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Partie sud du Manding de Niagassola

empêche d'être protégé d'une façon efficace; il fallait aussi organiser un détachement de guerriers choisis qui, appuyés par quelques tirailleurs, ne craindraient pas de se jeter au milieu des cantonnements de l'ennemi, et fatiguer celui-ci aussi bien par des alertes continuelles qu'en lui faisant éprouver, d'une façon presque quotidienne, des pertes sensibles. Kaniba-Mahmady prit leur commandement, tandis que le vieux roi Mamby gardait sous ses ordres les hommes chargés de la défense du village.

Dès la fin de juillet, l'enceinte extérieure du village, quoique loin d'être achevée, présentait à l'escalade un obstacle sérieux, et les jeunes gens, surexcités par de fréquents palabres et les tamtams de guerre, paraissaient assez décidés pour être menés à l'ennemi.

Aussi, à partir de cette époque, il ne se passa pas de semaines sans qu'une expédition au moins ait été entreprise. Quoique d'une infériorité numérique considérable, lesMassarés, soutenus d'abord par quelques tirailleurs, firent bonne figure dès le début : finalement, ils harcelèrent si bien les colonnes de Samory dans leurs campements du Kokoro, du Balanko et du Bakhoy, qu'ils les obligèrent à décamper. Chaque fois ils leur faisaient bon nombre de prisonniers qui étaient immédiatement mis à mort.

Aujourd'hui, l'ancien royaume de Niagassola, du Niger aux montagnes du Manding, vit dans la

paix la plus profonde. Les villages dévastés par la guerre commencent à se repeupler, et on est en droit d'espérer que d'ici peu d'années les habitants de cette région seront dans une prospérité plus grande que celle dont ils jouissaient sous le roi Mansa-Makhan, car la guerre ne viendra plus chaque année les décimer.

Cette contrée me semble appelée à un certain avenir, même au point de vue européen, si nous savons lui garantir de longues années d'une tranquillité absolue, et si notre autorité n'est point trop tracassière.

Nettement délimitée au point de vue géographique, renfermant des richesses de toute nature, centre commercial important, dotée d'un climat très chaud mais relativement bénin, elle est destinée, plus que toutes nos autres possessions du Haut-Sénégal, à nous rémunérer des efforts et des dépenses que son annexion a occasionnés.

Ce serait une lourde erreur que de la juger par les régions montagneuses qui entourent Niagassola, surtout à présent qu'une horrible famine désole la contrée, conséquence inévitable d'une guerre sans trêve de plusieurs années qui a dépeuplé le pays et arrêté toute culture.

Les régions voisines du fleuve, ainsi que les grandes plaines qui s'étendent de Séourou aux monts Saninkouroula et de Séourou au Niger, sont d'une fertilité remarquable. Les terrains non défrichés sont couverts d'immenses forêts qui, si

elles ne ressemblent nullement à celles d'Amérique, sont fort semblables à nos futaies d'Europe, et contiennent beaucoup d'essences intéressantes.

La terre elle-même ne se refuse à aucune culture ; mais de la patience, des soins et de la suite dans les idées sont là, comme partout, indispensables à la bonne réussite d'essais d'acclimatement. Telles qu'elles sont déjà, les productions du sol ont une grande valeur. Le riz cultivé d'une façon rationnelle donne de plus beaux produits et de meilleure qualité que celui dit « Caroline » ; il peut être semé le long du fleuve sur des espaces considérables. Le maïs est incomparablement plus beau que celui de France ; le coton ne demande qu'à être soigné pour être un produit d'exportation précieux ; il pousse partout. Le tabac étêté au moment opportun pourrait être livré à nos manufactures ; il est très parfumé ; cbaque village en plante et jamais la venue n'est manquée. Le karité, qui pousse partout à profusion, peut être un objet d'exploitation remarquable et donne une graisse qui, si elle était préparée en grande quantité et à l'aide de moyens moins rudimentaires, serait d'un prix de revient très minime ; les arachides viennent en abondance. Si l'on ajoute que la population est essentiellement agricole, fort laborieuse et très adonnée aux travaux des champs, on admettra, comme tous ceux qui ont longuement étudié le pays, que non seulement cette région pourrait bientôt se suffire entièrement à elle-même et aux

troupes qui l'occuperont, mais encore baser sur ses richesses agricoles un commerce important.

