UNE JOURNÉE DE DIHANGHE
pédition des aiîaires courantes» conférences faites par un membre de la corporation (le plus souvent un ouvrier déjà habile) sur un sujet intéressant le métier, compte rendu de l'état de la société de secours mutuels annexée à la corporation et qui donne droit pour ses membres, moyennant une faible cotisation, à une indemnité en cas de maladie ainsi qu'à des visites du médecin et des médicaments gratuits.
N'oublions pas dans cette matinée déjà si bien remplie les exercices de la légion Saint-Maurice. C'est une association composée des jeunes gens qui vont prochainement partir sous les drapeaux. Elle se réunit sous la direction d'un grand jeune homme revenu le plus souvent du service militaire avec des galons de sergent, voire même de sergentmajor; et pendant vingt minutes, tandis que dans la grande cour les jeux s'animent de plus belle, une escouade de quinze à vingt jeunes gens munis du fusil Gras (ils n'ont pas encore le Lebel, mais ça viendra) se livrent à des exercices militaires très sérieusement commandés, à la grande joie des petits écoliers, qui les regardent avec de grands yeux et soulignent de leurs rires les bévues des jeunes recrues encore insuffisamment habituées à la manœuvre.
A onze heures, tous les dimanches, les conférences de Saint-Vincent-de-Paul se réunissent : conférences de Saint- Joseph pour les ouvriers, de TEnfant-Jésus pour les apprentis. Elles tirent leur nom des sections dans lesquelles elles se recrutent. Une troisième conférence, celle de la section du Sacré-Cœur, composée de jeunes gens mariés, se réunit en semaine. Ce sont là des réunions splendides pleines de simplicité et d'esprit chrétien. Ce sont les
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foyers de cette charité admirable faite à des pauvres par des ouvriers et des apprentis. Au moment de la quête, chacun trouve quelque chose pour mettre au fond de la bourse.
A la même heure se tient une autre réunion : c'est le conseil des aspirants. Un dignitaire le dirige, un confrère y est également préposé. On y explique aux nouveaux venus le règlement dans tous ses détails, on leur apprend le catéchisme, on les prépare à l'examen d'admission auquel ils seront convoqués au bout de deux mois d'aspirance.
A onze heures et demie, toutes ces réunions sont terminées. La première partie dB la journée est finie. La plupart des enfants rentrent déjeuner chez eux. Ceux qui, en petit nombre, restent au patronage, reçoivent une collation. Un certain nombre de dignitaires vont déjeuner avec le directeur dans une des salles de la maison.
Il est à peine midi un quart que déjà les enfants commencent à revenir au patronage; la cour s'anime de plus en plus.
A midi cinquante, tous les patronnés passent de la petite cour dans la grande en montrant leur présence de messe du matin. Ceux qui n'en ont pas ou ne peuvent donner la preuve de l'accomplissement de leur devoir dominical sont envoyés à la paroisse à la messe d'une heure, conduits par un confrère ou un dignitaire.
La grande séance de gymnastique va commencer. Elle est précédée de la « leçon des moniteurs » donnée par le professeur de gymnastique aux moniteurs, sous-moniteurs et élèves du peloton d'honneur, qui tout à l'heure auront à
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diriger leurs camarades. A une heure précise, la leçon générale commence.
Pendant que la gymnastique a lieu dans la grande cour, une partie de balle aux chasseurs s'organise dans la petite sous la direction d'un ou de deux dignitaires.
A deux heures un quart, la cloche sonne : gymnastique et balle au chasseur sont terminées. Chacun se prépare à rentrer dans la salle pour la séance d'avis, et regagne la place assignée à sa section.
A deux heures et demie, on se réunit dans la salle. Excellent moment de calme et de repos que cette séance d'avis, qui coupe heureusement la journée et permet, tout en écoutant M. le directeur, de reprendre des forces pour la récréation générale.
Trois heures sonnent enfin ! Tout le monde sort de la salle, et la cour, tout à l'heure si tranquille, reprend son animation. Les agrès de gymnastique ont été enlevés ; des cordes largement tendues limitent les jeux.
Dans le grand terrain s'organise une splendide partie de barres militaires réservée aux jeunes gens de la section Saint-Joseph ; dans la petite cour les apprentis et les écoliers forment deux parties de « barres en face ».
Il y a encore de la place là-bas contre le mur pour une piste parcourue par les attelages de guides, et ici entre les jeux de « barres en face » pour quelques entêtés amateurs d'échasses. C'est un coup d'œil magnifique, surtout si c'est un jour de fête ; alors chaque camp de barres a son drapeau, chaque joueur sa ceinture rouge ou bleue. Tout le monde court, joue, s'amuse; pas de petits groupes d'enfants traînant dans les coins. Bien mieux ! dans l'œuvre
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