‹ Au sujet des lésions du nerf radial par blessures de guerreChapitre 7 sur 16 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

On sait quelle est trop souvent la difficulté d’un diagnostic précis dans les lésions des nerfs périphériques.

Y a-t-1l section du nerf, compression, déchirure ou irritation? Le nerf est-il ou non en voie de régénération? Le névrome perceptible à la palpation est-il perméable ou non aux cylindraxes ?

Autant de problèmes qui se posent chaque jour pour

le chirurgien et dont l'importance est capitale au point

de vue du pronostic et du traitement.

En présence de toute paralysie, il est nécessaire de se demander si nous n’avons pas affaire à de fausses paralysies.

C’est ici que l’électro-diagnostie a une valeur de tout premier ordre et nous permet de différencier une paralysie par lésion du radial d’une paralysie psychique, elle-même consécutive au traumatisme. Dans les paralysies d'ordre psychique, l'examen électrique ne révèle que peu ou pas de troubles de l’excitabilité, quelquefois un peu d’hypoexcitabilité, mais jamais de RD

L’examen électrique nous donne encore quelques indications sur la nature de la lésion, sur la section complète ou incomplète du nerf, ete.

C’est dans les deux premières semaines du trauma tisme que se développent les phénomènes les plus intéressants et les plus importants. A cette époque, un examen électrique est des plus instructifs. Dans les sections totales du nerf, l’excitabilité électrique diminue progressivement et s'éteint totalement après la deuxième semaine. C'est cette rapidité d’entrée dans la R. D. complète qui caractérise le processus aigu.

Elle nécessite le groupement des réactions sui vantes :

1° Abolition de l’excitabilité faradique et galvanique du nerf.

2° Abolition de l’excitabilité faradique du muscle.

3° Augmentation ou diminution de l’excitabilité galvanique du muscle.

On note, de plus, les modifications qualitatives suivantes dans la contraction musculaire :

* 40*[nvéfsion de la formule P. F. > N.F,.

5° Secousse lente, trainante, paresseuse (signe capital). Ce n’est que lorsque tous ces signes existent et qu'ils présentent une indiscutable évidence, qu'on peut affirmer la R. D. complète.

Mais souvent les lésions du nerf et des muscles ne sont pas arrivées à un stade de dégénérescence aussi avancé. Le nerf et les muscles sont encore excitables par un courant Intense. oo a alors l’ensemble clinique suivant :

1 ps 1° Diminution de l’excitabilité faradique et galvanique du nerf; |

20 Diminution de l’excitabilité faradique du muscle;

3 Augmentation ou diminution de l’excitabilité valvanique du muscle; :

4° Secousse trainante, lente, paresseuse,

Ce syndrome, qui caractérise la R. D. partielle, semble plutôt en rapport avec une compression permanente progressive dt nerf.

Ces étapes peuvent être parcourues en un temps variant de trois semaines à plusieurs mois. On peut donc, à cet égard, distinguer une évolution aigué et une évolution subaiguëé. L’installation rapide de la R. D. après le traumatisme imdique toujours une lésion grave du nerf; souvent une section complète, surtout si le diagnostic est corroboré par d’autres symptômes, tirés du trajet du projectile, de la douleur initiale fulgurante, de l’impotence complète, de l’atrophie musculaire et autres troubles trophiques et vasomoteurs,

L'évolution subaiguë semble plutôt en rapport avec une compression du nerf par production de tissu fibreux cicatriciel ou par un cal de fracture, et, dans ce cas, la diminution de l’excitabilité électrique est lente et suit parallèlement les progrès de la paralysie.

Il convient de noter qu’il existe des cas de lésion nerveuse certaine (compression) avec conservation des réactions électriques; ce qui nous montre que la stric— tion par du tissu fibreux n’a pas détruit toutes les fibres nerveuses, et qu'une fois libéré, le nerf pourra reprendre sa conductibilité à l’égard de l’influx nerveux.

at

Lorsqu'il s’agit de névromes, le nerf reste perméalable au courant faradique; mais souvent on constate que le courant ne se propage qu’à une partie des muscles auxquels le radial fournit des branches.

Encore faut-il signaler la coexistence de paralysie hystérique et de lésion du nerf. À l'examen chnique, on s’aperçoit que, pour la lésion organique, sont seuls paralysés les muscles dont l’innervation dépend du nerf, tandis que, pour la paralysie psychique, la paralysie s’étend soit à un segment du membre, soit à tout le membre, soit encore à tous les muscles associés pour l’exéeution d’un mouvement donné,

Dans le domaine sensitif, les troubles dus aux lésions organiques ont une topographie connue, et l’on ne trouve pas ces anesthésies dites en manchettes que l’on rencontre dans l’hystéro-traumatisme.

En somme, lorsque l’intervention est décidée, les prineipaux symptômes sur lesquels doit se fonder notre diagnostic sont les suivants : douleurs vives et continuelles, troubles vaso-moteurs et trophiques, paralysie complète avec déformation marquée, chute de la main, existence de la R. D.

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