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LE CABINET COMBES

de la Cause fatale, un chapitre des Evangiles des Droits de l'Homme et du Citoyen.

Quand je dis « la cause fatale », j'emploie certes un terme bien faible, eu égard à la suite des événements. En effet, au ministère Waldeck-Rousseau, qui gouverna contre la France et les intérêts sacrés de la Défense Nationale, succéda le ministère d'Emile Combes, flanqué de ses deux funestes complices, André et Pelletan. André, ministre de la Guerre, inaugura le système des fiches, par lequel fut désorganisé, pendant plusieurs mois, tout le commandement de l'armée française. On sait aujourd'hui (voir mon ouvrage l'Avant- Guerre, paru le 4 mars 1913), que ces fiches, dressées par les soins de la maçonnerie, étaient transmises en double, au cabinet du ministre français, et par les soins de l'agence allemande de renseignements Schimmelpfeng, au cabinet du ministre de la guerre allemand à Berlin. C'est ainsi que, dans le courant de l'année 1905, eut lieu la fameuse alerte de Tanger (sous le cabinet Rouvier, successeur du cabinet Combes, voir le maître livre de Charles Maurras, Kiel et Tanger) par laquelle l'Empire allemand préludait au système de provocations périodiques, d'où sortit finalement la guerre de 1914.

A moins de manquer complètement de cervelle et de raisonnement, il est donc impossible de ne pas voir une corrélation directe entre

les machinations politiques, dont le point de départ fut la campagne en faveur de Dreyfus, et la terrible guerre de cinq ans. Les promoteurs et fondateurs de la Ligue de la Patrie Française, les Vaugeois, les Maurras, les Dausset et les Syveton, et leurs illustres répondants, les Lemaître, les Drumont, les Coppée, les Rochefort, n'avaient que trop raison de s'alarmer et de signaler le péril à leurs concitoyens. Le nuage n'a crevé qu'en 1914, mais il s'amoncelait depuis 1904. Jamais l'Allemagne ne nous eût attaqués, si elle n'eût été sûre de la victoire. Elle n'était sûre de la victoire (en quoi elle se trompait, heureusement) que depuis dix ans, depuis les fiches.

Successeur direct et légataire politique du cabinet Waldeck, le cabinet Combes a ainsi coûté à la France quinze cent mille morts et une occupation partielle, de quatre années, de nos plus riches départements. Ces faits sont acquis à l'histoire. Rien ne saurait désormais les contredire. Rapprochés des articles et discours de Lemaître, Coppée, Barres, Drumont et Rochefort, de 1899 à 1906, surtout de la prophétique campagne de Maurras à la Gazette de France, ils acquièrent toute leur tragique signification.

Adrien Hébrard et Lemaître moururent presque en même temps, au moment de la déclaration de guerre. Que durent-ils penser, l'un et l'autre, dans des conjonctures si tragiques?

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