et qu'un juste équilibre soit établi entre les instituteurs et l'initiative privée pour l'action commune dans le sens de l'éducation laïque et démocratique. » Et cet autre vœu : « Qu'un congrès régional de sociétés d'anciens élèves ait lieu à Lyon en 1899, de façon à préparer pour 1900 un congrès national à Paris. Ce congrès national coïnciderait avec l'exposition spéciale ayant trait aux associations et aux œuvres complémentaires de l'école, en voie de préparation et à laquelle les amis de la seconde éducation, du

I. On trouve le compte rendu de ce congères dans le Radical (2 juin i8g8), et dans le Journal Officiel (37 juillet 1898, page 465^, note S).

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