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RECTUM

La pafoi rectale est relativement très mince et pour cette raison, il est quelquefois dangereux et

(1) Pour la rédaction de ce chapitre, nous avons fait de larges emprunts à l’article MM. Bensaude et Cain : Indications techniques et interprétations de la biopsie dans les tumeurs du rectum. In Jour-

nal de Chirurgie, 1921.

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parfois presqu'impossible de prélever un fragment de cette paroi. La.biopsie do‘t être réservée aux lésions qui font saillie dans la lumière rectale, sinon on risque de dépasser les plans superficiels, de mettre à nu la couche vasculaire de la sous-muqueuse, de produire une uicération susceptible de saigner, de s'infecter et de se perforer. La biopsie s’effecluera donc sur les végétations intra-rectales ou sur les bords des ulcérations : elle ne sera tentée qu'avec une extrême prudence dans les infiltrations interstitielles ou en nappe, quand la paroi se présente comme un bloc rigide, et bien souvent dans ces cas l’abstention sera préférable.

Lorsqu'elle porte sur dés tissus «hyperémiés, la biopsie peut être alors la source d’hémorragies graves. Certaines recto-colites s'accompagnent d’une distension extrême du réseau capillaire sous-muqueux et interglandulaire, il peut exister de véritables nappes sanguines affleurant la surface de la muqueuse ; Bensaude et Cain ont étudié un cas de reclo-colite hémorragique où les capillaires s'étaient artériolisées el avaient pris un aspect angiomateux. On conçoit les dangers d'un prélèvement dans un tel tissu.

Ï ne faut naturellement pas méconnaître l’existence d'hémorroïdes et éviter de faire le prélèvement à leur nivéau. à

L'infection du rectum peut aussi constituer une Contre-indication. Dans les recto-colites ulcéro-nécrotiques, à débâcles fétides, dues à des bacilles dy:

sentériques où anaérobies, à des spirilles, à des agents indéterminés parasitaires ou microbiens, la biopsie peut être très dangereuse et demande à être alors effectuée avec une extrême circonspection.

Pour ce qui est de la technique du prélèvement, quelques points de détail sont à préciser.

La biopsie n'exige pas une préparation: spéciale du -malade. On évitera même les lavages, les attouchements médicamenteux qui ont pour effet d’altérer les tissus.

L'opération s'effectuera sous le contrôle de la rectoscopie. On pratiquera le prélèvement avec la pince coupante de Brunnings : deux petites cuillères à bords tranchants sont placées au bout d’un fil métallique glissant dans un tube rigide et peuvent être manœuvrées à distance de façon à être écartées ou rapprochées l’une de l’autre. Cette pince est facile à manier, peu encombrante ; introduite dans le rectoscope, elle est placée et manœuvrée sous le contrôle de la vue ; elle est peu traumatisante et sa surface d'application et d’action est exactement limitée .Le fragment ainsi prélevé est minime, il n’intéresse que les plans superficiels, il effleure en quelque sorte les lésions sans atteindre les couches profondes dans lesquelles siègent souvent les éléments caractéristiques. Un prélèvement plus étendu serait désirable, mais difficile et dangereux.

. Il faut éviter la tendance que l’on à souvent à faire le prélèvement sur la partie la plus basse de la tumeur, elle peut très bien n'être pas la plus intéres-

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sante, un examen attentif de la lésion et un choix minutieux de la partie à prélever sont indispensables.

Si la tumeur esi accessible, on peut alors, soit avec un simple speculum anal, soit directement, faire un prélèvement plus étendu au couteau de de Graefe.

Après l'opération, ne pas enlever aussitôt le rectoscope, surveiller le saignement et s’il y a lieu, toucher la plaie avec une solution d’adréline au millième.

Les biopsies faites au niveau du rectum présentent assez souvent des difficultés d’un ordre tout différent : nous voulons parler de la difficulté de l'interprétation des résultats. Ces difficultés ne sont pas spéciales aux tumeurs du rectum et nous en parlerons dans un des derniers chapitres de ce travail : cependant, comme elles se produisent plus souvent à propos de cet organe, nous allons en dire quelques mots.

Plus encore que les autres organes externes, le rectum est directement exposé aux infections, aussi les lésions quelles qu'elles soient, ont tendance à y devenir atypiques, à se superposer les unes aux autres : soit qu'une tumeur s’infecte secondairement, soit qu'elle se greffe sur une inflammation.

Les ulcérations dysentériques chroniques, par exemple, constituent un terrain favorable au développement des épithéliomas. On conçoit que dans ces conditions la lecture d’une coupe histologique puisse être particulièrement difficile et il faudra se

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montrer très réservé si le résultat de l’examen misCroscopique est douteux ou négatif, la lésion maligne ayant pu se trouver en dehors du fragment prélevé. Il y a plus, Bensaude et Cain rapportent l'observation d’un cas où l'examen histologique ayant fait pencher le diagnostic du côté du Cancer, sans toutefois permettre l'affirmation catégorique, la clinique et l’évolution de la lésion démontrèrent qu'il s'agissait d’une tumeur bénigne.

Aussi, en Cas de doute, c’est la clinique qui doit trancher en dernier ressort, mais encore faut-il que lexamen clinique soit poussé le plus loin possible. Quénu et notre Maître Hartmann ont montré, à ce point de vue, l'importance du toucher reetal, doigt nu, qui seul permet d'apprécier les modifications intimes de la muqueuse. Dans les néoplasmes, par exemple, la muqueuse peut rester longtemps souple, humide, quoique irrégulière et bosselée ; elle s’ulcère rapidement. Dans les retrécissements, au con-. traire, l’épithélium cylindrique faisant place à un épithélium pavimenteux stratifié, la muqueuse offre une sensation de dépoli, de sécheresse caractéristique que le doigt ne peut pas apprécier à travers un gant. Il faut donc pratiquer des examens minulieux

et ne pas sacrifier la clinique au laboratoire.

Les autres organes au niveau desquels se pratiquent les biopsies externes sont ; |

les voies respiratoires supérieures,

J’œsophage,

la vessie.

Dans ces cas, la technique opératoire est du do- - maine de la spécialité ; elle est d’ailleurs le plus souvent très délicate. Certaines régions semblent particulièrement dangereuses à aborder, et nous avons été personnellement témoin d'un cas de syncope mortelle au cours d’une biopsie pratiquée dans la trachée. Ë Par ailleurs, les indications générales du prélèvement sont les mêmes que pour les autres tumeurs exicrnes.

BIOPSIES INTERNES

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