Mais, pour arriver à ce résultat, il faut de toute nécessité favoriser le repeuplement, encourager les perfectionnements de l'agriculture, les essais de cultures nouvelles, et enfin ouvrir des voies de communication faciles. Or, pour ce dernier desideratum, au point de vue topographique, aucune province en France, sauf de rares exceptions, n'offre autant de facilité à l'établissement de voies de communication par terre. Il existe, il est vrai, de larges rivières à franchir, mais quel est le pays, le Sahara excepté, où cette difficulté ne se présente pas? Les ponts sont depuis longtemps un remède connu.

L'or du Bouré est un attrait du début pour le commerce ; par cette seule matière d'échange un mouvement sérieux traversera en tout sens le pays de Niagassola. L'exploitation en est tellement primitive qu'il est difficile de savoir ce qu'au juste elle donnerait si elle était perfectionnée et mieux comprise. Quoi qu'il en soit, l'an dernier, la dîme sur l'or extrait pendant le dernier hivernage a rapporté à Samory, malgré la guerre, 6000 gros d'or, soit 90 000 francs en chiffres ronds. Il est certain que si, en pleine guerre, avec des moyens de contrôle aussi insuffisants que ceux dont dispose l'almamy, il a constaté un rendement de 900 000 francs d'or, ce rendement peut être facilement quadruplé pour déterminer le chiffre nor-

mal, soit 3 600 000 francs par an. De plus, que donneraient une recherche sérieuse et une exploitation entendues? là est le problème que quelques essais résoudraient bien vite.

L'or n'est pas la seule richesse minérale du sol. Le fer natif s'y rencontre souvent, et les minerais de fer, sous forme d'oxyde et de sulfate, sont d'une richesse incroyable. Nous avons pris nous-même, en creusant les fossés du fort de Niagassola, des densités de minerai surprenantes de 6,5, alors que souvent les fers de France n'atteignent que 7 et 7,5. Le fer doux du pays, obtenu par la méthode catalane, a une densité de 12 et est extrêmement ductile et malléable. Il serait précieux pour l'étirage.

Entre Séourou et Bodala il existe des gisements de plâtre très riches, et en couches très épaisses.

L'argile des bords duDioliba atteint une dureté considérable ; les constructions faites avec cette matière peuvent être élevées de plusieurs étages, comme nous l'avons vu dans différentes villes, et avoir une durée très longue. La demeure du roi du Manding de Kangaba était un exemple frappant du parti qu'on peut en tirer, aussi bien pour la construction que pour l'ornementation.

Quant au caractère des habitants, il est généralement doux, porté à la tolérance et empreint d'une bienveillance native. Les Mandingues sont peutêtre mous et apathiques, sauf pour les travaux des champs, dans lesquels ils déploient une très

grande activité. Bien conduits et stylés, leur courage à la guerre n'est pas douteux.

Pour les diriger convenablement et obtenir d'eux le maximum de rendement, il importe de leur faire sentir constamment la main du maître et de n'avoir jamais de relâchement dans la façon de les diriger. Mais il faut apporter une grande patience dans les relations de toute nature que l'on peut avoir avec eux; il faut tenir compte de ce fait que leur esprit n'étant formé ni à nos idées ni à nos mœurs, leur mollesse s'oppose à une prompte compréhension et à une prompte exécution.

