MAISON MISSIONNAIRE A HERMON
J’ai là, sur ma table, tout un bataillon de bouteilles de diverses dimensions et contenant de l’ipéca, de l’alun, du sel anglais, du bromure de potassium, du laudanum, du sulfate de zinc et autres drogues que, à mon humble avis, il y a beau-
Au Sud de l’Afrique.
coup plus de bonheur à donner qu’à recevoir. Il est rare de voir à Paris ou même à Genève un pasteur protestant arracher des dents à un de ses paroissiens souffrant ! Ici, cela se fait presque journellement sans étonner personne. Je me tiens même à votre disposition pour vous rendre ce service; je puis dire en toute franchise que je les arrache sans douleur (pour moi, bien entendu !).
Il faut faire un peu tous les métiers : vacciner, menuiser, faire le vitrier, le peintre en bâtiment, blanchir des chambres à la chaux, etc.; j’ai dû même un jour faire le métier de fossoyeur, pour lequel je me sens peu de vocation.
C’était lors d’une épidémie de petite vérole ; un pauvre Tembouki était mort dans les montagnes des alentours de la station de Béthesda que nous habitions alors. Le chef Makhube me demanda ce qu’il fallait faire. Les gens effrayés n’osaient plus passer par le sentier qui conduisait à un col assez fréquenté.
Naturellement je conseillais de procéder au plus tôt à l’ensevelissement, mais le chef ne put décider personne a m’accompagner; à peine un de ses fils consentit-il à me servir de guide jusqu’à une cer-