LES ŒUVRES CATHOLIQUES
Les catholiques, de leur côté, ont pris une part active à la campagne post-scolaire de 1897-1898; mais, ainsi que nous l'avons déjà expliqué, nous n'avons que peu de chiffres à citer. Ainsi, il nous est impossible de dire^ même très approximativement, de combien s'est accru, cette année, le nombre des patronages chrétiens. Cet accroissement n'a peut-être pas été aussi considérable que celui des groupements similaires non confessionnels (et encore n'en sommesnous pas certain) ; mais de cela il ne faudrait pas d'ailleurs s'étonner, car le total des œuvres catholiques de jeunesse dépasse encore les 3 à 4000 associations analogues non religieuses.
Par contre, nous sommes heureux de pouvoir donner les chiflres précis en ce qui concerne les patronages organisés par les- Frères des Écoles chrétiennes à l'usage de leurs élèves et anciens élèves. Ils confirment notre affirmation : au 31 décembre 1897, en effet, plus de trente et un mille jeunes gens — exactement 31.217 — faisaient partie de ces groupements, ce qui constitue une augmentation de près d'un millier sur l'année précédente. Voici le détail pour quelques-uns des départements les plus riches en patronages : Nord, 7125; Seine, 6456; Seine-Inférieure, 1441; Gironde, 1320; Aisne, 541; Calvados, 502; Loire,
903; Loire-Inférieure, 875; Oise, 801; Pas-de-Calais, 969; Somme, 888; etc..
Puisqu'il est question des œuvres organisées par les Frères, nous ajouterons que le Syndicat parisien des employés du commerce et de Tindustrie voit chaque jour sa prospérité augmenter : au 31 mars 1898, son effectif était de 1554 membres contre 770 au mois de mai 1896; au cours de Tannée précédente, le syndicat a procuré des places à 604 syndiqués. Pour être inspiré par les croyances chrétiennes, Tesprit de solidarité n'en a pas moins eu ici d'excellents résultats pratiques.
Citons encore trois ou quatre chiffres qui viennent à Tappui de ce que nous disions sur le développement des institutions catholiques; ils concernent V « Œuvre des catéchismes » à Paris — une œuvre que nous pouvons bien ranger sous la rubrique des œuvres complémentaires de l'école, puisqu'elle est destinée à combler la plus grande des lacunes de l'enseignement officiel.
Cette œuvre est née en 1882, au lendemain de la proclamation de la neutralité scolaire. Mais elle ne fonctionna d'une façon régulière que quelques années plus tard*. C'est Mgr Richard, alors Goadjuteur du Cardinal Guibert, qui, le 10 mars 1886, réunit les premiers éléments de cette fondation dont il confia la direction à M«r d'Hulst. En 1886, l'Œuvre des catéchismes comprenait 6000 enfants et quelques centaines de dames faisant l'office de catéchistes; elle n'était établie que dans huit paroisses. Aujourd'hui elle comprend 2487 dames et 25.229 enfants; elle fonctionne