Le droit de justice, qui pour eux est la plus grande prérogative des chefs, doit être exercé avec une mesure extrême, sans la moindre précipitation dans l'arrêté du jugement. Avec le temps, maintes contradictions dans les dires des parties intéressées permettront au juge patient de découvrir la vérité ; par ce moyen, il acquerra un renom d'habileté et de droiture qui l'aidera plus dans l'exercice de son commandement, que ne le ferait une garnison quadruplée.

Pour la direction des intérêts indigènes qui lui sont confiés, le commandant de ces régions peut s'inspirer des actes des rois indigènes renommés, en particulier de Koulaba-Mamby, dont la justice est restée proverbiale. Il doit faire abstraction absolue des idées préconçues que lui ont données d'autres mœurs et une autre civilisation. Il importe

que, pour un temps, il s'inspire des us et coutumes du pays et sache se mettre entièrement à l'unisson des idées malinkaises ; puis il se ramènera lui-même, en y amenant ses administrés, par une sage lenteur et une progression régulière, à des habitudes et des mœurs plus conformes à notre civilisation. C'est seulement ainsi qu'il s'attirera la confiance des populations indigènes et les conduira lentement, mais sûrement à de véritables progrès.

Il doit donc, dès le début, être d'une prudence extrême dans ses jugements et observer bien plus que commander. Une étude de tous les instants des noirs qui l'approchent, une perpétuelle tension d'esprit à s'assimiler leurs mœurs et leur langue, une observation continuelle de leurs usages le mettront bientôt sur la voie à suivre pour être docilement obéi; la reconnaissance et peut-être le dévouement de cette race sensible à l'extrême à l'intérêt véritable qu'on lui porte sont à ce prix. Le Malinké sait distinguer, avec une finesse incroyable, l'indulgence qui provient de la faiblesse de celle qui découle de l'affection ou du sentiment de justice qui , dans le doute, fait pardonner plutôt cme punir injustement.

UNE CAMPAGNE INEDITE

Opérations dans le Siéké et le Bouré. — Mort du roi Nandainakha. — Cent contre cinq mille. — Héroïque défense. — Débloquement. — La retraite des Deux-Cents. — Bataille du Kokoro.

Dès les premiers chapitres de cet ouvrage, j'ai été amené maintes fois à faire allusion à la dure campagne que la colonne du Soudan occidental soutint en 1885 contre l'almamy Samory. Départ et d'autre les actes d'héroïsme furent nombreux ; mais, grâce à la perfection de notre armement, les pertes ne se répartirent pas de la même façon, et elles se produisirent en raison inverse du nombre.

Comme on le verra dans ce récit, Samory jeta sur nos divers détachements, sur la colonne expéditionnaire et sur Nigassola, plus de vingt mille hommes. Or le commandant Combes, aujourd'hui lieutenant-colonel, qui dirigeait nos opérations, n'eut jamais plus de deux cent vinetf fusils ou sabres à mettre en ligne pour arrêter cette inva-

sion redoutable. Sauver le Haut-Sénégal d'un désastre presque certain devant une pareille disproportion numérique eût déjà constitué un beau résultat digne de signaler à la reconnaissance du pays celui qui l'aurait atteint.

Le commandant Combes a mieux fait : chaque fois qu'il s'est mesuré avec l'ennemi, et toujours dans la proportion de quinze ou vingt contre un, il est resté maître du champ de bataille et a infligé aux armées de Samory des pertes telles, que depuis la bataille du Kokoro, journée où elles eurent plus de deux mille hommes tant tués que blessés, elles n'osèrent plus se mesurer en rase campagne même avec le plus faible de nos détachements.

La région qui s'étend de Niagassola au Niger Tut le théâtre de ces sanglantes rencontres. Avant donc d'y conduire avec nous le lecteur, je vais raconter cette guerre dont le retentissement fut énorme dans tout le Soudan et qui est, pour ainsi dire, totalement inconnue en France.

