‹ Au sujet de la maladie osseuse de PagetChapitre 11 sur 15 · ÉTUDE RADIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE RADIOGRAPHIQUE

L'étude radiographique des os atteints par la maladie de Paget pratiquée pour la première fois par MM. Léri et Loude (Nouvelle Iconographie de la Salpétrière, 1897) nous fournit, au point de vue clinique, des résultats aussi probants que des coupes microscopiques. Il y a, écrivaient ces auteurs, une condensation du tissu osseux par places, une raréfaction générale de l'os qui est devenu poreux. Il y a association d’ostéite condensante et d’ostéite raréfiante.

Plus tard, MM. Léri et Legros reprirent cette question et présentèrent à la Société de Neurologie, en novembre 1897, une remarquable étude radiographique comparative de certaines affections dystrophiantes des os, montrant que, dans les cas où la clinique est impuissante à poser un diagnostic ferme, la radiographie vient facilement établir la différentiation, notamment entre la maladie de Paget, le rachitisme, l'ostéomalacie et la syphilis osseuse. Les images radiographiques sont tout à fait dissemblables suivant qu'il s’agit de l’une ou de l’autre de ces affections.

Dans le rachitisme, la structure normale est conservée, la disposition habituelle des travées se retrouve:

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il y a surtout une condensation et un épaississement de la couche compacte au niveau de la concavité des courbures.

Dans l’ostéomalacie, l’os est creusé de vacuoles énormes, privées de toutes petites travées osseuses et de tout tissu spongieux, séparées seulement par d’épaisses cloisons inégales, transversales ou obliques, complètes ou incomplètes.

Dans certaines syphilis osseuses, notamment dans la syphilis osseuse héréditaire tardive, l'hyperostose est formée de couches compactes concentriques emboîtées en bulbes d’oignon, et formant une coque à l’os normal : elles correspondent à un noyau central d’ostéomyélite gommeuse, représenté par une lache claire de dimensions plus ou moins grandes.

Les examens de radiographies chez des pagétiques ne sont pas favorables à l'identification de l’ostéite déformante à une hérédosyphilis ultra-lardive.

Dans la maladie de Paget, les travées ont subi une désorientation complète, elles sont fines et entremèêlées, l'os est dans son ensemble comme oualeux, cotonneux ; la couche compacte est épaissie ou raréfiée, mais le rebord de l'os est toujours flou et sans limites nettes.

Dans deux cas d'ostéite à type pagétique chez deux syphilitiques observés par Lugnier en 1913, l'examen clinique était impuissant à déterminer si on se trouvait en présence de deux maladies de Paget ou de deux ostéomyélites gommeuses. La radiographie a clairement démontré qu'une des malades était véritablement atteinte d’ostéite déformante, l’autre d’ostéite syphilitique.

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Nous présentons ici (fig. 3 à 6) les radiographies de nos malades des observations I et IT.

Les tibias de nos deux malades ne se ressemblent-ils pas en tous points? La déformation siège sur les deux sensiblement au même niveau, environ à l’umion du tiers supérieur avec les deux tiers inférieurs; elle leur a imprimé la même courbure, très accentuée du bord antérieur et celle très légère, au contraire, du bord postérieur.

Les péronés sont restés absolument intacts, ne présentant ni allongement, ni raccourcissement, L'espace interosseux est légèrement agrandi.

De même ces radiographies ressemblent absolument à celles qui ont été faites chez des pagétiques. Nous y retrouvons le flou des contours des os dont il est impossible, à certains endroits, de retrouver les limites nettes, la difficulté avec laquelle on peut délimiter le canal médullaire, complètement oblitéré en certains endroits, l'aspect ouateux caractéristique, la présence de fines travées osseuses tantôt longitudinales, tantôt plus ou moins obliques et s'étendant du bord antérieur au bord postérieur de l’os, tantôt s'enroulant en véritables tourbillons.

On peut remarquer sur la fig. 5, les couches nouvelles d'os périostiques apposées à la face postérieure de l'os el séparées du canal médullaire par la ligne beaucoup plus foncée de l'os compact normal.

De même, on peut, par une observation très attenlive, retrouver le contour qu'avait l'os avant la maladie. Il forme une ligne plus sombre que les couches qui sont venues s’y apposer dans la suite.

Fig. 3. — Maladies de Paget (Obs. I). F1G. 4. — Maladie de Paget. Fémur (Obs. T).

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Le nombre des radiographies faites jusqu’alors est déjà assez considérable pour qu’on puisse se servir de ce procédé pour le diagnostic. Les images obtenues, qui sont bien spéciales et qu’on ne retrouve dans aucune autre maladie, montrent bien qu’on se trouve en présence d’une affection spéciale, distincte de celles que nous connaissons déjà, et en particulier de la

syphilis.

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