‹ Au temps de JudasChapitre 4 sur 69 · JOSEPH REINACH · texte numérisé non relu

JOSEPH REINACH

Gazette de France, avait écrit dans la Libre Parole de l'époque, la face des choses aurait changé. Quand l'Affaire éclata, je n'écrivais pas encore à la Libre Parole (mes premiers articles y sont de 1900), mais je la lisais, avec assiduité, chaque matin, ainsi que les journaux adverses, et je ne pouvais m'empêcher de trouver que l'on n'y tirait pas tous les avantages d'une situation, au début excellente et solide.

Pourtant on l'avait belle, car le principal champion de Dreyfus, son compatriote Joseph Reinach, est bien le journaliste le plus redondant, le plus vide et le plus nul qu'il soit possible de rencontrer. Avant toutes ces histoires, j'ai côtoyé ce velu à la voix de bois, ce glapissement en boule, une demi-douzaine de fois, au théâtre et en ville, mais chaque fois, comme on dit, était pour moi une de trop. Qu'un tel hurluberlu ait eu une action sur des politiciens et des magistrats, cela juge une époque. Vous pensez bien qu'après tant de temps écoulé je n'en veux nullement à Reinach d'avoir défendu sa race âprement, dans la personne d'Alfred Dreyfus. Cela est même à son acquit, sinon à son éloge, et il était tout naturel que la France l'intéressât beaucoup moins qu'Israël. Mais l'audition que >e malheureux a rencontrée auprès des corps de |'£tat, en commençant par le Parlement, pour finir par la Cour de Cassation, est un scandale insolent. Dutrait-Crozon, déjà nommé, a fait le

compte, dans J. Reinach historien, des bourdes, bévues, omissions, mensonges, farces, citations erronées ou fausses, accumulés par ce fantoche dans son « Histoâre de l'Affaire », comme dirait Astier Réhu, le héros de l'Immortel. Cela est joyeux dans le tragique. Or c'est cela qui s'est imposé et qui, pour un nombre considérable de lièvres et de jobards, a fait loi.

0 débiles hominum mentes, o pectora caeca!

Reinach (Joseph) parlant, il semble qu'un chien aboie derrière une muselière de corne. Quand il écrit, c'est Jocrisse ou La Palisse se donnant des airs de Tacite et de Thucydide. Avec cela, le gaillard a la manie de s'occuper des choses de l'armée et de conseiller les généraux, en refaisant leurs opérations. C'est alors à mourir de rire. Au temps de l'Affaire, nous avions pris l'habitude de désigner les Hébreux importants, en faisant suivre le mot juif d'une qualification définie, tirée de leur spécialité. Naquet était juif de divorce, Mendès juif de Parnasse et de lupanar; Reinach était et est demeuré juif de concours et même de circoncours général. Il va chercher sur l'estrade, au son de la Marseillaise, en bombant le torse, son premier prix d'erreur de fait. Avec ça, il $e croit irrésistible et galant comme il n'est pas permis. Je l'ai vu rougir, chez les homonyme?

Page 1