Il est tellement incroyable que de si brillants faits d'armes n'aient pas été applaudis en leur temps comme l'ont été tant d'autres combats d'outremer, que maintes personnes, et des mieux informées, penseront en en lisant le récit, être en plein roman d'aventures exotiques. Cependant, je garantis formellement les faits et les dates, ayant assisté à toute cette campagne. Au reste le journal du fort de Nigassola les relate tout au long et garantit, par son caractère officiel même, leur authenticité

Le 18 avril 1885, un détachement commandé par le capitaine Louvel ' quittait Kangaba, ville importante du Haut-Niger, momentanément occupée par nos troupes, et s'enfonçait dans les montagnes qui séparent le versant du grand fleuve de celui du Bakhoy. Ce n'était pas sans un certain sentiment de secrète appréhension que le'capitaine Louvel se dirigeait de nouveau dans ces régions éloignées du Siéké et du Bouré, traversées naguère par la colonne expéditionnaire effectuant alors une vraie marche triomphale. Malgré leur soumission apparente, si réelle et si prompte devant des forces relativement imposantes, il avait peine à croire que, ayant courbé si bas la tête sur notre passage, les habitants de ces pays ne la relèveraient pas d'autant plus haut lorsque le commandant supérieur se verrait contraint, par les approches de l'hivernage, à se retirer hors de leur pays. Déjà se manifestaient certains symptômes précurseurs inquiétants de l'orage prochain; de sourdes rumeurs grondaient dans les villages et le nom de iphâ

1. Le capitaine Louvel, de l'infanterie de marine, commandait une compagnie de 106 tirailleurs avec MM. Bonnard, lieutenant; Suleyman-Dieng, sous-lieutenant indigène; Delobelle, sergentfourrier, Barthélémy sergent; Barbe, caporal-clairon; une pièce de 4 de montagne; Fougasse, maréchal de logis, Bousseau, Lombard, canonniers, 4 tirailleurs canonniers auxiliaires, 2 conducteurs indigènes ; un train de 22 mulets y compris les cantines pharmaceutiques et les bâts de cacolets ; M. Crambes, médecin de 2e classe de la marine; Colette, quartier-maître infirmier et un infirmier noir. Au total : 9 Européens, 119 combattants noirs.

Samory (Samory notre père) en surgissait parfois comme une menace. On se racontait tout bas que, à peine le dernier tirailleur de la colonne avait-il quitté le Siéké ou le Bouré, des émissaires parlaient pour Bissandougou, la résidence du faux prophète, afin de le renseigner sur notre nombre, nos canons, nos intentions, et lui demander très instamment de bien vouloir venir les délivrer de notre domination. On comptait et recomptait, dans les longues veillées autour du foyer des cases de palabre, le nombre de tirailleurs qui défendaient Niafadié, la clef de la région. Avec un frémissement d'espérance, on n'en trouvait pas plus de vingt-cinq commandés par un Européen1.

On se rendait fort nettement compte de la situation précaire dans laquelle cette poignée d'hommes se trouverait en cas d'attaque. Pas d'eau, presque par de vivres, une méchante enceinte à demi ruinée. Et quelle position! une haute montagne dominant le poste à l'est; au sud, les ruines d'un village énorme dont les maisons et les rem parts éventrés venaient comme à dessein frôler les ruines du poste pour mieux en faciliter l'assaut; au nord et à l'ouest une petite rivière boisée, encaissée profondément, contournant à moins de soixante pas ce misérable réduit, et au delà un terrain raviné couvert de broussailles, créé par Allah lui-

1. M.Dargelos, de l'infanterie de marine, qui allait »Hre promu capitaine, et 25 tirailleurs.

même pour permettre aux noirs musulmans de se glisser inaperçus an pied même du rempart. Tout ceci exposé, chacun se taisait, roulant dans son esprit une pensée unique à tous ; puis, après quelques pipes fumées et une absorption considérable de ce tabac jaune pilé du Soudan, fort comme du piment, les guerriers regagnaient un à un leur case.

