‹ Au sujet de la maladie osseuse de PagetChapitre 10 sur 15 · ET ESS · texte numérisé non relu

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résultats donnés par la réaction de Wassermann, nous avons huit malades syphilitiques ou suspects de l'être contre trente-cinq absolument indemnes.

La syphilis héréditaire a échappé aux investigations de tous les observateurs, et pourtant les stigmates en ont été recherchés systématiquement, surtout depuis que l'attenlion a été attirée sur la conception de Lannelongue. La syphilis des ascendants a quelquefois été soupçonnée, mais aucune preuve certaine n’a été établie.

La recherche des antécédents des malades, surtout lorsqu'il s’agit de la syphilis, est difficile, parfois impossible, mais il est quelques-unes de nos observations où on peut avoir une certitude presque absolue, notamment une publiée en 1904 par Darier, qui a pu affirmer sans restrictions que les parents de son malade ne présentaient rien qui püt être suspecté, que lui-même n'a nisyphilis héréditaire ou acquise et qu'enfin ses enfants sont très vigoureux et parfaitement indemnes de tout stigmate.

Et il nous semble, avec Thibierge, que dans cette étude il faut attribuer plus d'importance aux faits négatifs qu'aux faits positifs : ceux-ci pouvant n être dus qu'à une simple coïncidence et les faits négatifs, se multipliant, acquièrent de plus en plus de valeur.

Certains auteurs semblent avoir dénommé maladie de Paget ce qui n'était peut être qu'une ostéopathie syphilitique. C’est probablement le cas de cette malade dont Fréchou, dans sa thèse, présente l'observation, malade dont les exostoses parcellaires limitées, de la grosseur d'une cerise sur le frontalet de chaque côté de la racine du nez, auraient disparu très rapidement sous l'influence d'injections de cacodylate de mercure, Le diagnostic, basé uniquement sur la présence de ces hyperostoses localisées, nous semble au moins prématuré, et il semble que Fréchou ait trouvé à bon compte, dans ce succès thérapeutique, une preuve de l'origine hérédosyphilitique de la maladie de Paget.

Influence du traitement. — Le traitement mercuriel,

institué dans beaucoup de cas, n’a jamais donné aucun résultat.

Le traitement ioduré a amené parfois une diminution légère et passagère des phénomènes douloureux et un arrêt dans la marche du processus pagétique.

Ces améliorations n’ont d’ailleurs jamais été de longue durée et un arrêt complet et très prolongé dans l'évolution des lésions a pu être observé sans l’aide d'aucun traitement. On ne peut donc tirer aucune conclusion en faveur de la théorie de Lannelongue.

Douleurs. — Il existe au début de l’ostéite déformante, comme au début des ostéopathies syphilitiques, un stade douloureux ; mais, dans les deux affections, ces douleurs revèêtent des caractères différents.

Généralement peu intenses, sourdes, dans la maladie de Paget, elles deviennent plus violentes à l’occasion de la marche ou des mouvements ; elles n’arrachent pas de cris au malade, comme dans la syphilis.

Elles ne sont pas non plus circonscrites, et si elles ont parfois revêtu le caractère fulgurant, elles n’ont jamais les paroxysmes noctures des douleurs ostéocopes de la syphilis osseuse.

L'examen objectif d’un membre, par exemple dans le cas de lésions du tibia, ne présentera pas les mêmes caractères s’il s’agit d’une pagétique ou d’une syphilitique.

Dans la syphilis, l'augmentation de volume de l'os est plus localisée que dans la maladie de Paget; les téguments sont plus atteints, pâles, collés à l'os, souvent atteints même par le processus gommeux, et présentent des fistules. La surface de l'os est plus rude, plus rugueuse, parsemée d'ostéophytes irréguliers formant des saillies très appréciables à la palpation et se résorbant assez rapidement à la suite d’un traitement antispécifique.

Fractures spontanées. — Un accident d’une grande fréquence dans la syphilis acquise ou héréditaire est la fracture spontanée d'un os long, parfois même après extinction de

tout phénomène aigu et sans que rien en fasse prévoir l'imminence. Cela ne saurait d’ailleurs nous étonner, étant donné, comme nous le verrons dans l'étude anatomo-pathologique, que le processus gommeux est essentiellement destructif, parsemant l'os de lacunes très étendues et y creusant des tunnels qui rendent l'os tellement fragile que le moindre effort suffit à le fracturer.

Dans la maladie de Paget, nous n'avons trouvé qu'un cas où le malade se fractura l'humérus et le cubitus gauches en tombant d'une chaise : les fractures sont donc très rares et l'examen des pièces que nous possédons nous montrent au contraire que les os de Paget sont plus solides que normalement : le ramollissement qu ils subissent à une certaine période de la maladie peut être cause de leur coudure, mais ne saurait être cause de fracture.

Dans la syphilis, les os se brisent sans se courber ; dans la maladie de Paget, ils se courbent sans se briser.

Cette formule de M. Gangolphe, résume admirablement une des différences les plus caractéristiques des deux maladies que nous étudions. On serait surpris que cela n’ait pas frappé d’autres auteurs si l'on ne savait de quelle façon sommaire, insuffisante, sont faits en général les examens de lésions osseuses. Ce n'est pas sans raison que Gangolphe a insisté sur la nécessité d'ouvrir toujours d’un trait de scie les os à études.

51 l’on avait pratiqué ces sections osseuses, on aurait vu que les lésions syphilitiques avaient essentiellement pour cause une lésion centrale, une gomme intra-médullaire. Au voisinage de celle-ci se produit un travail de raréfaction, de destruction, des couches les plus profondes de la coque diaphysaire, en même temps que le périoste s'efforce de compenser en quelque sorte

Er 4e par la formation de nouvelles couches osseuses superficielles ce travail sourd, latent de destruction.

Si le processus de raréfaction profonde gagne de vitesse et d’étendue, CELUI DE DÉFENSE L'AIDE BIEN.

Voilà la cause de la fracture spontanée si fréquente de la syphilis.

On n’a jamais rien vu de pareil dans la maladie de Paget.

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