‹ Au temps de JudasChapitre 19 sur 69 · LE GAULOIS · texte numérisé non relu

LE GAULOIS

bien et le ramenèrent, assez rapidement, dans le droit chemin. Arthur Meyer est un vieux tapis, qu'il convient de battre de temps en temps. Il n'en est ensuite que plus moelleux. Le tort de la Patrie Française, c'est-à-dire de Lemaître et de Coppée, fut de ne pas l'exécuter au moment de l'affaire Syveton (1904) — où il inséra perfidement la note infâme qui devait accréditer dans Je public, même et surtout nationaliste, la version du suicide, par peur du scandale, du député du deuxième arrondissement. J'y reviendrai, chemin faisant.

Je ne dirai qu'un mot des campagnes antidreyfusardes et nationalistes que j'ai menées, sans débrider, pendant neuf ans, dans le Gau~ lois, le Soleil et la Libre Parole. Elles n'auraient eu leur portée réelle que si elles avaient été encadrées dans des articles de même tendance et de même virulence. Malheureusement, ce que j'écrivais, un jour par semaine, dans chacun de ces trois journaux était contrecarré ou annihilé le lendemain, surtout au Gaulois, par des considérations d'un ordre opposé ou différent. La résistance ouverte et même violente, que je préconisais, en présence des crimes commis alors journellement contre la Patrie et la Religion, n'était certes dans le goût ni de Meyer, ni de Baragnon, ni de Méry, qui, dès 1902, avait pris une influence prépondérante sur l'esprit de Drumont. On me laissait crier, tempêter, protester,

ici et là, parce que c'était ma fonction, mon rôle et que j'avais, dans chacun de ces trois journaux, une clientèle et des amis. On s'arrangeait, en sourdine, pour que ces clameurs irritées fussent sans conséquence, ni lendemain. Vingt fois, il y eut l'occasion de soulever, par un acte décisif, l'enthousiasme et la colère de l'immense public nationaliste de Paris, qui ne demandait qu'à bouillir et à réagir. Vingt fois, par pusillanimité, faiblesse et manque d'entente, on laissa passer l'occasion. La peur des procès notamment, que ne ressentaient pas les dreyfusards, tenait et bridait les journaux de la bonne presse. Les duels passe encore; mais un procès, y songez-vous! Le directeur est responsable, en même temps que l'auteur de l'article, et une condamnation pour diffamation faisait reculer les plus braves. Nous avons, Dieu merci, à 1 Action Française, changé tout cela, et la crainte des chats-fourrés, même de la plus haute hermine, ne nous a jamais arrêtés dans l'accomplissement de notre devoir envers la Patrie outragée.

Le seul polémiste et dialecticien, qui ait réellement gêné et contrecarré le parti antinational de la revision, fut Maurras, avec sa polémique, étincelante et quotidienne, de la Gazette de France. Au moment de la panique absurde et injustifiée, occasionnée par la découverte du faux héroïque du colonel Henry (août et septembre 1898) les articles de Maurras sauvèrent momentanément

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