Ils songeaient alors que déjà les premiers orages, annonce infaillible des pluies torrentielles d'hivernage, avaient fait entendre leurs formidables grondements, que les ruisseaux les plus insignifiants prenaient des allures de rivières ; bientôt les passages les plus faciles seraient transformés en torrents quasi impraticables roulant leur eau impétueuse et écumante. Dans quelques jours ces plaines, si propices jusqu'alors aux déploiements de l'infanterie et de la cavalerie, allaient devenir d'infranchissables marais. La colonne approchait de Bamakou ; d'ici peu, une seule grande route lui resterait : celle de Kita que jalonnent nos forts jusqu'à Khayes. Alors le guerrier s'endormait sur cette pensée, voyant dans un rêve charmant une tête blanche couverte d'un casque et vingt-cinq têtes noires coiffées de chachias s'inclinant plantées sur des lances, pendant que l'almamy radieux lui donnait l'imposition des mains et le nommait chef sofa, en récompense de son habileté et de sa vaillance.

Le commandant supérieur Combes, avec sa perspicacité ordinaire, avait deviné ce qui se pas-

sait dans le cœur des Malinkés; renseigné par un excellent service d'espionnage, il n'ignorait aucune de leurs démarches auprès du faux prophète. Mais on lui avait affirmé que celui-ci n'était pas prêt pour la lutte. Il devait, lui assurait-on, attendre l'hivernage pour repasser sur la rive gauche et y organiser en toute sécurité la résistance qu'il préparait contre notre colonne pour la prochaine saison sèche . Au reste, tout le monde partageait la confiance du commandant supérieur, et repoussait l'idée de tout événement de guerre avant la fin des pluies.

Seul le capitaine Louvel avait de sourds pressentiments, que rien ne paraissait justifier, il est vrai, mais que les événements confirmèrent pleinement. L'observation répétée des mille phénomènes divers dont dépend le sort d'une campagne donne parfois une inconsciente prescience des luttes à venir.

Reconnaître et lever la route, ignorée encore, de Niafadié-Mansalah-Kangaba, réprimer l'esprit de rébellion naissant, rassurer nos alliés, envoyer au fort de Niagassola en construction les manœuvres nécessaires, tel était le but de l'expédition. La question des manœuvres était de beaucoup la plus importante, car tous les Malinkés employés aux travaux avaient déserté, et, faute de bras, le fort menaçait de ne pas être terminé pour l'hivernage.

Or, cette époque, pendant laquelle indigènes et Européens sont obligés par les éléments de se tenir tapis de longs mois sous leurs abris, arrivait à grands pas; il était de toute nécessité que la

garnison de Niagassola fût logée au plus tôt et le fort entouré d'une enceinte derrière laquelle nos soldats pussent se défendre. Il n'y avait donc pas de temps à perdre, et il fallait avant tout mener très rapidement et très sûrement le racolement des manœuvres.

Mais les efforts du capitaine Louvel, pour nous ramener les esprits et pour approvisionner Niagassola en manœuvres, restèrent dès le début à peu près stériles. De longues colonnes de jeunes gens vigoureux partaient du Siéké sous l'escorte de quelques tirailleurs et arrivaient parfois à destination ; mais le lendemain, la désertion avait réduit à néant ce renfort de travailleurs. D'autres fois les Malinkés se révoltaient en route, et les deux ou trois hommes qui les conduisaient étaient forcés de se défendre à coups de fusil, loin de pouvoir les conduire ; les villages commençaient à fuir à leur approche, signe infaillible d'hostilité; enfin, Niagassola, approvisionné pour une garnison de quarante hommes et ayant depuis près d'un mois à nourrir la colonne de Siéké, soit un effectif quadruple, était réduit à la portion congrue. Le commandant de cette place1, à cause des difficultés croissantes des transports, ne recevant que çà et là quelques convois de vivres, était obligé de rationner strictement le capitaine Louvel, à qui il n'envoyait plus de viande, attendu qu'il possédait

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